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Iran : face à la menace de nouvelles frappes américaines, Téhéran renforce ses défenses

Fenêtre de tir. Craignant des attaques de la part de Washington dans les prochaines semaines, l’Iran a d’ores et déjà prévenu publiquement que la République islamique s’y préparait et n’hésiterait pas à répliquer militairement dans la région. Selon les informations de nos confrères du Wall Street Journal, les menaces ont aussi été diffusées dans des conversations privées.

L’Iran a bien en tête le calendrier électoral des Etats-Unis, et plus précisément la date des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre prochain, pendant lesquelles Donald Trump va jouer sa majorité au Congrès. D’ici là, ce dernier a assuré, le 8 octobre dernier sur son réseau social, Truth Social, qu’il n’attaquerait pas l’Iran. En effet, toute décision radicale pourrait perturber sa base électorale Maga, plutôt hostile aux interventions militaires menées à l’étranger. Toutefois, reste à savoir si cette retenue perdurera après les élections de mi-mandat.

Stratégie de défense

Téhéran ne dispose que de faibles moyens pour contrecarrer les différentes frappes que les Etats-Unis sont capables de mener. Parmi elles, des attaques d’avions de chasse de pointe, des attaques de bombardiers à haute altitude ou encore des missiles de croisière. Incapable de se mettre à jour en quelques semaines, l’Iran aurait renforcé la sécurité de plusieurs sites stratégiques et sensibles, notamment celle de ses installations nucléaires et de ses zones frontalières. Pour preuves, des images satellites capturées et analysées le mois dernier par l’Institute for Science and International Security, une organisation à but non lucratif basée à Washington, ont attesté de la construction récente de remparts de terre autour des sites nucléaires de Pickaxe Mountain et de Natanz. Ces derniers réduisent le risque d’attaques terrestres sur les sites en question.

En septembre, les Gardiens de la révolution auraient même assuré avoir formé leurs premières unités de commandos féminines à des tactiques de guérilla, au maniement d’armes à feu et au pilotage de drones. Là encore, des images diffusées par Fatehin, une unité d’élite des milices Bassidj, l’ont confirmé.

Le même mois, le général de brigade Gholamreza Jalali, responsable des plans d’urgence du pays, avait assuré que les aéroports, les ports et les centrales électriques du pays étaient désormais munis d’abris et de réserves pour assurer la continuité des activités malgré de potentielles attaques. Il avait résumé que les installations étaient « préparées à un scénario de guerre ».

« Cette posture de guerre leur est profitable »

Au-delà de se préparer matériellement à l’éventualité d’une nouvelle guerre, la République des mollahs prépare aussi sa population mentalement. Toujours selon le journal américain, le gouvernement envoie des forces paramilitaires conter des récits de guerre devant les enfants scolarisés en école maternelle. Ils en profitent pour faire la promotion, lors de rassemblements ou via des affichages publicitaires, de formations au tir de missiles antiaériens portables ou encore de fusils de précision.

Ce nouvel enjeu permet de donner un sens à la crise économique que la population subit de plein fouet. « Cette posture de guerre leur est profitable pour le moment, compte tenu de l’impasse sur de nombreux fronts : diplomatique, économique et politique », analyse Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient au sein du think tank londonien Chatham House, pour le Wall Street Journal. « Une nouvelle guerre permettrait à la République islamique de sortir de l’impasse dans laquelle elle s’est enfermée », ajoute-t-elle

La menace d’attaques contre les autres pays de la région

Si l’Iran se sait trop faible pour aller à l’affrontement direct avec les Etats-Unis, le pays ne ferme pas la porte à mener des incursions terrestres sur le territoire de pays tiers. Dimanche 11 octobre, Mohsen Rezaei, haut responsable iranien en charge de la sécurité nationale, a ciblé les Emirats arabes unis. Il a aussi évoqué la possibilité d’attaquer des centres de données dans toute la région et des câbles internet.

Toujours selon les informations de nos confrères américains, Téhéran aurait averti « séparément » plusieurs responsables arabes de leurs intentions belliqueuses, en cas de reprise du conflit avec Washington. Parmi leurs cibles : des installations pétrolières saoudiennes alors même que l’aéroport de Riyad a été visé ce week-end par les houthistes, soutenus par l’Iran. D’ailleurs, si le président américain a condamné les frappes qui ont tué 13 personnes et en ont blessé des centaines, il n’a, pour l’heure, pas riposté militairement.

Toutefois, Trump a publiquement évoqué l’hypothèse de frapper le site nucléaire iranien de Pickaxe Mountain. L’armée américaine aurait, de son côté, d’ores et déjà envoyé vers le Moyen-Orient un troisième groupe aéronaval et une nouvelle unité expéditionnaire de Marines. Ce déploiement devrait être accompagné d’équipements de défense aérienne et de munitions supplémentaires sur les bases de la région. Les efforts mutuels des deux pays mettent en lumière l’impasse de cette guerre débutée à la fin du mois de février 2026, et responsable du blocage du détroit d’Ormuz.



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Author : Juliette Garnier

Publish date : 2026-10-13 19:03:00

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