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Espagne : après l’accident ferroviaire, la campagne électorale de Pedro Sanchez bouleversée

Un nouveau drame ferroviaire a bouleversé l’Espagne. Mercredi 28 octobre, un accident entre deux trains à grande vitesse dans la province de Tolède a fait au moins 69 morts, selon le dernier bilan. Une catastrophe qui survient à un mois des élections législatives anticipées du 29 novembre et place le gouvernement de Pedro Sanchez sous pression. Neuf mois après un accident mortel sur la même ligne, le Premier ministre socialiste fait face à une nouvelle vague de critiques sur l’état du réseau ferroviaire, après plusieurs années d’expansion rapide. Experts et citoyens dénoncent notamment un manque d’investissements dans les infrastructures. L’enquête sur les causes de cet accident est toujours en cours, selon le ministère espagnol des Transports. Un rapport préliminaire a identifié une fracture du rail, qui semble s’être produite avant le déraillement.

Sur les lieux du drame, Pedro Sanchez a promis que cette « terrible tragédie » ferait l’objet d’une enquête et s’est engagé à remédier à toute défaillance qui serait mise au jour. « Si nous devons renforcer davantage la sécurité pour rétablir la confiance dans notre système ferroviaire à grande vitesse, nous le ferons, car il est inacceptable qu’un pays comme l’Espagne subisse deux accidents ferroviaires à grande vitesse au cours de la même année », a-t-il affirmé.

Le réseau ferroviaire, autrefois un atout politique

Mercredi soir, plusieurs centaines de manifestants, principalement issus de l’extrême droite, se sont rassemblés devant le ministère espagnol des Transports pour réclamer la démission de Pedro Sanchez. Lors d’un rassemblement organisé le même jour, Santiago Abascal, chef du parti d’extrême droite Vox, a vivement attaqué le gouvernement. « Ce gouvernement a absolument tout détruit, y compris les infrastructures », a-t-il déclaré. « Nous ne les laisserons pas utiliser le deuil que nous partageons, la colère, la douleur et l’indignation, pour faire taire ne serait-ce qu’une seconde la dénonciation de ce qui se passe en Espagne. »

De son côté, le ministre des Transports, Oscar Puente, a rejeté mercredi, lors d’une conférence de presse, les accusations selon lesquelles le système ferroviaire espagnol serait dangereux. Il a assuré que celui-ci était « fiable et sûr […] dans les limites inhérentes au matériel lui-même et à l’action humaine, comme c’est le cas pour tout moyen de transport ».

Pedro Sanchez avait autrefois présenté le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol, long de 4 000 kilomètres et deuxième plus grand au monde après celui de la Chine, comme un atout politique. Mais celui-ci pourrait désormais devenir un handicap. Des sondages publiés dans les médias espagnols en janvier, après le précédent accident mortel, montraient que 57 % des personnes interrogées estimaient que les services ferroviaires s’étaient dégradés depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez, tandis que près de 60 % déclaraient avoir peu ou pas du tout confiance dans le système ferroviaire espagnol.

Ce nouvel accident risque donc de peser lourd dans les urnes. « C’est un coup très dur », reconnaissent des sources socialistes au média espagnol El Mundo. Si le parti espérait obtenir entre 125 et 145 sièges à la fin du mois, les cartes semblent désormais rebattues. Le drame pourrait en effet faire perdre au gouvernement une partie de ses soutiens, alors que la colère monte dans le pays. Face aux risques de débordements, la direction du Parti socialiste a même demandé aux salariés de son siège, ce mercredi 28 octobre, de quitter les locaux après le déjeuner, par mesure de précaution.

Une campagne électorale dont se félicitait le parti

Pedro Sanchez, donné perdant dans la plupart des sondages d’opinion, semblait pourtant avoir commencé à regagner du terrain. Une enquête réalisée en octobre par l’institut public de sondage CIS plaçait son parti en tête, à quelques semaines seulement des élections du 29 novembre. Jusqu’à mercredi, l’exécutif et le Parti socialiste ouvrier espagnol se félicitaient de leur campagne électorale. Celle-ci était jusqu’alors tournée sur les retraites, le salaire minimum et d’éventuelles coupes budgétaires.

Cette dynamique s’inscrivait dans un contexte de forte mobilisation autour de la crise du logement, devenue la première préoccupation des Espagnols selon les sondages. La mort de Maricarmen Abascal, une octogénaire expulsée de son logement après y avoir vécu plus de 70 ans, avait notamment déclenché une vague de manifestations à travers le pays, plaçant cette question au cœur du débat politique. Cette indignation, qui avait conduit Pedro Sanchez à convoquer des élections anticipées le 5 octobre, lui offrait également l’occasion de détourner l’attention des médias de la gestion, par son gouvernement, d’une crise migratoire survenue cet été dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord. Les partis de droite et les forces de sécurité avaient accusé les socialistes de ne pas avoir suffisamment investi dans les infrastructures frontalières, malgré les avertissements répétés du personnel.



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Author : Par Aurore Maubian avec Reuters

Publish date : 2026-10-29 15:12:00

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