« Donald Trump ne parvient pas à plier la Réserve fédérale à sa volonté », souligne le Financial Times. Comme attendu, la Fed a relevé, mercredi 16 septembre, son taux directeur d’un quart de point, pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %, tout en laissant entrevoir de nouvelles hausses dans les prochains mois, sur fond de flambée des cours du pétrole et d’intensification des hostilités au Moyen-Orient. La décision de la Fed, prise à l’unanimité, a été annoncée dans un communiqué publié par la banque centrale américaine à l’issue d’une réunion de deux jours consacrée à la politique monétaire.
Jugée « malheureuse » par la Maison-Blanche, cette première hausse depuis l’été 2023 n’a pas manqué de contrarier Donald Trump, qui réclame depuis des mois une baisse rapide des taux pour soutenir l’économie à l’approche des élections de mi-mandat, en novembre. Le président américain, qui a fait de la politique monétaire l’un de ses chevaux de bataille, avait d’ailleurs choisi cette année son poulain, Kevin Warsh, pour prendre la tête de la banque centrale et remplacer ainsi Jerome Powell, qui avait provoqué la colère de l’ex-magnat de l’immobilier en lui tenant tête.
Encore mercredi, Donald Trump a estimé que les taux devraient être ramenés « à 1 % ou moins » et abaissés rapidement, dénonçant un comité « hostile » et « politisée ». Malgré cela, il a assuré maintenir sa confiance dans Kevin Warsh. Interrogé mercredi par des journalistes sur la question, il a répondu du tac au tac : « Oui, tout à fait. »
Dans son communiqué, la Fed explique que « la décision prise par l’institution favorisera un retour plus rapide à l’objectif [d’inflation] de 2 % fixé par le comité » de politique monétaire. « J’aurais du mal à qualifier les conditions financières générales de restrictives », s’est défendu Kevin Warsh. « Ce point de vue est largement partagé par le comité, c’est la raison pour laquelle nous avons réduit quelque peu notre politique accommodante », a-t-il précisé.
La crédibilité de la Fed en jeu
Alors que Donald Trump est revenu au pouvoir à Washington en janvier 2025 en promettant de faire baisser l’inflation, l’effet combiné de sa politique tarifaire, du choc énergétique provoqué par la guerre lancée en février dernier par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, a maintenu des pressions suffisamment fortes sur les prix pour que la Fed juge nécessaire de relever les coûts d’emprunt. Depuis le déclenchement de la guerre menée par le président américain contre l’Iran, la hausse des prix de l’essence aurait déjà coûté 108 milliards de dollars supplémentaires aux ménages américains, selon un outil de suivi de l’université Brown cité par le Financial Times.
Selon les nouvelles projections publiées mercredi par la banque centrale, 16 des 18 membres du comité de la Fed (le FOMC) anticipent au moins une nouvelle hausse d’un quart de point d’ici à la fin de l’année. Seuls deux d’entre eux prévoient un maintien des taux à leur niveau actuel. La Fed pourrait ainsi conserver une politique monétaire restrictive jusqu’en 2027 : son taux directeur atteindrait 4,00 % à 4,25 % d’ici à la fin de l’année, avant de rester à ce niveau jusqu’à fin 2027. Quant à l’inflation, elle ne devrait pas revenir à l’objectif de 2 % avant 2029, soit un an plus tard que prévu.
Une chose est sûre : cette décision a rassuré les marchés. « La crédibilité de la Fed est déjà en jeu, car nous subissons une inflation élevée depuis plus de cinq ans — la plus longue période inflationniste depuis la fin des années 1970 et le début des années 1980, avec un effet cumulatif », a déclaré à CNBC Diane Swonk, cheffe économiste de KPMG US. « Personne ne souhaite nécessairement être aux commandes à un moment charnière, mais Kevin Warsh est là. Et il a fait son travail. » Lors de sa conférence de presse à l’issue de la réunion, le président de la Réserve fédérale a refusé de commenter une éventuelle discussion avec Donald Trump. Il a en revanche souligné que « l’inflation reste trop élevée » et ajouté que le FOMC « assurerait la stabilité des prix ».
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Author : Audrey Parmentier
Publish date : 2026-09-17 08:18:00
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