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Placements : vigilance sur les produits structurés

Inscription à la salle de sport : check. Programme nutritionnel post-vacances : check. Rangement de la maison : check. Fini l’été, vous êtes paré pour la rentrée ! Mais qu’en est-il de votre argent ? Certes, en matière de patrimoine, les projets se pensent sur le long terme et il est préférable d’éviter les décisions hâtives et excessives. Remettre de l’ordre dans ses idées à échéances régulières demeure néanmoins une bonne idée. Une routine en trois étapes permet de vérifier que votre organisation patrimoniale est toujours adaptée. Un, vérifiez votre capacité d’épargne, notamment si vos rentrées d’argent ou vos dépenses ont évolué. Deux, questionnez la répartition de vos investissements sur les différentes catégories de placements en fonction du contexte. Trois, faites le point sur la performance de vos produits. Car l’environnement économique demeure mouvant : taux d’intérêt en hausse, marchés actions au sommet, immobilier en dents de scie… De nombreux défis attendent les épargnants dans les prochains mois. Anticiper permet d’affronter l’avenir avec sérénité.

Les produits structurés séduisent un nombre croissant d’épargnants. Les chiffres en témoignent : après un record de 60 milliards d’euros de souscriptions en 2025, les ventes continuent de progresser en 2026. « La France est le marché le plus dynamique en Europe », souligne Pauline Hampartzounian, directrice de Mirae, le pôle dédié aux produits structurés au sein du groupe Cyrus. Leur promesse est séduisante : chercher un rendement attractif tout en bénéficiant d’une protection partielle, voire totale, du capital à l’échéance du placement. Mais ces supports ne sont pas adaptés à toutes les situations et leur fonctionnement mérite d’être bien compris avant d’investir, afin d’éviter les mauvaises surprises.

Le principe est relativement simple. Il repose sur un scénario de marché (hausse d’un indice ou d’une action, baisse des taux d’intérêt…) auquel sont associés différents mécanismes de protection. L’investisseur bénéficie généralement d’un coussin de sécurité en cas de baisse modérée des marchés. Dans certains cas, le capital peut même être garanti à l’échéance, à condition de conserver le produit jusqu’à son terme. Cette protection a toutefois un prix : si les marchés s’envolent, l’investisseur ne profite que d’une partie de cette hausse, le rendement étant plafonné par les coupons prévus dans la formule.

Investir sur les actions avec une protection

L’un des principaux atouts de ces placements réside dans leur capacité à s’adapter à l’environnement économique. Actuellement une majorité de supports permettent de s’exposer aux actions tout en limitant le risque de baisses des marchés déjà fort valorisés. « Nous sommes à un stade où les indices sont au plus haut et où il existe beaucoup d’incertitudes, notamment sur le plan géopolitique, analyse Thomas Fonsegrive, dirigeant du courtier Marigny Capital. Les produits structurés revêtent un intérêt particulier dans ces moments-là. »

Ils reposent principalement sur de grands indices européens ou internationaux, plus diversifiés que des titres isolés. Les spécialistes recommandent toutefois d’éviter les formules bâties sur des secteurs déjà fortement valorisés, comme les semi-conducteurs. À l’inverse, certains secteurs temporairement délaissés peuvent offrir des conditions plus favorables pour construire des produits structurés, à l’instar de l’immobilier, l’aérien ou encore le luxe.

Autre point de vigilance : les indices dits « à décrément ». Leur fonctionnement consiste à remplacer les dividendes réellement versés par les sociétés par un prélèvement forfaitaire annuel. Cette technique va pénaliser la performance si les sociétés concernées coupent leurs versements tandis que le produit continue de les ponctionner. « A éviter sur des titres cycliques ainsi que sur des indices insuffisamment diversifiés, comportant moins de vingt valeurs », recommande Sofyane Hasni, cofondateur d’Artemis Investment Advisors.

Des placements complexes

Dans tous les cas, les produits structurés ont souvent une durée de vie assez longue : jusqu’à 10 ou 12 ans. Et même s’ils comportent une protection ou une garantie sur le capital à l’échéance, ils peuvent afficher une moins-value en cours de vie. Et parfois, sans espoir de retour à meilleure fortune. C’est ce qu’ont constaté certains investisseurs ayant souscrit des supports indexés sur Stellantis juste avant l’effondrement du titre. Dans ces cas de figure, il est important de faire un point avec son conseiller avant de prendre une décision. Car il est possible de revendre un produit structuré avant sa fin de vie. Cela peut être pertinent, même s’il est en moins-value, pour repartir sur un placement plus porteur, mais cela peut aussi conduire à cristalliser une perte non définitive. Avant toute décision, il est donc indispensable d’en analyser précisément les caractéristiques. Preuve que les produits structurés restent des placements complexes, dont tous les paramètres doivent être analysés en détail avant de souscrire.



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Author : Aurélie Fardeau

Publish date : 2026-09-28 08:00:00

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