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Ce que l’on sait des explosions au Venezuela

Ce que l’on sait des explosions au Venezuela

De multiples explosions ont secoué ce samedi 3 janvier la ville de Caracas, au Venezuela, où des colonnes de fumée noire et des avions étaient visibles, d’après des témoins de Reuters et des images circulant sur les réseaux sociaux. Le courant est coupé dans plusieurs secteurs de la ville, et le président Nicolas Maduro accuse les Etats-Unis d’en être responsables. L’Express fait le point sur la situation.

· Des explosions à plusieurs endroits de la ville

Dès 2 heures du matin, des avions et des bruits forts ont été entendus dans plusieurs endroits de Caracas, la capitale, et une colonne de fumée était visible, ont rapporté des témoins de Reuters. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent de grands incendies avec des dégagements de fumée, et l’agence américaine AP a dénombré au moins sept explosions, tout en mentionnant le vol d’appareils à basse altitude.

Certaines ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP, sous couvert d’anonymat. D’autres habitants ont dit avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Toujours selon Reuters, une panne de courant affectait le sud de la ville, à proximité d’une importante base militaire. Pour l’heure, les causes et les lieux précis des incidents ne sont pas connus.

· Une agression des Etats-Unis ?

Très vite, le Venezuela a dénoncé une « très grave agression militaire perpétrée par […] les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens », dans un communiqué partagé par le ministère des Affaires étrangères. Ces attaques, précise-t-il, ont été commises « dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas ».

« Cet acte constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies, en particulier de ses articles 1 et 2, qui consacrent le respect de la souveraineté, l’égalité juridique des États et l’interdiction du recours à la force, dénonce le communiqué. Une telle agression menace la paix et la stabilité internationales, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes, et met gravement en danger la vie de millions de personnes », poursuit-il, alors que Nicolas Maduro a ordonné l’état d’exception et a appelé à la « mobilisation ».

Ces accusations ne sortent pas de nulle part, car Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mener des opérations terrestres au Venezuela. Selon Reuters, sans détailler publiquement ses objectifs, le dirigeant américain a fait pression en privé sur son homologue vénézuélien pour qu’il quitte le pays, car ce dernier est accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Lundi, Trump a même déclaré qu’il serait « judicieux » pour Maduro de quitter le pouvoir, et a affirmé que les jours du président vénézuélien étaient « comptés ».

Interrogé par Reuters, le Pentagone a renvoyé vers la Maison-Blanche, qui s’est refusée à tout commentaire. Un responsable américain aurait toutefois confirmé l’implication de son pays. Selon un message sur X de la journaliste de CBS, Jennifer Jacob, l’administration Trump était dans tous les cas au courant des explosions entendues à Caracas au moment où elles ont eu lieu.

· Que se passe-t-il entre les deux pays ?

Depuis plusieurs mois, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région, avec notamment un porte-avions, des navires de guerre et des avions de chasse de pointe stationnés dans les Caraïbes. Donald Trump a mené plus d’une vingtaine de frappes contre des navires, responsables, selon lui, du trafic de drogue dans l’océan Pacifique et la mer des Caraïbes, qui déboucherait sur l’importation de produits stupéfiants aux Etats-Unis.

La semaine dernière, le président américain a déclaré que les États-Unis avaient « frappé » une zone du Venezuela où des bateaux transportent de la drogue, marquant ainsi la première opération terrestre connue menée par Washington au Venezuela depuis le début de cette campagne de pression.

De nombreux pays ont condamné ces attaques, les qualifiant d’exécutions extrajudiciaires, et le gouvernement de Nicolas Maduro a toujours nié toute implication dans le trafic de stupéfiants.



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Publish date : 2026-01-03 09:18:00

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