L’Express

Vladimir Poutine, ultragauche, terrorisme : ce que les patrons du renseignement français disent tout bas


Le monde des espions français a un côté Papouasie-Nouvelle-Guinée. Chaque tribu y conserve ses traditions, parfois son jargon abscons, comme ces sept « centres de mission » à la DGSE, des cellules d’expertise sur la Russie, la Chine ou le terrorisme, qu’on n’envisagerait pas d’appeler autrement que « plateaux » à la direction du renseignement militaire (DRM) ou « départements », dans la plus petite direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), passée en quelques années du statut de peuplade reculée à celui de cousin surprenant. Avec Dans le secret des services (Tallandier), son nouvel ouvrage à paraître le 5 novembre, le journaliste Jean-Christophe Notin nous invite en voyage dans ce pays d’ordinaire très fermé, au gré de douze entretiens palpitants avec les chefs des agences de renseignement françaises. Habitué du monde de la DGSE, l’enquêteur se frotte cette fois également au pragmatisme du général Alexandre Malo, patron de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle de la gendarmerie (SDAO) ou à l’approche cartésienne de l’énarque de Bercy Antoine Magnant, sorte d’Eliot Ness moderne, patron du très sensible service secret financier Tracfin.

Mais le véritable propos du livre est ailleurs. Au fil des interviews, se dessine un panorama inédit des menaces qui guettent la France. Il faudrait en isoler quatre. Le djihadisme, affaibli mais devenu un mal plus sournois, incarné par la figure du « loup solitaire » radicalisé sur les réseaux sociaux. Le terrorisme d’ultradroite, ensuite, une « menace montante », décrit Céline Berthon, la patronne de la DGSI, avant l’effroyable attentat de Trappes. Quant à la Russie, déterminée à déstabiliser profondément la France, elle figure « en bonne place » sur la liste des périls, dit le chef de la DGSE. L’ultragauche, à la manœuvre des saccages du 17 octobre, doit désormais être regardée comme un antagoniste de premier rang. Dans la bouche de ces « éclaireurs » du pouvoir politique, comme les nomme Notin, des adversaires plus rampants surgissent. Chine, Iran, narcotrafic, entrisme des Frères musulmans, pilleurs… Des déclarations parfois choc dont L’Express vous dévoile les coulisses et les sous-entendus.

Nicolas Lerner, DGSE : « Notre boulot, c’est de dire ce que Poutine a dans la tête »

Les espions, c’est fait pour espionner. Un des crédos de Nicolas Lerner est de se tenir à distance de ce qu’il appelle le debunk, c’est à dire des demandes de vérification des faits, dont le pouvoir politique est friand, comme des notes de pure analyse que pourrait rédiger le Quai d’Orsay. Il s’agit d’être capable de « délivrer encore plus de renseignement exclusif, à haute valeur ajoutée », explique-t-il à Jean-Christophe Notin. Ce qu’on appelle, dans le jargon des espions, du « brut ». D’où de nouveaux liens noués, avec le centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des Affaires étrangers ou des think tank comme l’Institut Montaigne et l’Ifri, afin de s’appuyer sur leur observation des stratégies russes. D’où, en parallèle, une réorientation des agents secrets vers plus d’infiltration politique, notamment sur la Russie.

Nicolas Lerner, le patron de la DGSE, le 13 novembre 2025.

Selon nos informations, Nicolas Lerner a récemment reconnu en petit comité que la France ne dispose pas d’une taupe de premier rang dans l’entourage direct de Vladimir Poutine ou de son homologue chinois Xi Jinping. En raison de la paranoïa de ces régimes, « travailler en Russie ou en Chine peut plus se faire dans les conditions d’antan », explicite-t-il. Alors la DGSE s’y prend autrement. En visant notamment les oligarques dans des pays proches, la Biélorussie, la Géorgie ou la Moldavie. Ou en ciblant l’entourage des plus proches de Poutine, afin de mieux discerner les débats du moment au Kremlin, voire dans le but d’identifier les conseillers « sur lesquels il faut s’appuyer », comme il le dit.

