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Présidentielle 2027 : « Ah les cons ! S’ils savaient ! », par Eric Chol

Semaine après semaine, la lecture des sondages sur la prochaine élection présidentielle provoque des bouffées d’angoisse étourdissantes. Le mur du populisme se dresse devant nous, et plutôt que d’appuyer sur la pédale du frein, les Français préfèrent accélérer. Les plus optimistes rétorqueront que les jeux sont loin d’être faits : il reste encore un peu plus de six mois avant le scrutin et comme on le sait, une enquête d’opinion n’est qu’une photographie à un instant T.

Mais le danger menace, et c’est là que ressurgit cette phrase qu’aurait prononcée Edouard Daladier, le président du Conseil, le 20 septembre 1938 sur le tarmac de l’aérodrome du Bourget, de retour de la fameuse conférence de Munich. « Ah les cons ! S’ils savaient ! ».

Reste à savoir qui sont les cons d’aujourd’hui. Incontestablement, une certaine envie de radicalisme est de plus en plus palpable chez les Français– dans le sondage Harris RTL publié le 28 septembre, on observe une montée conjointe de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, et un effritement pour le bloc central, dessinant un second tour entre les candidats du RN et de LFI. Un penchant pour le dégagisme déjà observé ailleurs, que ce soit aux Etats-Unis, en Italie ou au Royaume-Uni, et qui touche désormais notre pays, encore renforcé récemment par la flambée du prix des carburants.

Mais il est surtout de plus en plus évident que l’incroyable irresponsabilité collective des candidats en lice les place chaque jour un peu plus dans la mauvaise case, décrite par Daladier.

Des rôles trop grands pour eux

En les voyant s’enfermer dans des rôles trop grands pour eux, on pense au film La Fureur de vivre (1955), où des jeunes se livrent à un jeu mortel, le « chickie run ». Un scénario dans lequel les conducteurs s’affrontent en roulant à tombeau ouvert vers une falaise, et le premier qui panique et saute du véhicule en marche avant la chute a perdu le défi et reçoit le titre désobligeant de « chicken ». La poule mouillée.

Pour l’heure, ni Gabriel Attal, ni Edouard Philippe, ni Raphaël Glucksmann, ni Bruno Retailleau, ni encore François Hollande (candidat masqué) pour ne citer qu’eux ne veulent apparaître comme la poule mouillée : ils foncent donc à plein régime vers le précipice démocratique, avec l’idée que les dieux des sondages vont peut-être enfin leur sourire, en espérant que les autres sauteront de leur bolide présidentiel avant eux. Un calcul dans lequel se mêlent cynisme, ego, ambitions et envie de revanche.

Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen grappillent les points dans les enquêtes d’opinion. Dans La Fureur de vivre, la fin est tragique. Dans la course vers l’Elysée, certains assurent qu’en janvier ou février prochain, le temps de la clarification s’imposera. Mais c’est prendre un risque : que tous les candidats raisonnables basculent dans le vide et qu’on se retrouve avec un casting impossible. Et si on faisait en sorte d’éviter celui-ci ? De façon à ne pas avoir à se dire un jour : « Ah les cons, ils savaient ! »



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Author : Eric Chol

Publish date : 2026-09-30 06:00:00

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