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Blocus des lycées : « Jours de trouble », violences… La presse internationale raconte la colère en France

Les blocus des lycées en France ne passent pas inaperçus dans le reste du monde. Depuis mercredi, les journaux internationaux, de l’américain New York Times à l’espagnol El Mundo, en passant par l’allemand Der Spiegel et le britannique The Guardian, jusqu’à la télévision russe, tous se sont emparés de l’atmosphère qui règne devant de nombreux lycées en France.

Classes surchargées et infrastructures vétustes

The New York Times a fait le choix du reportage en Seine-Saint-Denis, indiquant qu’il s’agit d’une ville au cœur du mouvement de protestation qui a déferlé sur la France la semaine dernière. Dès les premières lignes, le quotidien explique que les lycéens « protestent contre les classes surchargées, les infrastructures vétustes et l’absentéisme des professeurs ». Un constat partagé par The Guardian, qui décrit « des adolescents bloquant leurs établissements pour dénoncer notamment les effectifs par classe, les pénuries de personnel et les emplois du temps jugés trop lourds ».

Le quotidien new-yorkais rappelle par ailleurs que « les difficultés rencontrées par la population de Seine-Saint-Denis, notamment immigrée, suscitent depuis longtemps des accusations de discrimination et d’inégalités dans l’éducation et les autres services sociaux ». « Nous manquons tellement de moyens que nous ne savons jamais quand l’étincelle jaillira », a déclaré Moustapha Saouré, professeur de droit et d’économie dans un autre lycée de la région, auprès du journal.

Au Japon, la chaîne ANN (All Nippon News) est allée à la rencontre d’élèves et professeurs devant un lycée bloqué en région parisienne : « Il y a 32 élèves par classe alors qu’on n’a que 25 chaises », explique un lycéen. « On a une infirmière pour 2 000 élèves, pas d’assistante sociale. Et du papier toilette, on n’arrive pas à en avoir », ajoute un autre. Pour le quotidien allemand Der Spiegel, les manifestations lycéennes exprimeraient quelque chose de plus grand encore : « les problèmes de société se cristallisent dans les lycées », écrit ainsi le journal qui décrit des jeunes « exaspérés par les politiques éducatives ». Une analyse partagée par l’espagnol El Pais qui relie la contestation aux « tensions sociales et budgétaires » et à la proximité de l’élection présidentielle, tout en mentionnant le bras de fer entre le gouvernement et La France insoumise sur l’encadrement politique du mouvement.

« Jours de troubles »

Au-delà des revendications des lycéens, la presse internationale n’a pas manqué de raconter les violences qui émaillent le mouvement depuis plusieurs jours. L’agence Reuters rapporte ainsi que « les manifestations se sont transformées dans certains endroits en affrontements violents » et qu’environ 400 établissements devaient rester fermés le vendredi 2 octobre. Selon le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, 1 207 lycées ont fait l’objet de perturbations depuis le début du mouvement. Tandis que pour le journal espagnol El Mundo, qui commence son article par les violences, « le portail calciné du lycée Roger-Verlomme, dans le XVe arrondissement de Paris, témoigne de la violence qui gronde en France ».

The New York Times indique à son tour que « des jours de troubles ont touché plus de 1 000 écoles à travers la France », avec « 3 000 arrestations, près de 400 policiers blessés » et 230 blessés également parmi les personnels de l’Education nationale et les élèves. De son côté, le quotidien espagnol El Mundo, pointe des dégâts « entre 25 et 30 millions d’euros » révélés par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui a annoncé son intention de facturer directement les parents. Et le journal de souligner que des professeurs se sont joints au mouvement en Seine-Saint-Denis, où « un calme relatif a été observé tout au long de la journée ».

« Force excessive » de la police

The Guardian note par ailleurs que « le gouvernement peine à gérer la pire crise depuis des mois, après avoir été pris au dépourvu par des manifestations massives » et rappelle que des étudiants ont accusé la police d’avoir fait usage d’une « force excessive et d’avoir causé des blessures en tirant régulièrement des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestations ». Une enquête est en cours après qu’un adolescent de 14 ans a subi de graves blessures à la bouche et à la mâchoire dans le Val-d’Oise, à la suite de coups qui lui auraient été portés par des policiers et d’un tir de lanceurs de balles de défense (LBD). L’avocat de la famille a déclaré que le garçon avait cru qu’il « allait mourir », rapporte le journal britannique.

L’agence de presse turque Anadolu relaie par ailleurs une prise de position d’Amnesty International France, qui dénonce l’usage de la force par la police française à l’égard des lycéens. De son côté, la chaîne américaine CNN souligne elle aussi des affrontements entre la police et les lycéens à travers la France dans des manifestations contre un système scolaire sous-financée, précisant que « bon nombre des manifestations dans les lycées sont pacifiques, mais les images d’incendies et de méthodes policières musclées dominent le débat public en France ». La chaîne met par ailleurs en exergue la déclaration de Nathanaël Combary, du syndicat étudiant Renouveau lycéen : « Nous nous dissocions de la violence urbaine, ce sont des gens qui ne sont pas là pour défendre nos demandes. »



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Author : Célia Cuordifede

Publish date : 2026-10-03 11:00:00

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