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Un projet gazier en Alaska financé par la Russie dans l’ombre de son rapprochement avec Donald Trump

Depuis septembre, les démissions se sont multipliées au sein d’une entreprise énergétique américaine, dont le PDG et la quasi-totalité des dirigeants ont quitté leurs fonctions. Selon un article du New York Times, ils auraient appris l’existence d’un financement secret de leur entreprise, Polar LNG, par un géant gazier… russe, Novatek. Qui plus est soumis à des sanctions américaines.

La société américaine en question, Polar Train LNG, développe un terminal d’exportation de gaz sur le versant nord de l’Alaska, dans le cadre d’une initiative de l’administration Trump visant à accroître les exportations d’énergie américaines vers l’Asie et à renforcer la position des Etats-Unis sur les marchés énergétiques mondiaux.

Financement russe

Joel Riddle, alors directeur général de Polar LNG, aurait découvert que Novatek finançait déjà le projet et en influençait les opérations, sans avoir obtenu les autorisations nécessaires auprès du Trésor américain. « J’ai démissionné de mon poste de directeur général de Polar LNG car j’étais mal à l’aise à l’idée que la société russe Novatek finance et, par conséquent, contrôle la stratégie de l’entreprise », a déclaré Riddle au Financial Times. Polar LNG a pour sa part réagi en affirmant que ce dernier n’était rien d’autre qu’un « ancien employé mécontent ».

Selon des SMS consultés par le NYT, Denis Solovyov, vice-président de Novatek, et Leonid Mikhelson, directeur général de l’entreprise, ont évoqué la possibilité pour Novatek d’apporter jusqu’à 15 millions de dollars à Tech Wave pour financer Polar LNG.

Sans donner de chiffres, Novatek a pour sa part affirmé au NYT vendredi qu’elle s’apprêtait à acquérir le statut d' »actionnaire minoritaire » dans le projet Polar LNG – une tentative remarquable du géant énergétique russe pour prendre le contrôle de la production de gaz américaine. Si l’opération se concrétisait, Novatek pourrait en tirer un double avantage : valoriser sa technologie sur le marché américain et prendre une participation au capital du projet.

Inquiétude des partisans de l’Ukraine

Au-delà de ses implications économiques, l’affaire Polar LNG illustre les liens opaques qui se nouent entre intérêts privés et diplomatie dans le cadre des efforts de Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Les discussions autour du projet gazier en Alaska ne sont d’ailleurs pas un cas isolé. En parallèle, des négociations ont été engagées autour de la vente d’une partie de Lukoil, autre géant énergétique russe, au gouvernement américain et à d’autres investisseurs. Parmi eux figureraient des acteurs entretenant des liens d’affaires avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Ces différentes discussions ont suscité l’inquiétude de certains parlementaires à Washington et l’indignation de certains partisans de l’Ukraine. « Toute tentative de transfert de technologie de la part de Novatek – et potentiellement d’une entreprise financée par la Russie – doit être perçue comme une tentative du Kremlin de coopter les décideurs politiques américains afin de saper la politique étrangère américaine envers l’Ukraine et nos alliés », a déclaré au NYT Ilya Zaslavskiy, consultant spécialisé sur les sanctions russes et les questions énergétiques, basé à Washington.

Dans un contexte de rapprochement entre Washington et Moscou, un soutien américain au projet Polar LNG impliquant Novatek ne peut être exclu, souligne le Financial Times. Les prochaines semaines devraient permettre de préciser les intentions de l’administration Trump.



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Author : Juliette Laffont

Publish date : 2026-10-24 11:14:00

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