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Israël : le casse-tête de Gadi Eisenkot pour conquérir le pouvoir

C’est un véritable casse-tête qui attend Gadi Eisenkot. Le présent israélien Isaac Herzog l’a chargé de former un gouvernement de coalition, aucun bloc n’ayant obtenu la majorité absolue à la Knesset. « Le moment est venu de former un gouvernement d’urgence nationale. Je ferai tout mon possible pour que nous soyons à la hauteur », a réagi le leader du parti Yashar sur X après l’annonce de la présidence samedi 7 novembre.

Or, si les partis désireux d’en faire partie ne manquent pas, l’alliance avec certains est une ligne rouge pour les autres. Gadi Eisenkot a pu le mesurer en rencontrant les leaders des différentes formations – de la gauche à la droite nationaliste – cette semaine. Pour devenir majoritaire au parlement, l’ancien général, qui dispose déjà du soutien des démocrates de Yaïr Golan, des centristes de Naftali Bennett, et de la droite nationaliste d’Avigdor Liberman, doit désormais faire un choix entre deux options : s’allier aux partis arabes ou aux partis religieux ultra-orthodoxes.

De quel côté choisira-t-il de faire pencher la balance ? Il lui reste six semaines pour trouver un terrain d’entente, avant que le président ne mandate quelqu’un d’autre pour former un gouvernement – très probablement Benyamin Netanyahou. A ce stade, sur les 120 sièges que compte la Knesset, la coalition de l’actuel premier ministre en a remporté 53 (en comptant les voix des partis ultraorthodoxes, dont l’un a depuis apporté son soutien à Eisenkot), celle de Gadi Eisenkot, 48, et deux partis arabes ont décroché un nombre record de 19 sièges. Pour gouverner, Eisenkot devra donc gagner les 13 sièges qui lui manquent pour obtenir la majorité absolue.

Option 1: l’alliance avec les partis arabes

Si l’alliance avec les partis arabes israéliens – Raam et la Liste unifiée – apparaît comme l’option la plus évidente, ces deux partis ayant apporté leur soutien à Eisenkot, elle est jugée inacceptable par l’un des visages du bloc d’opposition : le nationaliste Avigdor Liberman, dont le parti compte pour sept sièges. Gadi Eisenkot a d’ailleurs fixé une condition que les partis arabes refusent pour l’instant : reconnaître le Hamas comme « organisation terroriste »…

Sans compter le fait que cette alliance fait l’objet d’attaques virulentes du premier ministre Benyamin Netanyahou qui crie déjà au « suicide national » et à l »islamisation » d’Israël. « Il s’agit de notre existence même. Israël ne survivra tout simplement pas sous un tel gouvernement », a-t-il déclaré, dénonçant, sans preuves, des partis financés par le Qatar et une élection truquée.

Option 2: l’alliance avec les partis ultraorthodoxes

Si l’alliance avec les partis arabes n’aboutit pas, l’alternative reviendrait alors à considérer l’entrée des partis juifs ultraorthodoxes au gouvernement. L’un d’eux, le Judaïsme unifié de la Torah, jusqu’alors soutien de Netanyahou depuis trois décennies, a déclaré cette semaine vouloir s’allier à Gadi Eisenkot. Avec l’autre parti ultraorthodoxe Shas, ils disposent ensemble de 13 sièges à la Knesset, ce qui, en cas d’accord, permettrait à Eisenkot de bénéficier d’une très courte majorité.

Un tel choix serait toutefois une trahison pour bon nombre d’électeurs de ce dernier. Car il l’obligerait a priori à revenir sur une de ses promesses de campagne : la fin de l’exemption de service militaire pour les étudiants religieux ultraorthodoxes. Mais Avigdor Liberman s’est pour sa part dit prêt à des compromis sur cette question, affirmant que « le contexte actuel implique la prise de décisions difficiles », selon Times of Israel.

Pas d’Etat palestinien en vue

Aucune option ne semble donc mettre tout le monde d’accord et les négociations devront se poursuivre ces prochaines semaines. Dans tous les cas, l’arrivée de Gadi Eisenkot au pouvoir ne devrait pas produire de changements majeurs sur la question palestinienne. L’ancien général, qui a perdu son fils dans la bande de Gaza, est opposé à tout projet d’Etat palestinien et sur une ligne dure concernant l’enclave. « Tant qu’il n’y aura pas de changement politique majeur à Gaza sur le Hamas, Eisenkot ne modifiera rien », confiait ainsi au Monde un de ses anciens supérieurs, le général Gilad Eiland, aujourd’hui retraité, connu pour avoir prôné des plans d’attaque encore plus offensifs en 2024.

Une rupture plus franche pourrait néanmoins se faire sentir sur la Cisjordanie. Eisenkot a insisté sur la nécessité de sanctionner les colons israéliens et n’a pas caché son aversion à l’égard des ministres suprémacistes du gouvernement sortant, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich. Fils de juifs marocains et élevé dans un milieu modeste à Eilat, dans le sud d’Israël, Gadi Eisenkot pourrait aussi devenir le premier chef de gouvernement séfarade (juifs originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient) de l’histoire du pays.



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Author : Juliette Laffont

Publish date : 2026-11-08 12:22:00

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