Une victoire, loin d’être encore décisive, mais inattendue. Et encourageante pour les démocrates. Ce mardi 19 mai, ces derniers ont réussi à faire avancer leur projet de résolution au Sénat, avec 50 voix contre 47, pour empêcher le président Trump d’ordonner de nouvelles frappes contre l’Iran. Alors que leurs précédentes tentatives n’avaient reçu l’appui que d’un seul sénateur républicain (Rand Paul, élu du Kentucky), et avaient donc échoué, ils ont bénéficié cette fois du soutien de quatre d’entre eux (un démocrate a voté contre la résolution). Parmi ces derniers, on relève le nom de Bill Cassidy, élu de Louisiane dont Donald Trump s’est bruyamment réjoui de la défaite lors des primaires pour sa réélection le week-end dernier ; Cassidy avait voté il y a cinq ans en faveur de la condamnation de Donald Trump lors de la procédure de destitution liée à l’insurrection du 6 janvier 2021, et ce dernier, pas qu’un peu rancunier, lui a mis des bâtons dans les roues sous la forme de soutien à un concurrent.
La résolution portée par les démocrates s’appuie sur la Loi sur les pouvoirs de guerre de 1973, qui stipule que le président ne peut pas s’engager dans une guerre de plus de soixante jours sans l’accord du Congrès. Le cap a été franchi le 1er mai mais Donald Trump a contourné cette législation en décrétant que le conflit en Iran était terminé… alors même qu’un blocus des ports iraniens perdure et qu’il menace de reprendre les bombardements. « Ce président est comme un enfant en bas âge qui joue avec une arme chargée, a déclaré au Sénat Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate. S’il y a bien un moment pour soutenir notre résolution sur les pouvoirs de guerre visant à retirer nos troupes de confrontations avec l’Iran, c’est maintenant. »
64 % des Américains opposés à la guerre
La bataille est toutefois loin d’être gagnée pour les démocrates. La résolution doit encore subir deux votes au Sénat, et une présence de trois républicains absents lundi pourrait suffire à l’arrêter – ceux-ci se verront certainement rappeler à leur devoir par le président, coutumier des coups de pression. Il faudrait ensuite qu’elle soit adoptée à la Chambre des représentants, où les républicains disposent d’une courte majorité. Quand bien même cette étape serait-elle franchie, Donald Trump pourrait y opposer un veto.
Mais la mini-victoire de lundi n’en demeure pas moins un indicateur éloquent de l’impopularité de la guerre déclenchée fin février. « En Louisiane, j’ai entendu des gens, y compris des partisans du président Trump, qui s’inquiètent de cette guerre, a écrit Bill Cassidy sur X. Tant que l’administration n’aura pas apporté de précisions, aucune autorisation ni prolongation du Congrès ne pourra être justifiée. » Les sondages, de fait, sont sans équivoque : celui du New York Times la semaine passée indiquait que 64 % des Américains estimaient que leur président avait pris la mauvaise décision en attaquant l’Iran. Une réaction qui s’explique pour partie par les nombreux contrecoups que subit la population outre-Atlantique, avec une inflation repartie à la hausse, particulièrement sur l’essence.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-iran-un-premier-revers-au-senat-pour-donald-trump-3RPY4YJTSFCELNH7TLZRVXHCUE/
Author :
Publish date : 2026-05-20 07:30:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.