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Le Canada, futur « membre associé » ? Comment Ursula von der Leyen a pris de court l’UE

Ursula von der Leyen voulait marquer les esprits avec son discours sur l’état de l’Union. En proposant, mercredi 16 septembre, de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne, la présidente de la Commission a surtout créé la confusion. Et pour cause : plusieurs responsables ont découvert le projet au moment de son annonce.

Jusqu’au dernier instant, rien n’avait filtré. Le statut de « membre associé » avait d’abord été mentionné par un article du Wall Street Journal, mais Mark Carney avait balayé dimanche cette hypothèse. Quelques heures avant la prise de parole d’Ursula von der Leyen à Strasbourg, une version de son discours avait même été transmise à certains eurodéputés sans mention du statut de « membre associé », raconte Javier Moreno Sanchez, eurodéputé espagnol du groupe de centre gauche dans La Presse, un journal canadien : « C’est la personnalité de Mme von der Leyen, elle aime garder la surprise et avoir un effet d’annonce. »

Auprès de Politico, un diplomate souligne que la question n’a pas été évoquée lors d’un récent déjeuner entre la dirigeante allemande et les ambassadeurs de l’UE, et fustige un secret « dangereux » et « imprudent ». Cette surprise a surtout laissé les Européens avec de nombreuses interrogations. « Les implications concrètes de ce statut ne sont pas tout à fait claires », remarque auprès de Politico Nicola Procaccini, coprésident du groupe ECR, qui confirme que « personne n’était au courant de ce statut de membre spécial accordé au Canada ».

Donald Trump menace l’UE de représailles

La main tendue au Canada survient dans un contexte de tensions avec Washington. Les droits de douane de Donald Trump et ses menaces de faire du pays le « 51e État » américain poussent Ottawa à renforcer ses liens avec l’Europe, et à réduire sa dépendance envers son voisin. Mark Carney avait ainsi déclaré plus tôt dans le mois vouloir bâtir une « alliance unique » avec l’Union européenne.

Reste que le terme choisi par Ursula von der Leyen fait lui-même débat. La question s’est aussi posée de savoir si le Royaume-Uni pourrait bénéficier d’un dispositif similaire, mais des responsables européens ont rapidement écarté cette hypothèse. Ce modèle serait destiné aux pays qui ne peuvent pas rejoindre l’Union, comme le Canada pour des raisons géographiques : « Contrairement à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Géorgie, à la Norvège et au Royaume-Uni, le Canada ne se trouve pas en Europe », a expliqué un haut responsable européen, toujours auprès de Politico.

Donald Trump n’a pas manqué de réagir. Le président américain a qualifié la proposition de « ridicule » et menacé l’Union européenne de représailles. « S’ils font cela, si j’estime qu’il s’agit d’un acte hostile, j’imposerai des droits de douane très sévères ou je cesserai tout commerce avec l’Europe pour de nombreux produits », a-t-il tancé. L’annonce d’Ursula von der Leyen a ainsi ouvert un débat que les capitales n’avaient pas eu le temps de préparer. Le choc tient autant au contenu de la proposition qu’à la manière dont elle a été annoncée : jusqu’au bout sous le sceau de la surprise.



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Author : Audrey Parmentier

Publish date : 2026-09-17 10:50:00

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