L’Arabie saoudite bientôt appuyée militairement par des avions F-35 américains ? C’est ce qu’espère le Royaume, actuellement en proie à un vaste conflit avec les rebelles houthistes du Yémen, qui menacent de prendre le contrôle de la mer Rouge. Si cette annonce avait été faite en novembre dernier par Donald Trump au moment de la visite de MBS à Washington, elle ne s’était pas encore concrétisée jusqu’à présent. Mais le gouvernement américain vient de donner, jeudi 17 septembre, son feu vert et envisage de vendre pas moins de 48 avions de chasse F-35 à Riyad.
Une vente à plus de 24 milliards de dollars qui doit désormais être approuvée par le Congrès. Et qui n’est pas sans inquiéter les services de renseignement américains, qui redoutent que ces avions ne tombent entre les mains de la Chine et ne permettent à Pékin d’acquérir une technologie de pointe dont ne disposent aujourd’hui qu’une quinzaine de pays alliés des Etats-Unis.
Craintes d’espionnage chinois
Car si le département d’Etat défend un contrat qui « améliorera la capacité de l’Arabie saoudite à dissuader les menaces actuelles et futures », les renseignements américains sont loin d’être convaincus. Des rapports internes – consultés par le New York Times et anciennement par The Times – font état de plusieurs préoccupations, tant sur l’accès dont disposent des militaires chinois aux bases saoudiennes, que sur l’utilisation très répandue par l’Arabie saoudite de technologies chinoises dans ses infrastructures de télécommunications et ses installations de défense, qui pourraient rendre les Etats-Unis vulnérables à des opérations d’espionnage.
Certains élus se sont d’ailleurs exprimés publiquement contre cette vente. A commencer le député démocrate Raja Krishnamoorthi, également membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants. « L’administration Trump ne devrait pas aller de l’avant avec sa proposition de vente de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite alors que nos propres services de renseignement avertissent que cela pourrait mettre les joyaux de la couronne de la technologie militaire américaine à la portée du Parti communiste chinois », a-t-il déclaré.
Israël opposé à la vente
Outre les craintes liées à la Chine, ces livraisons – qui devraient s’étaler sur plusieurs années – sont vues d’un mauvais oeil par Tel Aviv, qui redoute de perdre son « avantage militaire » sur les pays arabes voisins, alors qu’Israël est actuellement le seul pays du Moyen-Orient à posséder ces appareils.
Donald Trump avait pourtant déjà tenté de vendre des F-35 aux Emirats arabes unis en 2020 lors de son premier mandat, dans le cadre d’un accord par lequel les Emirats devaient justement normaliser leurs relations avec Israël. Mais le contrat fut annulé rapidement après l’entrée en fonction de Joe Biden, sur fond de suspicions liées à la Chine, car les Emirats renforçaient leurs liens militaires, sécuritaires et technologiques avec Pékin.
Reste que cette fois, la vente semble bien partie pour aboutir. Les parlementaires disposent en théorie de 30 jours pour s’y opposer, mais le Congrès entre en congés avant les midterms – c’est déjà le cas de la Chambre des représentants et sera bientôt le cas du Sénat également -, ce qui veut dire qu’une objection présentée maintenant aurait, en pratique, très peu de chances d’être adoptée. Les services de renseignement américains n’ont pas fini de s’arracher les cheveux.
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Publish date : 2026-09-18 13:54:00
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