Général Jacques Langlade de Montgros, DRM : « Depuis trois ans, le temps joue en faveur de la Russie »

Le général Jacques Langlade de Montgros, désormais chef-d’état-major de l’armée de terre, s’est confié à l’auteur du Secret des services, juste avant son départ de la direction du renseignement militaire (DRM) en juillet dernier. Son analyse, froide, est celle d’un stratège. Elle ne flatte pas l’activisme français. Le gradé détaille les avantages russes par rapport à l’Ukraine : « La ressource humaine disponible, les stocks de matériels, la cohérence de leur BITD (industrie de défense, ndlr.) versus l’hétérogénéité des soutiens de l’Ukraine, et puis la verticalité de sa cohérence politique-militaire ». Autant d’éléments qui permettent à Moscou d’envisager un conflit encore long. La DRM, qui suit de près la « régénération de l’outil de défense russe », comme l’indique le général de Montgros, ne perçoit pas de signes d’une faillite de l’armée russe. Cette analyse claire n’exclut pas une fébrilité du Kremlin, confronté à une crise économique et lassé de stagner sur le front. « Nous ne pouvons écarter l’hypothèse qu’un jour nous nous trouvions en confrontation plus forte avec la Russie », prévient Nicolas Lerner.

Plus de deux ans avant l’attentat raté de l’aéroport de Leipzig, le 4 août, attribué par l’Allemagne à la Russie, une première alerte avait marqué le renseignement français : l’interpellation d’un Russo-Ukrainien, brûlé par une bombe qu’il avait confectionnée dans sa chambre d’hôtel à Roissy, au printemps 2024. Le suspect aurait été chargé de la poser aux abords d’un Bricorama, au petit matin. Céline Berthon, la directrice de la DGSI, y décèle « une volonté de commission soit d’un sabotage, soit d’un acte terroriste » de la Russie sur le territoire français.

Nicolas Lerner, DGSE : « Mes contacts avec le président sont très très réguliers »

Selon les informations de L’Express, Nicolas Lerner et Emmanuel Macron sont en contact direct plusieurs fois par semaine, de vive voix via leur téléphone crypté et quasi-quotidiennement par écrit. Une proximité héritée de l’époque où ils fréquentaient ensemble les bancs de l’ENA dans la promotion Senghor, entre 2002 et 2004, quasi-inédite sous la Ve République. « Nous échangeons beaucoup sur l’Ukraine, le Proche-Orient, l’Afrique, les grands enjeux technologiques », détaille le patron de la DGSE dans Le secret des services.

Son arrivée à la tête du renseignement extérieur, en janvier 2024, s’est accompagnée d’une montée en puissance des opérations clandestines du service Action, ce que Nicolas Lerner dénomme pudiquement « l’opérationnel ». Des manœuvres auquel le chef de l’État est associé via son chef d’Etat-major particulier.D’autres signaux discrets évoquent l’intérêt intact du président de la République pour le renseignement, comme son habitude de laisser parler les chefs de services secrets avant les ministres en conseil de défense. Chaque soir, le coordonnateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT), le préfet Pascal Mailhos, transmet à Emmanuel Macron le bulletin quotidien du renseignement, une synthèse de la production la plus brûlante des services secrets, ainsi qu’une poignée de notes sans retouche. « Nous en sélectionnons une petite dizaine », indique le CNRLT auprès de Jean-Christophe Notin.

Nous ne pouvons écarter l’hypothèse qu’un jour nous nous trouvions en confrontation plus forte avec la Russie

Nicolas Lerner, patron de la DGSE

Le graal, pour les agents secrets ? Retrouver leur production annotée à la main par le président de la République. « Quand un analyste sait que sa note a été lue par le président, ou résumée pour le président, c’est un sujet de valorisation en interne », apprécie Sébastien Tiran, le directeur de la DNRED.

Céline Berthon, DGSI : « Nous suivons le sujet du terrorisme iranien de très près »

Le 28 mars, vers 3h30 du matin, trois mineurs et un homme de 21 ans déposent un engin explosif devant le siège de la Bank of America, à Paris. L’enquête dévoile un réseau complexe d’exécutants, derrière lequel se cache un groupuscule pro-iranien baptisé « Hayi », responsable d’une série d’attaques coordonnées en Europe. Celle-ci visait des cibles américaines et juives. « Le risque serait probablement susceptible de se réaliser par des intermédiaires aux liens moins facilement identifiables », « avec, potentiellement, la main de l’Iran », décrit prudemment Céline Berthon lorsque Jean-Christophe Notin l’interroge sur d’éventuels attentats liés à la guerre en Iran.

Céline Berthon, patronne de la DGSI, le 26 août 2026.Céline Berthon, patronne de la DGSI, le 26 août 2026.

Cinq mois plus tôt, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, Céline Berthon alertait sur ce risque : un « acte terroriste » iranien, qui « vise des individus opposants au régime, ou encore le pays considéré comme l’ennemi juré du régime iranien, à savoir Israël et tout ce qu’il représente », notait-elle, précisant que « les cibles juives sont totalement associées à Israël dans l’esprit de l’Iran ».

