Nouvelles alertes à la bombe dans le ciel européen. Ce jeudi 5 novembre, plusieurs compagnies aériennes ont été confrontées à une série de menaces visant leurs appareils, provoquant des déroutements, des atterrissages d’urgence et des interventions des forces de sécurité. De la France à la Bulgarie, en passant par l’Italie, la République tchèque et la Belgique, au moins douze vols ont été perturbés. Parmi les compagnies concernées figurent notamment Aer Lingus, Finnair, Wizz Air et LOT Polish Airlines. Aucune des menaces n’avait été confirmée à la mi-journée. Cette nouvelle vague intervient seulement deux jours après des alertes similaires ayant touché au moins sept avions et un navire de croisière à travers l’Europe.
Des avions déroutés ou escortés par des chasseurs
En France, un Airbus A320 de la compagnie irlandaise Aer Lingus, qui assurait le vol EI402 entre Dublin et Rome, a été contraint de changer de trajectoire après une alerte à la bombe. L’appareil a finalement atterri sans encombre sur la base aérienne d’Évreux, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Paris, a indiqué la compagnie dans un communiqué. Selon le cabinet de Sébastien Lecornu, les 151 passagers et les six membres d’équipage ont été mis en sécurité, tandis que des équipes de déminage intervenaient sur l’appareil. La situation était suivie par les services du chef du gouvernement. D’après le site de suivi des vols Flightradar24, l’avion avait fait demi-tour près de Paris et tournait au-dessus de la région d’Évreux après avoir déclaré une situation d’urgence en vol.
La Bulgarie a également été touchée par plusieurs menaces. Trois avions ont été contraints d’atterrir dans le pays, selon les médias locaux citant des membres du gouvernement. Deux appareils, en provenance respectivement de Copenhague et de Madrid, ont atterri sans encombre à Sofia, a indiqué le ministre de l’Intérieur, cité par la chaîne bTV. Un troisième vol, parti de Londres, a été dérouté vers Plovdiv, la deuxième ville du pays.
Les alertes se sont multipliées dans d’autres pays européens. En République tchèque, quatre avions à destination de Prague ont été visés par des menaces à la bombe. La police, qui jugeait leur crédibilité faible, a néanmoins déclenché les procédures de sécurité nécessaires. « Nous ne sous-estimons pas la menace, raison pour laquelle toutes les mesures de sécurité nécessaires ont été activées, avec un impact minimal sur les passagers et les activités de l’aéroport », a-t-elle indiqué sur X. Les quatre appareils ont fait l’objet d’inspections après leur atterrissage. Aucun explosif n’a été découvert, a rapporté l’agence de presse CTK, citant un porte-parole de la police.
En Italie, un vol Finnair reliant Helsinki à Rome a dû être escorté par des avions de chasse de l’armée de l’air italienne jusqu’à l’aéroport de Fiumicino. L’appareil a atterri normalement, selon un porte-parole de la compagnie. L’alerte n’a entraîné aucune perturbation du trafic aérien dans la capitale italienne. « Toutes les opérations de vérification et de contrôle ont été achevées avec des résultats négatifs, sans aucune incidence sur le fonctionnement normal de l’aéroport », a précisé l’exploitant aéroportuaire ADR. Un autre vol Finnair, également en provenance d’Helsinki mais opéré par Jettime, a atterri normalement à Vienne après avoir reçu une alerte à la bombe.
La compagnie polonaise LOT a, elle aussi, été confrontée à plusieurs incidents. Son vol LO235, reliant Varsovie à Bruxelles, a fait l’objet d’un signalement concernant une menace potentielle. L’équipage a procédé à une inspection de l’appareil, conformément aux procédures de sécurité, sans découvrir d’objet suspect. Après son atterrissage à Bruxelles, une seconde inspection menée par les services de sécurité n’a révélé aucun objet dangereux. Un autre vol LOT, à destination de Paris, a été immobilisé alors qu’il roulait vers la piste de décollage. Ses passagers ont ensuite été transférés vers un autre appareil par mesure de précaution.
De leur côté, les médias italiens ont rapporté qu’un vol Wizz Air reliant Milan à Varsovie avait dû se poser à Vienne en raison d’une alerte à la bombe. Un autre appareil de cette compagnie, qui reliait Milan à Bucarest, a également été visé. Selon les services de renseignement roumains, l’avion a toutefois pu atterrir sans encombre dans la capitale roumaine.
Une première vague d’alertes à la bombe mardi
Ces incidents surviennent deux jours après une première série de menaces ayant perturbé le trafic aérien européen. Mardi 3 novembre, au moins sept avions et un navire de croisière avaient fait l’objet d’alertes à la bombe. Aucun engin explosif n’avait été découvert, malgré les inspections et les mesures de sécurité déployées dans plusieurs aéroports. Quatre vols de la compagnie Ryanair avaient notamment été visés.
D’autres compagnies avaient également été touchées. Un avion Wizz Air reliant Milan-Bergame à Sofia avait atterri sans incident avec 176 passagers, tandis qu’un vol LOT en provenance de Londres avait été dérouté vers l’aéroport de Varsovie-Modlin, provoquant sa fermeture temporaire. Un appareil de SAS reliant Copenhague à Varsovie avait, de son côté, été inspecté après son atterrissage à l’aéroport Chopin. La veille, lundi 2 novembre, un vol Wizz Air reliant Londres à Sofia avait déjà été dérouté vers Budapest et escorté par un avion de chasse Gripen hongrois.
Pour l’heure, aucun pays n’a désigné de responsable de ces menaces. Elles interviennent toutefois dans un contexte de préoccupations croissantes autour des attaques hybrides en Europe, dont certains responsables européens accusent la Russie et l’Iran d’en être à l’origine. Moscou et Téhéran démentent toutefois mener de telles campagnes. Cette semaine, des pirates informatiques non identifiés ont également mis hors service les systèmes de réfrigération de supermarchés dans plusieurs pays européens.
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Author : Par Aurore Maubian avec Reuters
Publish date : 2026-11-05 12:18:00
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