L’Express

Guerre en Ukraine : Angela Merkel, Mario Draghi… Qui pour parler à Poutine au nom de l’Europe ?

Guerre en Ukraine : Angela Merkel, Mario Draghi… Qui pour parler à Poutine au nom de l’Europe ?

L’Europe estime que le temps est venu de reprendre langue avec Vladimir Poutine, et les dirigeants des Vingt-Sept jugent qu’Angela Merkel et Mario Draghi sont les mieux placés pour ce faire. C’est ce que révèle le Financial Times ce mercredi 20 mai, qui précise que les profils des candidats seront évalués à Chypre la semaine prochaine lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères. Washington, qui mène des discussions de son côté mais a déjà fort à faire avec le conflit avec l’Iran, ne serait pas opposée à cette initiative.

L’Europe a coupé les ponts sur le plan diplomatique avec Moscou à la suite de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, ne laissant place qu’à des initiatives personnelles – Emmanuel Macron a ainsi reparlé à Poutine en juillet dernier, et appelait à le faire en décembre. Mais les Vingt-Sept redoutent que des négociations menées par les seuls Etats-Unis soient trop favorables à l’agenda de Moscou. D’autres noms ont été suggérés, ceux du président finlandais Alexander Stubb, en bons termes avec Trump, et de son prédécesseur Sauli Niinistö. Mais les profils des Finlandais sont compliqués par la rancœur que nourrit la Russie à l’égard d’Helsinki, qui, à la suite de la guerre déclenchée par Moscou, a abandonné sa neutralité historique pour rejoindre l’Otan.

Une figure respectée

Mario Draghi est une figure respectée, rompue aux arcanes des négociations de par son passé à la tête de la Banque centrale européenne (2011-2019) et ses années comme président du Conseil italien (2021-2022). Angela Merkel jouit d’une certaine stature morale mais pourrait pâtir de ses choix politiques passés, qui avaient accru la dépendance énergétique de l’Allemagne à l’égard de la Russie. S’exprimant lors d’une conférence de presse lundi, l’ex-chancelière a regretté que l’Europe ne soit pas associée jusqu’alors aux négociations avec Poutine. Elle a déclaré que, s’il « serait une erreur » de sous-estimer le dirigeant russe, il serait tout aussi erroné de minimiser les « propres capacités » de l’Europe. A la question de sa propre intervention, elle a répondu que d’autres étaient probablement mieux placés qu’elle et souligné que le maître du Kremlin ne prendrait au sérieux que des dirigeants en exercice. Ce dernier ne semble pas hostile à discuter avec l’Europe, il a même récemment proposé le nom de son vieil ami Gerhard Schröder, le prédécesseur de Merkel… Une proposition vite balayée par les Européens et par Kiev. Toujours encline à enfoncer un coin dans l’unité européenne, Moscou pourrait en revanche privilégier un dialogue avec une grande puissance européenne plutôt qu’avec l’UE dans son ensemble.

Kiev est pour sa part pleinement favorable à la démarche de l’Union. A l’issue d’un entretien téléphonique avec Antonio Costa, le président du Conseil européen, Volodymyr Zelensky a déclaré : « Nous sommes tous deux d’accord pour dire que l’Europe doit être associée aux négociations. Il est important qu’elle ait une voix et une présence fortes dans ce processus, et il convient de déterminer qui représentera concrètement l’Europe. Nous espérons que l’Europe fera preuve de fermeté et, pour notre part, nous mettons tout en œuvre pour que les positions et les intérêts paneuropéens soient pris en compte, au même titre que ceux de l’Ukraine. » La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE sera également l’occasion de discuter des exigences de l’Europe et de ses relations avec la Russie après le conflit, des lignes rouges à définir pour un éventuel règlement de la guerre en Ukraine. La désignation d’un interlocuteur n’est donc que la première étape d’un long processus.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-angela-merkel-mario-draghi-qui-pour-parler-a-poutine-au-nom-de-leurope-ST46F6EIZRF2ZO4TW747RLTMDY/

Author :

Publish date : 2026-05-20 10:07:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Tags : L’Express
Quitter la version mobile