En juin 2018, un attentat avec un engin explosif commandé à distance avait été déjoué contre un congrès de l’opposition iranienne à Villepinte en Seine-Saint-Denis. La coopération de la DGSI avec d’autres services européens, ainsi qu’avec le Mossad israélien, avait permis d’arrêter le commanditaire Assadollah Assadi, un agent du renseignement iranien sous couverture diplomatique, et trois de ses complices. « La commandite par l’Etat iranien était pour ainsi dire signée », commente Céline Berthon.

Sébastien Tiran, DNRED : « Le risque est une situation semblable à celle que vivent les Belges et les Néerlandais, où des procureurs sont sous protection policière »

Un ministre de la Justice belge, Vincent Van Quickenborne, est visé par un projet d’enlèvement déjoué en septembre 2022. La même année, aux Pays-Bas, des rumeurs d’enlèvement ou d’attentat ciblent la princesse héritière, mais aussi le chef du gouvernement.

Derrière chacun de ces cas spectaculaires se trouvent des commanditaires présumés : des barons du narcotrafic, souvent issus de la puissante Mocro Maffia, organisation criminelle implantée entre Anvers, Rotterdam et Amsterdam. L’essor d’organisations similaires en France, à l’exemple de la DZ Mafia, met les services de l’Etat en alerte. Car elles disposent de moyens colossaux, y compris en termes de moyens d’investigation. Interrogé par l’auteur. Auprès de Jean-Christophe Notin, Sébastien Tiran le décrit en des termes saisissants : « Nous faisons face à des individus qui ont parfois atteint un niveau de capacité opérationnelle et technique proche du nôtre. Dans certaines thématiques, on peut dire qu’ils sont pour nous des compétiteurs ». Et il s’inquiète d’un éventuel « scénario belge », ou néerlandais, en France.

Sébastien Tiran, patron de la DNRED.Sébastien Tiran, patron de la DNRED.

En octobre 2025, deux hommes avaient été mis en examen à Paris après un message sur la chaîne Telegram « Brozer mafia », suivie par plus de 5 000 personnes. Le nom et la photo d’un juge d’instruction francilien y figuraient, accompagnés d’une mention : « DZ Mafia / Contrat de 100 k sur sa tête ».

Céline Berthon, DGSI : « Lors de l’une de nos dernières réunions, nous avons évoqué la montée en puissance de la menace terroriste du côté de l’ultradroite »

Il y a des prophéties qu’on se garderait bien de prononcer. En quelques jours, Céline Berthon a eu raison deux fois. Auprès de Jean-Christophe Notin, la directrice de la DGSI note que le risque d’attentats de l’ultradroite est particulièrement élevé. En 2025, pour la première fois, en France, la tuerie raciste de Pugent-sur-Argens (Var) a entraîné la saisine du parquet national antiterroriste. La cheffe du contre-espionnage français s’inquiète notamment ce ces « très jeunes gens » inspirés par les « tueries de masse que les pays anglo-saxons ont pu connaître ».

Ce 12 octobre, un adolescent de 14 ans a justement tiré au fusil de chasse sur le principal et une professeure de son collège d’Aubagne (Bouches-du-Rhône). D’après les premiers éléments de l’enquête, il appartenait à la mouvance « True Cime », une communauté fascinée et admirative… des tueries de masse en milieu scolaire, particulièrement fréquentes aux Etats-Unis.

Nous faisons face à des individus qui ont parfois atteint un niveau de capacité opérationnelle et technique proche du nôtre

Sébastien Tiran, patron de la DNRED, à propos des organisations criminelles en France

L’attentat de Trappes procède d’une logique plus clairement raciste. Dans la ville des Yvelines, ce vendredi 23 octobre, un homme de 39 ans, Kevin T. a tiré sur plusieurs passants depuis sa voiture, tuant Pengo Bossio Wangi, un combattant de MMA de 26 ans, et blessant cinq personnes, dont une enfant de douze ans. Le tireur a déclaré vouloir tuer des « noirs » et des « arabes », pour venger les commerçants pillés le 17 octobre.

Une vendetta typique de l’ultradroite. « L’ultradroite se regroupe en réaction à certains drames, tels par exemple des assassinats commis par des étrangers », note Hugues Bricq. S’y ajoutent les troubles psychiatriques du suspect, un facteur pouvant favoriser le passage à l’acte, selon le renseignement français.

Hugues Bricq, DRPP : « Quelques milliers de jeunes désœuvrés profitent d’évènements festifs pour venir casser, agresser, voler. Ces phénomènes sont bien connus mais extraordinairement difficiles à entraver »

Ces trouble-fête que le patron du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) décrit comme des jeunes de « quartiers difficiles », ont longtemps fait figure d’OUNI, pour objet urbain non identifié. Les services secrets intérieurs ont bien noté leur présence systématique et violente en marge des « grands moments de liesse populaire », note Hugues Bricq, qui égrène : « Fête de la musique, festivités du 14 Juillet, nuit de la Saint-Sylvestre, grands rassemblements », en plus des grands matchs de football. Mais ils ne comprennent pas complètement ce qui les anime. « Un rejet de la société assurément, une haine probablement », semble réfléchir le commissaire.

