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Un week-end à Lyon : musée des Tissus, le grand dépliage

Il faut profiter de l’automne. Fermé au public depuis 2018, le Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon a rouvert ses portes à l’occasion de la 18e Biennale d’art contemporain. Une parenthèse de douze semaines, avant la poursuite d’un vaste chantier qui doit le transformer en profondeur. Installé rue de la Charité, au cœur de la Presqu’île, le site dispose d’un écrin remarquable, dont l’hôtel de Villeroy, édifié à partir de 1729, constitue le cœur historique. Attenant, l’hôtel de Lacroix-Laval, construit au XVIIIe siècle, abrite les collections d’arts décoratifs. Ces deux demeures particulières ont été réunies dans les années 1925 pour former un ensemble devenu emblématique du patrimoine local.

Le plus spectaculaire reste pourtant invisible. Dans ses réserves, le musée conserve quelque 2,5 millions de pièces, couvrant près de 4 500 ans d’histoire. Soieries lyonnaises, étoffes coptes et byzantines, productions chinoises et japonaises, tapisseries, costumes, dentelles, broderies ou pièces de haute couture composent un fonds d’une richesse exceptionnelle. On y trouve notamment une documentation unique sur les savoir-faire des soyeux lyonnais, qui ont contribué à façonner l’identité économique et culturelle de la ville. Cette profusion est aussi l’un des défis de la transformation en cours. Le projet, porté par Rudy Ricciotti, prévoit la restauration des bâtiments d’origine, la modernisation des conditions de conservation et une refonte du parcours de visite. Deux constructions nouvelles, aux façades habillées de lamelles de verre évoquant un drapé, complèteront l’ensemble. L’enjeu est de rendre plus lisible une collection hors norme, sans l’appauvrir ni la réduire à la seule histoire de la soie lyonnaise. La réouverture définitive est envisagée à l’horizon 2029.

D’ici là, outre les œuvres contemporaines de la Biennale accueillies dans ses espaces historiques, offrant un premier aperçu de ce que pourrait être le site de demain, le musée des Tissus a déplacé une partie de ses trésors au musée de Fourvière, où l’exposition Sublimer l’étoffe. Artistes et créateurs de mode face au sacré présente une sélection de tenues liturgiques, carrés de soie et œuvres signées Chagall, Miro, Jean Paul Gaultier ou Jean-Charles de Castelbajac pour explorer les liens entre vêtement, art et spiritualité. Après huit années portes closes, l’institution revient donc par fragments : quelques salles ici, quelques pièces ailleurs, avant de retrouver un jour son adresse et son ampleur. Peut-être est-ce finalement la meilleure façon de la redécouvrir : comme une collection déjà en mouvement.



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Author : Letizia Dannery

Publish date : 2026-09-27 08:30:00

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