"La Pologne doit s’armer, mais elle doit le faire selon ses propres règles." Ces mots, prononcés le 12 mars dans une allocution télévisée par le président conservateur Karol Nawrocki, le seul étendard blanc et rouge derrière lui, mettent fin au suspense électrique qui pesait sur Varsovie depuis des semaines. D’un ton ferme, le chef de l’Etat polonais a annoncé appliquer son veto au plan Safe, ce crédit européen XXL à taux préférentiel, censé financer les dépenses militaires des Etats membres et pour lequel la Commission européenne pourrait mobiliser jusqu'à 150 milliards d'euros. En Pologne, c’est un véritable coup de semonce