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Violences du 17 octobre : la piste des ingérences étrangères examinée par l’UE

Et si les violences et pillages qui ont eu lieu en marge des manifestations contre la vie chère, le 17 octobre, avaient été amplifiées par une campagne de désinformation étrangère ? C’est la piste qu’étudie, sans certitude à ce stade, l’Union européenne (UE), selon une information du Financial Times. Le quotidien annonce que l’UE enquête sur la possibilité que des acteurs étrangers malveillants aient profité de l’occasion pour désinformer, en France mais aussi en Italie, en Belgique ou au Portugal, où des manifestations et des violences similaires ont eu lieu. Citant un responsable de la sécurité européenne, le Financial Times précise que des comptes d’extrême droite prorusses, mais aussi iraniens ou algériens, auraient diffusé des vidéos dans le but d’amplifier le climat de violence.

Selon la même source, l’enjeu immédiat pour l’UE est de s’assurer de la coopération des plateformes. « Il est possible que des campagnes de désinformation aient lieu, mais les algorithmes des réseaux sociaux ne devraient pas les amplifier », souligne un responsable de l’UE cité par le quotidien. Une vidéo publiée sur X par un compte de 5 000 abonnés a par exemple été vue six millions de fois, montrant des manifestants, présentés comme Français, en train de lancer des feux d’artifice. Si les images sont bien réelles, le contexte n’a rien à voir : la vidéo a été tournée en 2024 en Géorgie, lors de manifestations à Tbilissi.

Selon David Colon, chercheur à Sciences Po spécialisé dans la désinformation, interrogé par le Financial Times, ce sont des « influenceurs pro-Kremlin », liés à la campagne russe Storm-1516, qui auraient « amplifié les événements et diffusé » des faux récits comme celui mentionné plus haut. Cette campagne est notamment à l’origine, l’hiver dernier, d’ingérences dans les élections législatives allemandes. En 2023, des étoiles de David bleues avaient été peintes dans les rues de Paris, en référence à l’Holocauste. D’abord présentée dans la presse comme une action antisémite, cette opération s’est révélée être une campagne de déstabilisation orchestrée par la Russie.

Un impact encore flou

Autre exemple d’influence étrangère cité par le chercheur, un influenceur franco-iranien du nom de Hazamy. Il a publié une vidéo de 30 secondes montrant des policiers qui frappent des manifestants le 17 octobre, qui a fait quatre millions de vues sur X, où il se présente comme journaliste indépendant. Il a été condamné en première instance pour apologie du terrorisme après des publications favorables au Hamas, que l’UE considère comme organisation terroriste. Il a fait appel et reste présumé innocent. Cité par le quotidien, il a réfuté les soupçons sur ses liens avec l’Iran, affirmant que sa « position politique en faveur de la Palestine est régulièrement exploitée pour [le] discréditer ».

En Italie, les responsables au sein du gouvernement Meloni sont plus catégoriques. Guido Crosetto, cité par Courrier International, estime que « quelqu’un est en train de mener une ‘guerre hybride’ contre nos nations à travers les réseaux sociaux ». En France, Emmanuel Macron a déclaré mercredi qu’il n’y avait « pas d’ingérences visibles ». Il aurait empêché, selon The Times, la publication d’un rapport officiel sur la désinformation en ligne entreprise par l’Iran, afin de ne pas contrarier le régime. Le président de la République a toutefois fustigé, par ailleurs, les leaders étrangers « qui font campagne sur le dos de la France », une référence explicite à Donald Trump, qui a évoqué « l’immigration […] des gens qui portent la haine » comme cause unique des violences ou à son homologue israélien Benyamin Netanyahou, qui y voit une prétendue « invasion de l’islam extrémiste ».

Si ces contenus et prises de parole influencent effectivement notre perception des événements, David Colon précise au Financial Times que ces réseaux n’ont eu aucun impact sur l’origine ou le déroulé des événements. Dans la même veine, les responsables de la sécurité de l’UE rappellent qu’il s’agit d’une « mobilisation authentique de personnes en colère contre les institutions », et que « ce serait beaucoup trop simple de dire que ‘c’est la faute des Russes' ».



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Author : Louan Deniel

Publish date : 2026-10-22 13:49:00

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