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Ventes de livres : un vent prérévolutionnaire soufflerait-il en librairie ?


Après un été porté par la nostalgie de la Grèce antique (et le succès de L’Odyssée de l’Odyssée de Christophe Ono-dit-Biot), la rentrée nous remet dans l’actualité. Un simple coup d’œil au classement des ventes d’essais le confirme : à sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, le fond de l’air est très politique. A la première place, on trouve ainsi Sarah Knafo et Le Casse du siècle (Fayard) qui, avec ses 60 000 exemplaires en moins d’une semaine, réalise le meilleur démarrage depuis… Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot. A la troisième place, coup de barre à gauche : Clémence Guetté confirme le succès de Pour une politique de l’amitié (La Découverte) où elle milite pour que de nouveaux droits soient accordés à nos proches avec lesquels nous n’avons pas de liens familiaux.

Entre les deux femmes politiques trentenaires, un historien octogénaire se pose en arbitre à la deuxième place : Jean-Christian Petitfils, auteur de La Révolution française (Perrin). Dans un entretien accordé récemment à L’Express, il comparait notre époque aux derniers feux du XVIIIe siècle : « On rencontre assurément la même incapacité de l’Etat à se réformer, les mêmes blocages institutionnels. On peut également dresser un parallèle climatique assez frappant : l’année 1788 a été marquée par des dérèglements dramatiques, une succession d’épisodes caniculaires, de sécheresses, d’orages de grêle, avant un hiver d’une rigueur extrême. En mai 1788, faute d’argent, le roi fut contraint de proclamer une semi-banqueroute : on dut payer les troupes avec des billets portant intérêt. Nous ne savons pas ce que nous réserve la crise actuelle de la dette, sinon qu’elle est très grave… » « Notre société reste politiquement intoxiquée par la Révolution », ajoutait-il, déplorant « le refus d’un dialogue constructif » : « Aujourd’hui même, ce droit à la liberté d’expression est de nouveau contesté : combien de gens, à gauche, voudraient supprimer telle chaîne d’information parce qu’elle ne leur plaît pas ? C’était la logique de Saint-Just : pas de liberté aux ennemis de la liberté ! »

Le palmarès des livres

Dans les librairies, à défaut de dialogue, plusieurs points de vue s’affrontent. Le pape Léon XIV est toujours bien placé, cinquième avec son encyclique anti-IA Magnifique humanité (publiée chez différents éditeurs). Derrière lui, on trouve François Hollande (Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, Robert Laffont), Natacha Polony (La France corps et âme, Plon) ou Benoît Hamon (Accueillir toute la richesse du monde. En finir avec les mensonges sur l’immigration, First).

Quoi de neuf du côté des romans ? C’est Morgane Moncomble qui est en tête avec La Vengeance de la veuve noire (Hugo Roman). Nous ne ferons pas d’elle une romancière contre-révolutionnaire (nous avons le sens de la nuance), mais nous nous souvenons que son succès précédent (La Révolte de la reine, toujours douzième) avait pour héroïne un double de Marie-Antoinette. Des essais à la romance historique, la Révolution est décidément dans (presque) toutes les têtes… Remarquons également que le phénomène Thélyson Orélien (C’était ça ou mourir, Grasset) est passé devant l’indétrônable reine des rentrées littéraires, Amélie Nothomb (L’Adolescence du perroquet, Albin Michel). Un mot, enfin, sur Anne Godard, septième avec Nous aussi (Actes Sud). Elle n’était que quatorzième la semaine dernière. Portée par un très bon bouche à oreille, elle monte en puissance, à tel point que certains parlent d’elle pour le prix Goncourt. A suivre…



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Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

Publish date : 2026-09-11 16:50:00

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