C’est une première dans l’histoire des Etats-Unis. Jamais un ancien président n’avait été forcé de comparaître devant une commission au Congrès. Bill Clinton a changé la donne vendredi : il a dû s’expliquer, pendant six heures et à huis clos, sur ses liens avec Jeffrey Epstein. S’il a bien reçu le pédocriminel à la Maison-Blanche (17 fois) et voyagé dans son jet privé (27 fois), il ignorait tout, a-t-il dit, de ses agissements. Quant à son épouse Hillary, auditionnée la veille, Bill Clinton a assuré qu’elle n’avait rien à voir avec le prédateur sexuel.
Pas de complaisance
Le président de la commission James Comer (membre du parti Républicain) a déclaré que l’ex-président démocrate avait été « très coopératif » et tenté de répondre à chaque question posée, concernant notamment des photos compromettantes, même lorsque son avocat lui disait de se taire. « Non seulement je n’aurais pas pris son avion si j’avais eu le moindre soupçon de ce qu’il faisait, mais je l’aurais dénoncé moi-même et j’aurais mené la campagne pour que justice soit faite pour ses crimes, et non pour des arrangements à l’amiable », a assuré Bill Clinton devant la commission.
Après avoir résisté pendant des mois, dénonçant une convocation plus politique que judiciaire, l’ancien locataire de la Maison-Blanche, qui dit avoir rompu tout lien avec Jeffrey Epstein en 2006, a finalement accepté de se prêter à cet exercice. L’audience a été rythmée par de nombreuses questions, dont beaucoup de la part du camp démocrate lui-même.
L’ombre de Donald Trump
Les démocrates espèrent que l’audition de l’ancien président puisse créer un précédent – une sorte de « règle Clinton », selon le député Ro Khanna – pour obtenir une comparution de Donald Trump. Deux autres personnalités de l’administration actuelle sont également dans leur viseur : la procureure générale des Etats-Unis, Pam Bondi, accusée d’avoir volontairement omis de publier certaines archives liées à Jeffrey Epstein, et le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, qui a menti en dissimulant son voyage sur l’île privée du financier.
« Il est temps pour le président de répondre aux questions sur les dossiers du département de la justice qui manquent, la raison de la dissimulation organisée par la Maison-Blanche, et la raison pour laquelle cette administration continue à appeler l’enquête un canular », a expliqué le chef de file des démocrates au sein de la commission Robert Garcia à la presse. Une déclaration aussitôt corroborée par Suhas Subramanyam : « Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président », a estimé l’élue démocrate de Virginie.
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Publish date : 2026-02-28 11:35:00
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