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Ventes de livres : la maison Gallimard écrase-t-elle déjà la rentrée ?


Madrigall dans une rentrée littéraire, c’est comme Tadej Pogacar au départ du Tour de France : sauf sortie de route, on sait qui gagnera à la fin. Outre la maison qui porte son nom, le groupe dirigé par Antoine Gallimard comporte notamment Flammarion, Minuit ou P.O.L. L’an dernier, il avait quasiment fait le Grand Chelem, décrochant trois grands prix d’automne : le Goncourt avec Laurent Mauvignier (Minuit), le Femina avec Nathacha Appanah (Gallimard) et le Médicis avec Emmanuel Carrère (P.O.L). Alors que le Goncourt annoncera ce mercredi 2 septembre sa première sélection, quelles sont les forces en présence ?

Provisoirement en tête des meilleures ventes, on trouve Amélie Nothomb et L’Adolescence du perroquet (Albin Michel). Déjà lauréate du Grand prix de l’Académie française en 1999 pour Stupeur et Tremblements et du Renaudot en 2021 pour Premier Sang, la baronne belge peut-elle ajouter le Goncourt à son palmarès ? Cela paraît peu probable. En 4e position, on remarque le décollage prodigieux de Thélyson Orélien et son livre C’était ça ou mourir (Grasset) qui parle de migrants haïtiens faisant le voyage vers le Canada. Il fait l’unanimité, tout le monde saluant la force de son style. Mais les jurés du Goncourt pousseront-ils jusqu’au bout un titre publié chez Hachette, donc chez Vincent Bolloré, quand on voit la défiance voire la détestation qui entoure ce dernier dans le milieu littéraire ? Autre désavantage pour Thélyson Orélien : C’était ça ou mourir est son premier roman, et le Goncourt n’aime pas consacrer un débutant – la dernière fois, c’était en 2011 avec L’Art français de la guerre d’Alexis Jenni, paru… chez Gallimard.

En dehors de Nothomb et Orélien, le groupe Madrigall domine notre palmarès hebdomadaire. A la 3e place, Philippe Jaenada démarre très bien avec L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion). Voir cet écrivain talentueux, charismatique et singulier remporter le Goncourt ou le Renaudot ferait plaisir à tout le monde. En embuscade, 10e, François-Henri Désérable monte en puissance avec Le Palais (Gallimard). Comme nous l’écrivions cet été dans notre panorama de la rentrée, il en agace certains (il vient de se faire bêtement étriller au Masque et la Plume), mais son livre, à la fois érudit et divertissant, pointu et potentiellement très grand public, ferait un excellent Goncourt. Derrière lui, deux autres auteurs Gallimard sont dans la course : Pierre Adrian, 11e avec le touchant Le Pays des étés ; Yannick Haenel, 13e avec La Solitude des professeurs est infinie, un pensum bien calibré pour les lecteurs de Télérama. Attention à une romancière qui, classée 22e, n’apparaît pas cette semaine mais devrait entrer début septembre : avec JE (Gallimard, encore), Lilia Hassaine réécrit Jane Eyre. Son livre divise la critique (Le Figaro vient de le qualifier de « bien fait mais fade », ce qui est l’avis de plusieurs lecteurs) mais, sortant du succès de Panorama, elle a quand même une bonne carte à jouer.

Un livre de la rentrée Gallimard marche moins bien : La Guerre éternelle d’Olivier Rolin. Il s’agit d’un hommage à L’Iliade. Se serait-il trompé de livre dans l’œuvre d’Homère ? Enfin, en 2026, c’est de L’Odyssée dont il fallait s’emparer ! La preuve : du côté des essais, Christophe Ono-dit-Biot est toujours en tête avec L’Odyssée de l’Odyssée



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Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

Publish date : 2026-08-28 15:47:00

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