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En Espagne, des manifestations pour le droit au logement fragilisent le Premier ministre Pedro Sanchez

« Hacia la huelga general » (« vers la grève générale », en français) : c’est le mot d’ordre des manifestations organisées ce week-end dans plus de 50 villes en Espagne à l’appel de la Confédération des syndicats de locataires. À Madrid, la marche a débuté vers midi, ce samedi 3 octobre et aurait rassemblé 500 000 participants, selon le syndicat, 70 000, selon le gouvernement, rapporte le quotidien El Pais.

Certains manifestants sont dans les rues de Madrid, notamment à la Puerta del Sol, depuis huit jours pour protester, rapporte France 24. Toute cette colère est partie de l’expulsion d’une Madrilène octogénaire de son logement fin septembre. En quelques jours, elle est devenue le symbole de la crise du logement qui frappe l’Espagne depuis plusieurs années. Maricarmen Abascal, 87 ans, avait alors été chassée de l’appartement dans lequel elle vivait depuis sept décennies, après que la société immobilière qui l’avait acheté a voulu augmenter son loyer de 275 % (soit un loyer passant de 500 de 2 650 euros), raconte encore la chaîne française.

Crise politique

« Ce qui se respire dans les rues, c’est une nouvelle énergie, une énergie que nous n’avions pas vue depuis longtemps, une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste », a déclaré Valeria Racu, une des porte-parole du Syndicat de locataires, à l’origine du mouvement, dans une déclaration transmise à la presse samedi.

Ces nouvelles manifestations interviennent au lendemain du rejet par le Congrès espagnol des mesures d’urgence proposées par le gouvernement de Pedro Sanchez. Les deux décrets, qui avaient été adoptés en conseil des ministres, prévoyaient de prolonger jusqu’en 2030 la protection contre les expulsions des ménages vulnérables, mais aussi d’encadrer les locations saisonnières, de limiter les acquisitions de logements par les fonds d’investissement et de prolonger certains contrats de location. Les syndicats réclament de leur côté une baisse de 50 % des loyers, des baux à durée indéterminée, la fin des expulsions sans solution de relogement et l’expropriation des logements détenus par les fonds d’investissement, accusés d’être des « vautours ».

Prix du mètre carré doublé

Au deuxième trimestre 2026, le prix des logements a augmenté de 12,2 % sur un an en Espagne, selon l’Institut national des statistiques (INE). Et la hausse atteint 12,9 % pour les logements anciens.

En l’espace de dix ans, le prix moyen du mètre carré à la location a quasi doublé, atteignant 15,10 euros/m2 en août, selon le portail immobilier Idealista. En 2021, à la même période, le prix moyen du mètre carré était estimé autour de 10,50 euros. A Madrid et Barcelone, la moyenne tourne davantage autour de 23 euros et 20 euros le mètre carré. Dans le même temps, la Banque d’Espagne estime que la croissance du nombre de ménages dépasse celle de la construction neuve depuis 2021, alimentant un déficit de logements.

Selon plusieurs médias locaux, la crise prend une telle ampleur que l’exécutif pourrait convoquer des élections anticipées pour en sortir. En ce qui concerne les décrets sur le logement, c’est en partie l’opposition des sept députés indépendantistes catalans de Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) qui a mené la majorité. De quoi révéler, une fois de plus, « les fragiles équilibres de la majorité hétéroclite sur laquelle Pedro Sanchez s’appuie depuis sa réélection, en 2023 », souligne la correspondante du journal Le Monde à Madrid.



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Publish date : 2026-10-03 15:42:00

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