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Retraites, fonctionnaires, collectivités : ce que contient le projet de budget 2027

Le gouvernement Lecornu a présenté, ce jeudi 1er octobre, son projet de budget 2027 qui ambitionne de réaliser 54 milliards d’euros d’économies, dont 43 milliards de mesures nouvelles.

La copie détaillée de l’exécutif, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé les grandes lignes mi-septembre, ouvre une délicate séquence alors que le Parlement est divisé, à quelques mois de l’élection présidentielle et sur fond d’accumulation des revendications sociales.

« Il est indispensable de revenir à l’équilibre. C’est pourquoi en 2027, nous reprenons le chemin de la consolidation », a déclaré à la presse le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, avant la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Il a également confirmé que « l’effort de redressement » des comptes publics, « significatif », serait porté à 54 milliards d’euros en 2027 en incluant la « montée en charge » de mesures existantes. Le tour de vis passera en particulier par des économies sur les retraites (5,5 milliards d’euros) et sur les salaires des fonctionnaires – avec une désindexation progressive des premières au-delà de 1 260 euros mensuels et un gel du point d’indice pour les seconds -, ainsi que sur le budget des collectivités locales et les dépenses de santé. Le projet évite dans le même temps une hausse généralisée de la fiscalité des ménages et des sociétés, l’exécutif prévoyant en outre d’abaisser la surtaxe exceptionnelle appliquée depuis deux ans aux plus grandes entreprises.

Le budget inclut également une baisse de l’allègement des cotisations qui ne profite pas aux entreprises sur les bas et moyens salaires lorsque leurs employés perçoivent des primes telles que l’intéressement ou la participation (3,7 milliards d’euros de recettes attendues), ainsi qu’un gel des allègements de charges applicables aux bas salaires (2,9 milliards).

« Prophètes de malheur »

Evoquant des choix « difficiles », mais « pas brutaux », Sébastien Lecornu a assuré mi-septembre qu’il était conscient du « risque politique » d’un tel budget, tout en invitant les oppositions à prendre la mesure de la situation actuelle et en s’engageant à « tout faire pour trouver un compromis ». Le gouvernement table sur un déficit public de 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, et Roland Lescure assure que l’objectif de rester sous la limite européenne de 3 % en 2029 demeure atteignable, malgré les doutes exprimés par de nombreux économistes.

La dette publique française s’est établie à 119,0 % du PIB à la fin du deuxième trimestre, un chiffre qui dépasse les niveaux observés pendant la crise sanitaire liée au Covid-19, selon des données publiées mardi par l’Insee.

Roland Lescure a indiqué que le coût de la dette, en forte hausse, représentait plus de la moitié du déficit budgétaire et pourrait atteindre 100 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie. « J’entends ici ou là les prophètes de malheur qui nous promettent le pire. Je le réaffirme ici, la signature de la France est solide », a-t-il toutefois ajouté. Le Haut Conseil des finances publiques, dans un avis sur le projet de budget publié jeudi, a estimé que l’objectif de réduction du déficit autorisé pour 2027 était « un minimum au regard de la situation alarmante » des finances de l’Etat, qualifiant en outre d' »optimiste » l’hypothèse de croissance de 1 % retenue par l’exécutif pour l’an prochain.

La fermeté affichée par le gouvernement ne devrait guère faciliter l’adoption du budget au Parlement, où Sébastien Lecornu reste sous la menace d’une motion de censure faute de majorité.

Le coût de l’emprunt au plus haut depuis 2022

Le poids de la dette réduit la marge de manœuvre de l’exécutif pour faire face à la crise des carburants déclenchée par la guerre au Moyen-Orient, alors même que l’élection présidentielle de l’année prochaine complique toute réforme budgétaire d’envergure.

Dans ce contexte, le rendement des obligations françaises à dix ans a atteint jeudi son plus haut niveau depuis 2002, à 4,97 %. Les investisseurs s’interrogent sur la capacité du gouvernement à maîtriser le déficit et s’inquiètent de l’incertitude politique à l’approche de la campagne présidentielle 2027.

L’écart entre les rendements des obligations de l’Etat français et allemand – un indicateur de marché de la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française – a en outre dépassé jeudi le seuil des 130 points de base, au plus haut depuis 2012. La France subira l’un prochain un montant record de dette, soit 340 milliards d’euros, afin notamment de refinancer un volume croissant d’obligations émises à des taux historiquement bas pendant la pandémie de Covid-19 et arrivant désormais à échéance.



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Publish date : 2026-10-01 12:46:00

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