14 heures passées. Le cortège se met enfin en mouvement à Francfort. Ils sont aussi quelques milliers devant l’université Louis-et-Maximilien, à Munich. Selon les organisateurs, plus de 160 000 personnes au total devaient participer à des manifestations dans 34 villes, ce samedi 31 octobre, à travers l’Allemagne. C’est à Cologne (plus de 14 000 confirmations), Francfort (environ 13 000) et Berlin (plus de 10 000) que les inscrits étaient les plus nombreux. Le mot d’ordre de cette mobilisation, organisée par le collectif « Gen Z regelt » (« La génération Z prend les choses en main ») : une manifestation pacifique.
Ces rassemblements s’inscrivent dans le sillage d’une vague de manifestations menées par la « génération Z » à travers l’Europe cette année. En Serbie, une mobilisation étudiante a contribué à évincer, par les urnes, le dirigeant qui était au pouvoir depuis longtemps, tandis qu’en France, les revendications lycéennes continuent, dépassant les seules préoccupations scolaires.
Outre-Rhin, la jeunesse s’oppose au service militaire obligatoire et réclame des investissements accrus dans l’éducation – une compétence des Etats régionaux et non de l’Etat fédéral, d’où de fortes disparités en Allemagne. Par ailleurs, de nombreux jeunes sont aussi confrontés à la hausse du coût de la vie, même si l’inflation a ralenti à 2,8% en octobre.
Parmi les manifestants interrogés par la presse allemande et qui ont vu les images du 17 octobre en France, certains se distancient clairement de toute violence. « Nous ne sommes pas Paris », indique Daria, âgée de vingt ans, dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour elle, il s’agit d’exprimer son mécontentement face à une politique qui ne prend pas les jeunes au sérieux. Du côté des organisateurs, des dispositions ont été prises : si la situation devient agitée, tout le monde devra s’asseoir.
« Nous avons tous en tête les images venues de France«
Les autorités allemandes s’attendaient à ce que les manifestations de samedi, qui coïncident avec les festivités d’Halloween, se déroulent dans l’ensemble dans le calme. Elles ont tout de même alerté sur des tentatives de groupes pour exploiter le mouvement : selon le ministère fédéral de l’Intérieur, des éléments de la mouvance extrémiste de gauche en Allemagne, ainsi que certains groupes liés à des mouvements extrémistes étrangers, ont ainsi uni leurs efforts pour mobiliser des soutiens.
« Nous avons tous en tête les images venues de France : pillages, incendies de maisons et de véhicules de police, attaques contre les forces de l’ordre », a indiqué Roman Poseck, ministre de l’Intérieur du Land de Hesse, dont la capitale, Francfort, constitue le centre financier de l’Allemagne. À Berlin, certains commerces situés le long de la prestigieuse avenue commerçante du Kurfürstendamm ont barricadé leurs vitrines et prévu de fermer plus tôt que prévu en prévision des manifestations, par crainte d’éventuels troubles.
Ces mouvements de protestation surviennent alors que l’Allemagne peine à relancer sa croissance économique, tout en faisant face à une pression accrue sur les retraites et les services publics, dans un contexte marqué par le départ à la retraite de la génération du « baby-boom » et la diminution de la population en âge de travailler.
Des interrogations ont cependant été soulevées quant à l’origine de cette mobilisation et à la question de savoir si elle est réellement portée par la jeunesse, compte tenu de la grande diversité des groupes politiques et des organisations de la société civile qui y participent. Tout en apportant son soutien aux étudiants et à leurs préoccupations légitimes, le syndical national étudiant BSK a dit s’être désolidarisé du mouvement « Gen Z regelt » et prévoit d’organiser une journée de mobilisation distincte le 20 novembre.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/manifestations-de-la-gen-z-en-europe-le-mouvement-gagne-lallemagne-TGEW5UMX3JHANOCUNUKE2BBMTM/
Author : Audrey Parmentier
Publish date : 2026-10-31 16:20:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.