Si George Washington l’approuve, pourquoi pas la Cour suprême ? Peut-être est-ce le message que Donald Trump a voulu faire passer en publiant, dimanche 16 août sur son réseau Truth Social, une vidéo générée par intelligence artificielle, où on le voit déambuler dans ce qui ressemble à une salle de bal, en compagnie du premier président des États-Unis (1789-1797), tout sourire. Au-delà de l’anachronisme — George Washington n’a jamais officié à la Maison-Blanche — cette vidéo est le dernier épisode en date d’une communication tous azimuts de Donald Trump et ses conseillers pour défendre la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche. Le projet fait l’objet de vives critiques chez l’opposition démocrate, mais aussi de la part d’architectes, d’historiens, ou de défenseurs du patrimoine.
Superficie envisagée de plus de 8 000 m², coût estimé à plus de 900 millions de dollars… La démolition de l’aile Est engagée en octobre 2025 représente le plus grand chantier entrepris sur les lieux depuis plus d’un siècle. Mais les travaux ont été entrepris sans autorisation préalable. Par conséquent, de nombreux recours déposés devant les tribunaux, à différents échelons, ont fragilisé l’avancée du projet. Dès décembre 2025, le National Trust, un organisme non lucratif chargé par le Congrès de préserver le patrimoine national, demandait à la cour fédérale de suspendre le chantier tant qu’il n’aurait pas obtenu l’aval du Congrès et fait l’objet de contrôles.
Quelques mois plus tôt, un juge fédéral avait statué en ce sens, ordonnant la suspension des travaux. L’administration Trump avait aussitôt fait appel. Mais le 7 août, la Cour d’appel de Washington a confirmé la décision du juge fédéral et de nouveau ordonné la suspension des travaux, au plus tard au 21 août. Comme il l’avait annoncé dans ce cas de figure, Donald Trump a porté l’affaire devant la Cour suprême, vendredi 14 août. C’est la première fois que la plus haute juridiction du pays doit se prononcer sur un projet-phare du président.
Une salle de bal pour protéger d’une attaque ?
Le jour même, l’administration déployait des arguments inédits, parfois autophages, pour répondre aux critiques et justifier l’importance du projet. Alors qu’un projet séparé d’abri militaire sous la salle de bal avait été évoqué, Donald Trump a lié les deux sujets, évoquant une « salle de bal/complexe militaire ». Selon lui, les deux parties fonctionnent comme un tout et ne peuvent pas être construites séparément. Comme le relève le Washington Post, il vient ici contredire les déclarations de sa propre administration qui assurait, l’an dernier, que les deux chantiers pouvaient se faire séparément. Les tribunaux qui ont jugé l’affaire ont d’ailleurs accepté la demande de la Maison-Blanche de construire un abri souterrain.
Le même jour, le secrétaire à l’Armée Daniel P. Driscoll a transmis une déclaration écrite sous serment au Congrès, dans laquelle il défend, en des termes qui se veulent pointus, la nécessité de construire une salle de bal au-dessus de l’abri militaire. Il reprend à son compte les tentatives d’assassinat dont Donald Trump a fait l’objet pour imaginer une attaque de la Maison-Blanche : « Du point de vue du génie civil, cette couche extérieure contraint la détonation à se produire à une distance précise, créant un espace d’air critique appelé distance de sécurité. »
Enfin, le secrétaire d’État Marco Rubio, fidèle de Donald Trump, a justifié le projet en évoquant des « hébergements portables insalubres et dangereux, indignes de notre prestige national » qui seraient utilisés pour recevoir les visiteurs officiels de la Maison-Blanche. Selon le calendrier de l’administration, les travaux de la salle de bal doivent s’achever à l’été 2028, soit quelques mois avant la fin du mandat de Donald Trump. Mais c’est bien la justice qui décidera si oui ou non, ce dernier pourra y danser.
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Publish date : 2026-08-17 13:52:00
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