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L’ancien président cubain, Raul Castro, inculpé aux Etats-Unis pour meurtre

L’ancien président cubain, Raul Castro, inculpé aux Etats-Unis pour meurtre

L’ancien président cubain Raul Castro a été inculpé aux Etats-Unis pour meurtre, selon des documents judiciaires révélés mercredi, dans ce qui constitue une escalade majeure de la pression exercée par Washington sur le gouvernement communiste de l’île. L’acte d’accusation, rendu par un tribunal fédéral de Miami le 23 avril, l’accuse de complot en vue de tuer des ressortissants américains, de meurtre et de destruction d’aéronefs. Cinq autres personnes sont également mises en cause.

Les charges découlent d’un incident survenu en 1996, au cours duquel des avions de chasse cubains avaient abattu deux avions appartenant à Brothers to the Rescue — « Frères au secours » —, une organisation d’exilés cubains basée à Miami dont la mission déclarée était de porter assistance aux Cubains fuyant l’île par la mer. Les quatre hommes à bord avaient péri. C’est lors d’une cérémonie organisée à Miami en hommage aux victimes que le procureur général par intérim, Todd Blanche, a annoncé les poursuites. « Mon message est clair : les États-Unis et le président Trump n’oublient pas leurs citoyens », a-t-il déclaré sous les applaudissements d’une salle comble de responsables gouvernementaux et de Cubains-Américains.

Raul Castro, né en 1931, était ministre de la Défense au moment des faits. Le gouvernement cubain a toujours soutenu que l’attaque constituait une réponse légitime à une intrusion dans son espace aérien. Fidel Castro avait déclaré à l’époque que les militaires avaient agi conformément à des « ordres permanents », ajoutant que son frère n’avait pas donné d’ordre de tir spécifique. L’Organisation de l’aviation civile internationale a ultérieurement conclu que l’interception avait pourtant eu lieu au-dessus d’eaux internationales. En 2003, le département américain de la Justice avait déjà inculpé trois officiers militaires cubains dans cette affaire, sans qu’aucun ne soit jamais extradé.

Cuba, un « État voyou »

Cette inculpation intervient alors que le président Donald Trump pousse ouvertement à un changement de régime à Cuba, gouvernée par les communistes depuis la révolution menée par son défunt frère Fidel Castro en 1959. Elle marque un nouveau point bas dans les relations entre les deux anciens rivaux de la Guerre froide, brièvement réchauffées sous Barack Obama avant que Donald Trump n’adopte, dès son premier mandat, une ligne bien plus dure.

Dans un communiqué publié mercredi, Donald Trump a qualifié Cuba d' »État voyou abritant des forces militaires étrangères hostiles », inscrivant les actions de son administration dans un effort plus large pour étendre l’influence américaine dans l’hémisphère occidental. « Des côtes de La Havane aux rives du canal de Panama, nous chasserons les forces de l’illégalité, du crime et de l’empiètement étranger », a-t-il lancé lors d’une allocution à l’académie des garde-côtes de New London, dans le Connecticut.

En marge de la cérémonie à Miami, le secrétaire d’État Marco Rubio a proposé une aide de 100 millions de dollars à Cuba, imputant aux dirigeants de l’île les pénuries d’électricité, de nourriture et de carburant qui la frappent. Une offre aussitôt qualifiée de « cynique » par le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodríguez, qui a pointé « l’effet dévastateur » du blocus économique américain.

« Cuba est le prochain »

Le président cubain Miguel Díaz-Canel avait déclaré lundi que l’île ne représentait aucune menace, avertissant que toute action militaire américaine conduirait à un « bain de sang ». Des mots qui résonnent avec les menaces proférées en mars par Trump, affirmant que Cuba serait « le prochain » après le Venezuela — en référence au raid militaire américain mené le 3 janvier sur Caracas, au cours duquel l’ex-président Nicolas Maduro, allié de La Havane, avait été capturé et transféré à New York pour y répondre d’accusations de trafic de drogue.

Âgé de 94 ans, Raul Castro est apparu publiquement à Cuba plus tôt ce mois-ci. Rien n’indique qu’il ait quitté l’île depuis lors, ni que le gouvernement accepterait son extradition. Le ministère cubain des Affaires étrangères n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.



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Publish date : 2026-05-20 18:52:00

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