Les polytechniciens sont une grande famille… Le 20 mars, sur BFM Business, le patron de Saint-Gobain, Benoit Bazin (X89), fustige « le bras d’honneur à l’industrie française » dont EDF se rendrait coupable en mettant aux enchères les tarifs de l’électricité destinée aux usines. Pour Luc Rémont (X88), c’est le coup de grâce.
Congédié dès le lendemain par Emmanuel Macron, le PDG de l’énergéticien règle ses comptes dans Le Figaro : « EDF n’a pas de leçon de patriotisme industriel à recevoir, en particulier de la part d’une entreprise qui vit depuis des décennies de politiques publiques à la rénovation et à l’efficacité énergétiques. » Un clash à haute altitude. Qui n’est pas sans rappeler celui auquel Bernard Arnault et Michel-Edouard Leclerc se livrent depuis quelques semaines, le second ayant reproché au premier, qui critiquait la pression fiscale sur les grands groupes, de faire du « chantage » à la délocalisation.
On ne saurait trop se réjouir de ces joutes entre dirigeants : la recomposition trumpiste du commerce mondial oblige à repenser la question du « made in France », et des leviers pour le conforter. La parole patronale, aussi diverse soit-elle, est pleinement légitime ici. Mieux, elle comble un vide : celui d’un discours politique démonétisé dans l’opinion depuis la dissolution. La cote des partis s’effondre, celle des entreprises, perçues comme des îlots de rationalité, monte en flèche. Jusqu’à envoyer un PDG à l’Elysée ? Il y a pire comme scénario pour 2027.
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Author : Arnaud Bouillin
Publish date : 2025-03-25 08:17:00
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