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En Italie, l’ultranationaliste Roberto Vannacci montre des signes d’essoufflement

Pour la première fois depuis le lancement de son parti d’extrême droite cette année, l’ancien général Roberto Vannacci semble perdre de son élan : son soutien s’effrite dans les sondages et des militants le quittent sur fond de querelles internes et de désaccords politiques.

Fondé par des parlementaires dissidents de la Ligue, le parti de Matteo Salvini membre de la coalition au pouvoir, Futuro Nazionale (FN) a grignoté l’électorat du bloc conservateur de la Première ministre Giorgia Meloni, menaçant de compliquer sa quête d’un second mandat lors des prochaines élections législatives, prévues en 2027.

Alors que la coalition est devancée par le centre gauche dans les sondages, FN s’est imposé comme le quatrième parti du pays, après des mois de croissance fulgurante portée par un programme axé sur l’expulsion des étrangers et l’opposition aux droits des personnes LGBTQ. Ses voix pourraient s’avérer décisives pour le maintien au pouvoir de Giorgia Meloni, même si celle-ci a jusqu’ici exclu toute alliance.

Pourtant, après avoir culminé autour de 9 % cet été, FN recule : les instituts SWG et Ipsos le situent désormais entre 5,8 % et 7,9 %, et toutes les enquêtes récentes confirment cette tendance à la baisse. Selon les analystes, le parti peine à élargir son audience au-delà des questions de sécurité et des guerres culturelles. « Vannacci parle de sécurité et d’immigration, mais il lui faut un programme politique plus large pour consolider son électorat », estime auprès de Reuters Antonio Noto, sondeur pour la télévision publique RAI.

Ce ralentissement intervient alors que la droite populiste rencontre des vents contraires ailleurs. Au Royaume-Uni, Reform UK a récemment reculé dans les sondages, tandis que ses homologues européens mesurent les conséquences de la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat américaines.

Soutiens volatils

Roberto Vannacci s’est fait connaître en 2023 avec un livre appelant à un retour à ce qu’il présentait comme des valeurs traditionnelles, menacées selon lui par la « cancel culture » et le wokisme. Un an plus tard, il était élu au Parlement européen sous les couleurs de la Ligue.

D’après Antonio Noto, une partie du soutien initial à FN provenait d’abstentionnistes, un électorat volatil qui se détourne à mesure que l’effet de nouveauté s’estompe. « Une autre partie venait de la coalition de centre droit, avec de fortes attentes, mais elle est aujourd’hui rentrée au bercail », ajoute-t-il.

Les comités créés dans toute l’Italie pour fédérer les partisans de Vannacci sont devenus ces dernières semaines une source de tensions. Certains militants ont claqué la porte, reprochant au parti de mettre à l’écart la base qui a contribué à bâtir le mouvement. « La chute dans les sondages s’explique par le départ de ceux qui ont mal vécu la façon dont on les a traités », affirme Thomas Orsetti, ancien militant de la région de Vénétie, dans le nord du pays.

« Je ne pensais pas qu’il irait aussi loin »

D’anciens soutiens expliquent avoir rejoint le mouvement dans l’espoir qu’il s’attaque à des problèmes locaux comme la santé, avant d’être déçus. « Ce qui m’importe, ce sont les hôpitaux, les écoles, le logement social », confie à Reuters Massimo Perrone, originaire de Latina, près de Rome, qui a quitté le parti en septembre, et qui juge irréalisable le projet phare de Vannacci de renvoyer les étrangers dans leur pays d’origine.

L’ex-général a aussi suscité une vague de condamnations, jusque dans les rangs de son propre parti, en critiquant une loi de 2025 faisant du féminicide une infraction pénale spécifique et en suggérant de placer les élèves handicapés dans des classes séparées. « Je ne pensais pas qu’il irait aussi loin, avec ses attaques répétées contre les homosexuels et sa proposition de séparer les élèves handicapés. C’est ce qui m’a poussé à regarder ailleurs », explique aujourd’hui Marcello Orru, ancien membre de FN originaire de Sassari, en Sardaigne.

Le député FN Rossano Sasso dément toute tension interne, assurant que le nombre d’adhérents continue de croître et que les mauvais sondages participent d’une tentative de déstabiliser le parti.

Roberto Vannacci s’est dit ouvert à un accord avec le bloc au pouvoir, qui, selon de récents sondages, réduit l’écart avec le centre gauche, à condition que celui-ci reprenne ses propositions. Ancien attaché militaire italien à Moscou, il prône le rétablissement des liens gaziers avec la Russie et l’arrêt de l’aide militaire à l’Ukraine, des positions peu susceptibles de séduire Giorgia Meloni, fermement alignée sur la ligne de soutien de l’UE à Kiev.

Pour Fabrizio Masia, directeur de l’institut de sondage EMG, Vannacci pourrait retrouver une dynamique en élargissant son discours au-delà de ses thèmes de prédilection, même si une véritable percée paraît difficile dans un scrutin qui devrait être dominé par les deux grands blocs. « Nous nous dirigeons inévitablement vers un affrontement entre deux alliances. Le message adressé aux électeurs sera de plus en plus : choisissez votre camp », conclut-il.



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Author : Par R.D. avec Reuters

Publish date : 2026-11-06 11:45:00

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