Dans un livre paru en 2013, La démocratie des crédules (PUF), j’avais eu l’occasion de souligner combien le biais de confirmation – la tendance à rechercher, interpréter et retenir prioritairement les informations qui vont dans le sens de nos croyances préalables – avait été amplifié par l’apparition d’Internet. Cet invariant de l’esprit humain – repéré déjà en son temps par Francis Bacon et mis en exergue expérimental en 1960 par le psychologue Peter Wason – se trouve être complété par son symétrique en quelque sorte, qui est de nature à fracturer un peu plus l’espace commun nécessaire à nos démocraties.