Autre aveu de sa part : la police ne sait pas vraiment comment empêcher ces jeunes gens de passer à l’acte, « quels que soient la compétence et le nombre des policiers et des gendarmes déployés dans les services d’ordre ». En amont, rien n’autorise des policiers à restreindre leur liberté de venir à Paris, s’ils n’ont commis aucune infraction. Sur quels critères, d’ailleurs, dissocier avec certitude une bande violente de fêtards sincères ?

Le 17 octobre, la DRPP et le renseignement territorial ont en outre échoué à anticiper leur venue. Car c’est bien parce que la venue de ces profils a été sous-estimée que le dispositif policier a été submergé.

Dans le secret des services, de Jean-Christophe NotinDans le secret des services, de Jean-Christophe Notin

Bertrand Chamoulaud, RT : « Sur des sujets diffus, toutes les causes peuvent s’agréger : défense de la Palestine, mouvements LGBT+, Soulèvements de la Terre, etc. »

La convergence des luttes est une réalité. Et elle inquiétait le renseignement français… avant la date fatidique du 17 octobre. Bertrand Chamoulaud, le directeur du renseignement territorial (RT), le détaille auprès de Jean-Christophe Notin. Il revient sur les conditions de création d’un mouvement social difficile à contrôler, en s’appuyant sur l’exemple de « Bloquons tout », une initiative lancée en mai 2025 « très à droite », puis récupérée « très à gauche », sans que cela paraisse nuire à la mobilisation. Cette propension de publics très différents à se retrouver par opportunisme porte un nom dans le jargon du renseignement : l’hybridation. L’extrême-gauche en particulier en est devenue spécialiste. « Cela devient l’occasion d’aller crier son désaccord dans la rue », jauge le haut-fonctionnaire. Il reconnaît que face à ces mouvements protéiformes, « faire des prévisions d’affluence devient très compliqué », davantage qu’en cas de manifestations syndicales, faute de capteurs spécifiques du RT dans les départements.

Si « Bloquons Tout » s’est soldé par un échec, Bertrand Chamoulaud note explicitement qu’il aurait pu en être autrement… en cas de mobilisation lycéenne. « Avec dix mille jeunes dans la rue, le mouvement aurait complètement basculé dans autre chose », dit-il. En clair, dans sa réflexion, le commissaire pose les bases de ce qu’a été le 17 octobre : une convergence des contestataires dans la rue, menée par les lycéens, et un fiasco de l’anticipation policière, en raison d’un renseignement dépassé par les nouvelles formes d’engagement.

Nicolas Lerner, DGSE : « Il y a actuellement une réflexion sur un modèle européen semblable aux Five Eyes »

La France, cheffe de file du renseignement en Europe ? « Je préfère le mot d’ensemblier », commente une source sécuritaire interrogée par L’Express. Depuis la coupure du renseignement américain vers l’Ukraine, du 5 au 11 mars 2025 – « pas longtemps, mais ils l’ont fait », confirme le général Langlade de Montgros – les pays européens s’organisent pour parer un éventuel défaut de la CIA.

En vertu d’une charte signée en 1941, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada – les « Five Eyes » – partagent automatiquement une partie de leur renseignement. Ces derniers mois, la France a approfondi ses relations sécuritaires avec plusieurs nations selon un fonctionnement autour de trois niveaux. « Je n’ai jamais vu pareille dynamique », décrit Nicolas Lerner auprès de Jean-Christophe Notin.

Le premier niveau concerne des échanges sécuritaires approfondis au sein de « Forum », la réunion semestrielle des chefs de services secrets extérieurs de trente pays. Avec l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, certains pays baltes et les pays nordiques, les échanges sont encore plus nourris : des groupes de travail communs sur la Russie débouchent aujourd’hui sur des coopérations renforcées, incluant, selon nos informations, des opérations communes.

Avec certains de ces pays, les échanges aboutissent aujourd’hui à un troisième niveau, celui d’un partage de renseignement « brut et massif », selon les mots d’un initié. En 1951, l’Europe s’était reconstruite autour du commerce de charbon et d’acier. Soixante-quinze ans plus tard, le renseignement sert de levier concret de rapprochement.



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Author : Etienne Girard, Alexandra Saviana

Publish date : 2026-10-27 17:00:00

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