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Négociations avec l’Iran : Donald Trump sous le feu des critiques de sénateurs républicains

Négociations avec l’Iran : Donald Trump sous le feu des critiques de sénateurs républicains

Les mots n’ont pas été très amènes. Alors que s’esquissaient, au cours du week-end, les contours d’un accord avec l’Iran qu’ils estimaient trop favorable à Téhéran, plusieurs sénateurs républicains ont eu des réactions pour le moins circonspectes. Président de la commission des forces armées du Sénat, Roger Wicker a ainsi écrit sur X que « tout ce qui a été accompli dans le cadre de l’opération « Epic Fury » serait réduit à néant [avec pareil accord] ». Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud et pourtant proche de Donald Trump, a déclaré sur le même réseau : « Si la région a l’impression qu’un accord avec l’Iran permet au régime de survivre et de devenir plus puissant au fil du temps, nous aurons jeté de l’huile sur le feu des conflits au Liban et en Irak. »

Le président américain a semblé effectuer alors une sorte de rétropédalage ; après avoir estimé imminente samedi la signature de l’accord, Donald Trump a écrit dimanche sur Truth Social : « J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur. Les négociations ne sont même pas encore terminées. Alors n’écoutez pas ces perdants qui critiquent quelque chose dont ils ne savent rien. »

Parmi les pistes révélées par le site Axios figuraient les points suivants : le cessez-le-feu serait prolongé de soixante jours, au cours desquels Téhéran s’engagerait à rouvrir le détroit d’Ormuz en échange du déblocage de ses ports par l’armée américaine, de la possibilité d’exporter son pétrole, et du dégel de ses avoirs bloqués aux Etats-Unis. Surtout, les discussions autour du stock d’uranium enrichi de l’Iran continueraient en parallèle ; elles seraient ajournées, en sorte.

« Une erreur désastreuse »

Thom Tillis, sénateur républicain de Caroline du Nord, y est allé de sa volée de bois vert sur CNN. « Il y a environ onze semaines, [le secrétaire à la Défense Pete] Hegseth et le ministère de la Défense nous ont dit qu’ils avaient anéanti les défenses de l’Iran et qu’il ne s’agissait plus que d’une question de temps avant que nous ne mettions la main sur les matières nucléaires. Et maintenant nous pourrions accepter que les matières nucléaires restent en Iran ? En quoi cela fait-il sens ? » Le sénateur texan Ted Cruz a renchéri sur X : « Si tout cela devait aboutir à un régime iranien — toujours dirigé par des islamistes qui scandent ‘Mort à l’Amérique’ — recevant désormais des milliards de dollars, capable d’enrichir de l’uranium et de développer des armes nucléaires, et exerçant un contrôle effectif sur le détroit d’Ormuz, alors ce résultat serait une erreur désastreuse ». Le plus virulent a été Mike Pompeo, secrétaire d’État de Donald Trump lors de son premier mandat, toujours sur X : « C’est simple : ouvrez ce fichu détroit [d’Ormuz]. Empêchez l’Iran d’accéder à l’argent. Détruisez suffisamment de capacités iraniennes pour qu’ils ne puissent plus menacer nos alliés dans la région. Il est grand temps. Allons-y. »

Quelques échanges d’amabilités ont suivi. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a répondu à Mike Pompeo qu’il « devrait fermer sa stupide bouche et laisser le travail aux vrais professionnels ». Alex Bruesewitz, conseiller de campagne de Trump, a lui accusé Ted Cruz de « tenter de nuire au président et à son administration ». Ce dernier a rétorqué que « les jeunes escrocs politiques qui prônent l’apaisement envers l’Iran n’aident en rien le président ».

Le mirage de la « capitulation inconditionnelle » de l’Iran

Cette tension au sein du camp présidentiel est révélatrice d’une chose : la « capitulation inconditionnelle » que Donald Trump exigeait en mars de l’Iran est un mirage. Et la marge de négociations de l’auteur de The Art of The Deal, qui déchira l’accord de l’administration Obama lors de son premier séjour à la Maison-Blanche, est en définitive bien étroite. A la faveur de son blocage du détroit d’Ormuz, Téhéran possède un atout majeur dans son jeu, avec lequel il a réussi à déstabiliser l’économie mondiale. La République islamique serait en outre en train de reconstituer certaines de ses capacités militaires affaiblies par les frappes américano-israéliennes, et notamment sa production de drones. Même s’il l’a brandi, un nouveau recours à la force aurait un coût politique majeur pour Donald Trump, alors que la guerre est très impopulaire parmi la population américaine et que les élections de mi-mandat se rapprochent.

Ces critiques pourraient avoir joué un rôle dans une contre-proposition surprise adressée lundi par Trump aux airs de contre-feu : que les pays du Golfe Persique, à commencer par l’Arabie saoudite et le Qatar, adhèrent aux accords d’Abraham et normalisent leurs relations diplomatiques avec Israël. Une initiative très utopique, mais que Lindsey Graham, cette fois, a jugé « carrément brillante ».



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Publish date : 2026-05-26 10:01:00

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