« Quand nous disons [que] nous allons baisser la contribution nette à l’Union européenne, nous savons qu’il y a un débat, et un débat ferme, et même un bras de fer à mener. » A quelques jours du Conseil européen qui doit se tenir les 15 et 16 octobre, Marine Le Pen persiste. Dans les colonnes du Financial Times, mercredi, la cheffe de file de l’extrême droite française répète sa volonté de baisser drastiquement la contribution nette de la France au budget de l’Union européenne. Son enjeu : plafonner cette contribution à cinq milliards d’euros, pierre angulaire des économies présentées dans son contre-budget pour le pays.
En déplacement à Bruxelles, le même jour, Marine Le Pen a participé au sommet des Patriotes pour l’Europe (le groupe dans lequel siège le RN au Parlement européen) pour évoquer notamment le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034. Elle était entourée du dirigeant espagnol du parti d’extrême droite Vox Santiago Abascal, de l’ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban, du président du Vlaams Belang Flamand Tom Van Grieken et du Premier ministre tchèque Andrej Babis.
Pas de soutien franc des alliés
Sur la photo de famille, les leaders nationalistes s’affichent unis et souriants. Lors de sa conférence de presse qui a suivi la rencontre, Marine Le Pen a répété sa volonté de plafonner la contribution française, et son opposition à tout élargissement de l’Union européenne à d’autres pays. Seulement, dans la foulée, aucun de ses partenaires européens n’a donné écho à ses propositions. Ni relayé sa longue interview donnée au Financial Times. Selon Le Monde, présent sur place ce mercredi, Andrej Babis, seul membre des Patriotes siégeant au Conseil européen, a simplement indiqué qu’il « comprenait » le positionnement de la frontiste, et le communiqué de presse des Patriotes, loin de reprendre les propositions de Marine Le Pen, indique sobrement « rejeter toute augmentation du budget de l’UE ». « En effet, elle est totalement seule, abonde une eurodéputée Renew. Même Viktor Orban, qui avait caressé l’idée et en avait fait un axe de campagne électorale, avait renoncé une fois arrivé au pouvoir. »
Jean-Paul Garraud, eurodéputé RN, s’est, quant à lui, fendu d’un communiqué de presse ce jeudi : « Bruxelles ose présenter comme un effort budgétaire un projet qui prévoit encore 30 % de dépenses supplémentaires ! Quand les Etats doivent faire des économies, l’Union européenne devrait montrer l’exemple. La France ne peut pas accepter cette nouvelle fuite en avant budgétaire au détriment de ses contribuables. » Aucun allié frontiste n’a cosigné le communiqué.
Marine Le Pen elle-même, dans son interview au Financial Times, peine à citer nommément des partenaires européens sur lesquels elle pourra compter dans sa bataille contre la Commission. « Je suis absolument convaincue de la capacité à faire admettre raison à la Commission européenne, avec l’aide de toute une série d’autres gouvernements, se contente-t-elle d’assurer. Il n’y a pas de raison de voir le budget européen enfler à ce point, alors que nous avons une crise de l’endettement, mondiale d’ailleurs. »
« Phénomène de foire »
Une interview de la leader frontiste à la télévision belge a aussi fait jaser au Parlement européen. Ce jeudi, au Leaders Summit de Renew, où les chefs de partis, les commissaires, les chefs de gouvernement et les élus de Renew se sont retrouvés en amont du Conseil européen, plusieurs élus belges se sont interrogés sur le traitement dont a bénéficié Marine Le Pen. Plusieurs Belges ont trouvé incongru que la télé publique « déroule le tapis rouge » à une candidate d’un pays étranger, « sauf à considérer que c’est un phénomène de foire », rapporte une participante. De la part de ses adversaires politiques au moins, l’absence de soutien paraît justifiable.
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Author : Marylou Magal
Publish date : 2026-10-15 16:00:00
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