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Entre les pro et les anti-Bolloré, la bataille des ventes de livres


On sait que Vincent Bolloré n’est pas en odeur de sainteté chez les libraires, nombre d’entre eux appelant à boycotter la production du groupe Hachette, principalement les titres de la maison Fayard (qui publie Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Eric Zemmour et Marion Maréchal). Avant l’été, la sortie très médiatisée de La Légende, de Boualem Sansal, chez Grasset, a fait un flop : le livre en est à ce jour à 50 000 exemplaires vendus, ce qui est un excellent score dans l’absolu, mais un échec relatif quand on sait que Sansal a touché un million d’euros d’avance et que la campagne promotionnelle a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros.

En cette rentrée, l’homme d’affaires était attendu au tournant. Dans La Grande Evasion (Buchet-Chastel), un ouvrage collectif codirigé par Virginie Despentes, star historique de Grasset, une soixantaine d’auteurs reviennent sur la crise ouverte au printemps avec le limogeage d’Oliver Nora par ledit Bolloré. Parallèlement, Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe, journalistes au Nouvel Obs, lui consacrent une enquête, La Droite de Dieu. Vincent Bolloré, un milliardaire en mission (Les Arènes). Respectivement 6e et 11e des essais, La Grande Evasion et La Droite de Dieu avoisinent les 2 000 exemplaires chacun, au niveau de François Hollande, 12e avec Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Robert Laffont).

Entre les pro et les anti-Bolloré, la bataille des ventes de livres

Dans le même temps, la nouvelle égérie de Bolloré, Sarah Knafo, caracole en tête des ventes avec Le Casse du siècle (Fayard), déjà écoulé à… plus de 120 000 exemplaires en deux semaines. Ces chiffres stratosphériques laissent pantois. On sait d’expérience que Jordan Bardella et Philippe de Villiers ont un large lectorat (ils ont tous les deux dépassé les 200 000 exemplaires ces dernières années avec Ce que je cherche, Mémoricide ou Populicide), mais qui aurait pu prédire un tel succès au Casse du siècle, sorte de version moderne des livres kitsch que Jean Montaldo publiait déjà sous François Mitterrand ? A ce rythme, Sarah Knafo devrait bientôt faire mieux que la star de la new romance Morgane Moncomble (150 000 exemplaires pour La Révolte de la reine, chez Hugo Roman) et surtout que Gisèle Pelicot (plus de 200 000 exemplaires pour Et la joie de vivre, chez Flammarion).

Du côté des romans, derrière Morgane Moncomble (1ère avec La Vengeance de la veuve noire, toujours chez Hugo Roman), c’est là aussi un titre Hachette qui se distingue : Thélyson Orélien est 2e avec C’était ça ou mourir (Grasset), vendu à plus de 35 000 exemplaires et bien parti pour décrocher un grand prix d’automne si les jurés ne s’arrêtent pas à Bolloré.

A propos de prix, attention à Anne Godard, qui s’invite cette semaine à la 6e place, entre Yannick Haenel et Philippe Jaenada, avec Nous aussi (Actes Sud). Portée par une excellente rumeur, elle devrait atteindre ces jours-ci les 20 000 exemplaires. Certains parlent d’elle pour le Goncourt. Mais au Livre sur la place à Nancy, le week-end dernier, il se murmurait qu’Olivier Rolin revient dans la danse avec La Guerre éternelle (Gallimard), livre à côté duquel nous sommes passés et qui, pour le coup, n’apparaît pas encore dans notre classement. Affaire à suivre…



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Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

Publish date : 2026-09-18 14:34:00

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