IntelliNews

Prisons britanniques : ces expulsions anticipées qui inquiètent les Européens

La surpopulation carcérale est un problème européen, que chaque pays essaie de résoudre à sa façon. Au Royaume-Uni, où les prisons sont, elles aussi, sous forte pression, le gouvernement prépare la libération anticipée de milliers de détenus pour désengorger les établissements pénitentiaires. Selon le calendrier du ministère britannique de la Justice, environ 2 500 détenus devraient être libérés d’ici la fin de 2026, dont environ 700 dès le 1er octobre.

Et ce n’est pas tout. A partir de janvier 2027, Londres prévoit également de supprimer l’obligation, pour certains détenus étrangers, d’avoir purgé une durée minimale de leur peine dans les prisons britanniques avant leur expulsion.

Ce changement s’inscrit dans le cadre du Sentencing Act 2026, une loi britannique réformant les règles relatives aux peines et à la libération des détenus. Cette nouvelle législation vient notamment modifier l’Early Removal Scheme (ERS), un dispositif qui permet déjà à certains détenus étrangers éligibles d’être expulsés avant la fin de leur peine. Jusqu’ici, ils devaient avoir passé une durée minimale en prison avant de pouvoir en bénéficier.

Une réaction européenne

Ces mesures ont fait réagir au-delà des frontières britanniques. Selon Politico, plusieurs diplomates européens ont exprimé leurs inquiétudes, certains craignant que leurs ressortissants ne soient renvoyés sans que leurs autorités en aient été averties. « Il est très risqué de renvoyer des criminels sans aucune information préalable », a déclaré anonymement un diplomate de l’UE au média en ligne.

D’autres déplorent également le manque de coordination entre les capitales et dénoncent l’approche de Londres jugée unilatérale. « Le gouvernement britannique ne cesse de dire qu’il ne peut pas nous informer. Il devrait pourtant y avoir une forme de coordination entre les forces de police, afin de nous prévenir lorsqu’une personne est libérée. Nous devrions être avertis », regrette un diplomate. Selon les données du ministère britannique de la Justice, les ressortissants étrangers représentent aujourd’hui 12 % de la population carcérale au Royaume-Uni. Parmi les pays concernés figurent la Pologne et la Roumanie, toutes deux membres de l’Union européenne, et l’Albanie, pays candidat à son adhésion.

Une coopération à préserver

De son côté, Londres cherche à apaiser les préoccupations de Bruxelles. « Nous continuerons à nous engager avec les partenaires européens sur cette question. Les délinquants les plus graves sont exclus et, lorsqu’il y a des preuves que quelqu’un prévoit de commettre de futurs crimes, ils resteront derrière les barreaux », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique.

De fait, dans le cadre de l’accord commercial post-Brexit actuellement en vigueur, des mécanismes permettent déjà au Royaume-Uni d’informer un pays européen lorsque son ressortissant est reconnu coupable d’un crime en Grande-Bretagne. Le gouvernement examine par ailleurs si des mesures complémentaires pourraient encore renforcer la sécurité publique.

Cette discorde intervient alors que Londres et Bruxelles cherchent parallèlement à renforcer leur coopération, après plusieurs années de tensions depuis le Brexit. Le Royaume-Uni et l’UE devraient notamment tenir un sommet conjoint cette année. Celui-ci viserait à trouver des accords facilitant les échanges, les déplacements et le renforcement de la coopération climatique. Les deux parties ne se sont toutefois pas encore accordées sur une date, en raison de différends concernant notamment le protectionnisme commercial européen et les frais de scolarité.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/prisons-britanniques-ces-expulsions-anticipees-qui-inquietent-les-europeens-A2QCGQVWB5G7NGNZHHFTCXBYUI/

Author :

Publish date : 2026-09-25 16:10:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Quitter la version mobile