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Blocus des lycées : Matignon pointe du doigt « LFI et ses proxys de l’ultragauche »

Le mouvement de contestation des lycéens se durcit en France, où blocus, violences et dégradations se multiplient dans des centaines d’établissements, une fronde tous azimuts qui a gagné jeudi 1er octobre les universités avec une trentaine de blocages revendiqués par l’Union étudiante.

Face à la dégradation de la situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a organisé en début d’après-midi une cellule de crise à Matignon. A son issue, l’entourage de Sébastien Lecornu a déclaré que le mouvement de blocages des lycées avait basculé dans les « violences urbaines ». « Cette bascule de violence rend la continuité du service public de l’éducation quasiment impossible dans un certain nombre de lycées, exposant ainsi les personnels éducatifs et lycéens à un danger », a expliqué Matignon. D’après l’entourage du Premier ministre cité par BFMTV, les services de renseignement français estiment que le mouvement est une « manœuvre organisée par LFI [La France insoumise] et ses proxys de l’ultragauche ».

Des cours en distanciel dans les établissements bloqués

Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé de son côté sur X avoir demandé que « les cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité. » « Un lycée incendié, des personnels aspergés d’essence, un bilan de blessés qui s’alourdit : les violences commises depuis ce matin aux abords des lycées sont d’une extrême gravité. Elles dépassent largement la seule question de l’école », écrit-il.

Les élèves qui manifestent, avec l’appui de l’Union syndicale lycéenne (USL), dénoncent une dégradation des conditions d’apprentissage, avec notamment des classes surchargées et un manque de professeurs. Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Marne), le mouvement gagne chaque jour en importance, prenant de court le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle.

Selon les dernières données en date du ministère de l’Intérieur, « 900 actions » ont été recensées dans toute la France jeudi. Les forces de l’ordre ont procédé à 1 949 interpellations et 305 policiers et gendarmes ont été blessés.

L’Union syndicale lycéenne, par la voix de son président Ryad Rani, déclare se mobiliser contre la « violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans ». Dans ce qu’elle présente comme l’acte II de sa mobilisation, l’USL a reçu le soutien de l’Union étudiante, qui entre à son tour dans la contestation pour réclamer notamment un « financement massif » des lycées et des universités. Une nouvelle mobilisation est d’ores et déjà prévue mardi prochain. L’Unef appelle également les étudiants à manifester contre la suppression de places dans les facultés et le gel des aides personnelles au logement (APL), mesure inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027. L’Union étudiante recensait « près d’une trentaine de blocages » jeudi matin sur les campus, à Paris (Paris-Cité, Sorbonne-Université entre autres) mais aussi à Strasbourg, Montpellier, Lyon, Rennes, notamment.

Un million d’euros de dégâts en Ile-de-France

La région Ile-de-France comptabilise jeudi « plus de 200 lycées perturbés, dont une cinquantaine sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations ». Une trentaine de portails ou sas ont été endommagés totalement ou partiellement depuis le début du mouvement, précise-t-elle dans un communiqué. La facture des dégradations s’établit à ce stade « à plus d’un million d’euros », indique-t-elle.

Dans les Bouches-du-Rhône, 40 lycées sont concernés, dont 18 sont totalement bloqués, rapporte la préfecture de police, qui fait état de plus de 4 600 participants aux manifestations. La Régie des transports métropolitains (RTM) de Marseille, deuxième ville de France, a décidé d’interrompre l’intégralité des transports en commun compte tenu, précise-t-elle dans un communiqué, « des dégradations et des agressions de conducteurs avec blessés intervenus ce matin sur le réseau bus ».

Un incendie s’est déclaré dans le lycée Nelson-Mandela de Nantes, dans le lycée Blaise-Pascal de Rouen, et des faits similaires sont rapportés à Rennes, Toulouse où des heurts sont signalés entre manifestants et forces de l’ordre. La préfecture du Bas-Rhin a ordonné l’arrêt de la circulation des tramways à Strasbourg pour « limiter les mouvements des casseurs et manifestants ».

Nantes: un incendie au sein du lycée Nelson Mandela pic.twitter.com/Scy9zwVsrS

— BFM (@BFMTV) October 1, 2026

Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, pointé du doigt par l’exécutif et la droite pour avoir déclaré mardi, devant le lycée Paul-Eluard de sa ville, que la violence « peut être légitime », a maintenu jeudi ses propos sur franceinfo, tout en appelant à « l’apaisement ».





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Publish date : 2026-10-01 15:12:00

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