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Menaces, pressions… Aux Etats-Unis, une vague de départs d’élus républicains inquiète le camp MAGA

Menaces, pressions… Aux Etats-Unis, une vague de départs d’élus républicains inquiète le camp MAGA

C’est une démission qui a fait l’effet d’une petite bombe dans le camp de Donald Trump. Le 21 novembre dernier, l’une des plus virulentes représentantes du mouvement MAGA (Make America Great Again), Marjorie Taylor Greene, a quitté le Congrès américain, après avoir ouvertement critiqué la gestion de l’affaire Epstein par le président américain. Si ce dernier l’a désavouée en retour, il est pour autant de plus en plus contesté dans ses rangs, au point que 41 élus républicains à la Chambre, sur 435, prévoient de ne pas se représenter en novembre 2026, un chiffre inhabituellement élevé à un an de l’échéance.

« La lune de miel est finie », a commenté auprès de l’AFP Andrew Koneschusky, ex-conseiller parlementaire du chef démocrate Chuck Schumer, pour qui certains républicains sont aujourd’hui profondément déçus par la seconde administration Trump. Parmi les griefs, l’ancien politique cite « la crise croissante du coût de la vie », « la concentration du pouvoir dans l’exécutif », « la diminution des pouvoirs du Congrès » ou, là encore, l’affaire du criminel sexuel Jeffrey Epstein, l’administration Trump ayant longtemps tergiversé avant de promulguer une loi contraignant à rendre public l’ensemble des documents relatifs au dossier.

Interrogé par Axios, le représentant du Nebraska, Don Bacon, qui prendra sa retraite en 2027, a quant à lui déclaré être « tellement en colère » contre le plan de paix pour l’Ukraine proposé par Donald Trump la semaine dernière qu’il avait « envisagé » de démissionner. Le document, qui comportait 28 points, prévoyait notamment la cession par l’Ukraine de territoires n’étant même pas occupés par la Russie et son renoncement à intégrer l’Otan, des propositions qui ont suscité un tollé à l’international. « Nous détestons […] jeter l’Ukraine, qui aspire à la liberté et à l’indépendance, sous le bus de Poutine », a écrit Don Bacon sur les réseaux sociaux, dénonçant un « plan de reddition […] écœurant ». Le sénateur du Kentucky Mitch McConnell a pour sa part estimé que le président russe Vladimir Poutine avait « passé l’année à faire passer Trump pour un imbécile », enjoignant le président américain à trouver de nouveaux conseillers.

Une explosion des menaces

Au-delà de la politique menée par Donald Trump, les parlementaires assurent que les menaces à leur encontre ont explosé, notamment après l’assassinat du militant conservateur Charlie Kirk. « C’est éprouvant », concède à Axios le représentant du Tennessee, Tim Burchett, assurant que cette violence avait pesé dans la décision de certains membres de quitter leurs fonctions – Marjorie Taylor Greene l’ayant elle-même évoqué. « Vous ne pouvez pas exercer un jugement politique indépendant sans risquer des représailles », appuie Andrew Koneschusky, évoquant les pressions en interne que subissent aussi les élus. « De nombreux républicains semblent estimer n’avoir que deux options : accepter ou se retirer de la scène », poursuit le consultant politique, et ce alors que Donald Trump multiplie les décrets, fragilisant encore le pouvoir des deux chambres.

Dans son communiqué de quatre pages, Marjorie Taylor Greene avait dénoncé ce « complexe politico-industriel » plus enclin à servir les élites que les électeurs américains, et fustigeait le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, plus occupé selon elle à soumettre au vote des projets de loi dénués de sens et à tester la loyauté des élus, qu’à réellement mettre en application les promesses de campagne de Donald Trump. « Le moral n’a jamais été aussi bas », a soutenu un autre membre de la majorité à Punchbowl News, évoquant une « bombe à retardement ». Car avec une petite poignée seulement de sièges d’avance à la Chambre – actuellement de 219 contre 213 -, le parti présidentiel ne peut se permettre de perdre beaucoup d’élus.



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Publish date : 2025-11-29 09:51:00

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