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Dans les halles désaffectées de West Smithfield, le pari architectural du London Museum

Dans les halles désaffectées de West Smithfield, le pari architectural du London Museum


Il compte parmi les plus importants projets culturels en cours de construction sur le continent européen. Pour partie en voie d’achèvement, le London Museum affiche clairement son ambition : devenir une destination de renommée mondiale et une vitrine de la réutilisation adaptative de sites patrimoniaux. Déployées au nord-ouest de Londres, les halles désaffectées de West Smithfield sont ainsi en passe de se métamorphoser en complexe muséal durable dans un secteur historique de la métropole : tour à tour cimetière romain, lieu d’exécution, foire aux bestiaux et source d’inspiration pour Charles Dickens, le quartier de Smithfield doit sa réputation à son grand marché couvert, cœur battant de la City à travers les siècles.

C’est dans ce haut lieu du commerce viandard que le London Museum, dont les collections sont dédiées à l’histoire de la capitale, du paléolithique à l’époque moderne, a choisi de s’implanter. Il se répartira entre deux bâtiments, réhabilités par les bureaux d’architectes Stanton Williams, Asif Khan et Julian Harrap. Le vieux Marché général abritera les galeries permanentes du futur musée et ouvrira ses portes au public dès la fin 2026 au terme d’un chantier titanesque. L’édifice au plafond en forme de dôme caractéristique de l’époque victorienne menaçant ruine, il a fallu nettoyer en profondeur les 10 000 mètres carrés de briques rouges et de pierre, renforcer les toitures et mettre au jour un vaste réseau de voûtes souterraines, jadis un immense dépôt de marchandises desservi par la Great Northern Railway, aujourd’hui longé par une ligne de train sous tension en activité, désormais visible depuis le musée, grâce à une fenêtre aménagée dans l’ancien magasin de sel.

Les deux édifices, bientôt reliés par un passage couvert, sont restaurés sur le modèle de l’économie circulaire.

Le marché aux volailles, l’autre bâtiment, bientôt relié au premier par un passage couvert, deviendra l’espace d’expositions temporaires de l’institution, auquel les visiteurs n’auront pas accès avant 2028. Cette construction de béton, de verre et de cuivre, véritable prouesse d’ingénierie réalisée au mitan du XXe siècle, est coiffée d’une coque autoportante de 70 mètres sur 40, la plus grande d’Europe lors de son inauguration en 1963.

Comme son voisin, le Pouldry Market a été restauré dans le respect de son architecture d’origine, avec la volonté d’en faire un champion de l’économie circulaire. « Notre objectif a été de préserver 70 % du tissu existant sur l’ensemble du site », revendique Sharon Ament, la directrice du London Museum. A moins de douze mois de sa première phase d’ouverture, le lieu s’annonce déjà comme l’une des dix principales attractions touristiques de la capitale britannique.



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Author : Letizia Dannery

Publish date : 2026-01-04 08:30:00

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