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Royaume-Uni : la piste iranienne examinée après un « incident majeur » près d’une base militaire

Des barrages de police sur les chemins vicinaux, un robot démineur fouillant de larges camionnettes blanches au moyen de son bras articulé… Les images parvenues dimanche 27 septembre au matin sur les réseaux sociaux et dans la presse britannique donnaient à voir l’importance des événements qui se sont déroulés la nuit précédente à proximité de la base de la Royal Air Force de Fairford, dans l’ouest de l’Angleterre. Quelques heures plus tôt, la police britannique était intervenue sur un chemin de campagne proche du site militaire, procédant à l’arrestation de cinq hommes soupçonnés d’avoir commis des infractions à la législation sur les explosifs. Des faits rapidement qualifiés « d’incident majeur » par les autorités.

L’alerte a été donnée vers 1 heure du matin par une habitante de Whelford, un village jouxtant la base. Celle-ci, alors en train de rentrer chez elle, a aperçu trois camionnettes garées sur une route de campagne autour desquelles s’affairaient des hommes encapuchonnés. La police est arrivée sur les lieux 15 minutes plus tard. Très vite, les habitants des environs ont été évacués. Dimanche après-midi, le périmètre de sécurité autour du village a été élargi, empêchant quiconque de s’en approcher.

Un site utilisé pour les frappes en Iran

Située dans le Gloucestershire, à environ 160 kilomètres à l’ouest de Londres, la base de la Royal Air Force (RAF) de Fairford est une installation britannique régulièrement utilisée par l’armée de l’air américaine depuis un accord signé dans les années 1950. Les Etats-Unis y disposent de plusieurs infrastructures, dont le siège de la 501e escadre d’appui au combat de l’US Air Force. Fairford sert également de site avancé au Global Strike Command, le commandement chargé notamment des bombardiers lourds américains.

Depuis le mois de mars 2026 et le début de la guerre entre les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, la base a gagné en visibilité. L’ancien Premier ministre travailliste Keir Starmer avait à cette période donné son autorisation pour que Washington mène des actions « défensives » contre des sites de missiles iraniens à partir de deux bases britanniques, dont Fairford.

Sa piste, longue de près de trois kilomètres et renforcée pour accueillir des appareils de grande taille, permet notamment le déploiement de B-1 et de B-52. Ces bombardiers américains sont capables d’emporter d’importantes charges, notamment des bombes dites « bunker busters », conçues pour pénétrer des structures fortifiées et très utilisées sur le théâtre iranien. Ces derniers mois, il a ainsi été possible d’observer de lourdes bombes chargées à bord d’appareils américains.

L’hypothèse iranienne

Ce lundi après-midi, le chef de la police antiterroriste britannique, Laurence Taylor, a déclaré que les cinq hommes arrêtés, tous des ressortissants britanniques originaires de Londres et âgés d’une vingtaine d’années, seraient libérés sous caution, sous des conditions strictes, plus tard dans la journée. Une source proche de l’enquête a néanmoins déclaré à l’agence Reuters qu’un motif lié à l’Iran était considéré comme le plus probable, malgré un démenti de Téhéran. Cette hypothèse intervient alors que les responsables de la sécurité britanniques alertent depuis quelques mois sur le risque lié à une série de tentatives d’incendies criminels et de sabotages au Royaume-Uni et dans d’autres pays, attribuées à l’Iran. Ils ont précédemment averti que Téhéran pourrait élargir ses cibles au Royaume-Uni si les conflits au Moyen-Orient se poursuivent.

« Nous savons que l’Iran et ses mandataires veulent nous faire du mal. Nous savons qu’ils détestent notre démocratie, et nous savons que nous devons régulièrement contrecarrer les tentatives iraniennes de menacer soit nos intérêts, soit nos alliés », a déclaré lundi à la BBC le ministre de la Défense, Wes Streeting. D’autres hypothèses, notamment celle d’une opération de sabotage russe ou d’un complot islamiste, restent également envisagées.

De son côté, Donald Trump s’est félicité de l’arrestation des cinq hommes, affirmant que les suspects cherchaient à causer « de gros dégâts » à la base. Selon lui, les autorités américaines les surveillaient depuis un certain temps.

Selon des données publiées à la mi-septembre par le quotidien britannique The Independent, plus de 340 survols de sites militaires britanniques par des drones ont été recensés au cours des douze derniers mois. Ces incidents s’inscrivent toutefois dans un contexte plus large, marqué par la multiplication des actions de déstabilisation et des attaques hybrides en Europe.



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Publish date : 2026-09-28 15:36:00

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