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Le Groenland dans le viseur de Donald Trump : Washington étudie le coût d’une prise de contrôle

Le Groenland dans le viseur de Donald Trump : Washington étudie le coût d’une prise de contrôle

Et si la lubie de Donald Trump était en train de se concrétiser ? La Maison-Blanche prépare une estimation du coût que représenterait pour le gouvernement fédéral le contrôle du Groenland en tant que territoire, selon trois sources proches du dossier, révèle le Washington Post ce mercredi 2 avril. Pendant que les exigences de l’ex-magnat de l’immobilier suscitent l’indignation internationale et la réprobation du Danemark, des responsables de la Maison-Blanche sont occupés à chiffrer le fait de transformer le Groenland en un territoire américain. Par exemple : combien coûterait la fourniture de services publics à ses 58 000 habitants ?

« Une option à l’étude consiste à proposer au gouvernement du Groenland un accord plus avantageux que celui des Danois, qui subventionnent actuellement les services publics sur l’île à hauteur d’environ 600 millions de dollars par an », explique le Washington Post. En effet, l’un des angles d’attaque de l’administration Trump est de dénigrer la gestion danoise, tout en assurant que Washington serait un bien meilleur partenaire. « Notre message au Danemark est très simple. Vous n’avez pas fait du bon travail pour le peuple groenlandais », avait provoqué le vice-président J.D. Vance, devenu la semaine dernière le plus haut responsable américain à se rendre au Groenland.

Un responsable de la Maison-Blanche a précisé que ces analyses de coûts se basent sur l’hypothèse selon laquelle « les Groenlandais votent et soutiennent cette proposition ».

Au Bureau du budget de l’administration Trump, des membres du personnel tentent également d’estimer les revenus que le Trésor américain pourrait tirer des ressources naturelles de cet immense territoire danois. L’objectif étant également de convaincre le public américain du fait que cette acquisition pourrait générer des redevances minières et donc être une bonne affaire. Le Financial Times avait suggéré en 2019 que les ressources du Groenland étaient estimées à environ 1 100 milliards de dollars, mais ce chiffre varie en fonction des hypothèses et des méthodologies utilisées.

« Un lieu stratégiquement important »

Le 47e président américain a répété à plusieurs reprises que les États-Unis « obtiendraient » le Groenland, parmi d’autres acquisitions potentielles évoquées, à savoir le Canada et le canal de Panama. « Il considère le Groenland comme la plus facile », a déclaré un responsable de la Maison-Blanche au Washington Post, connaissant bien la position du républicain. David Barker, promoteur immobilier et ancien économiste à la Fed de New York, évaluait tout de même pour le New York Times le coût du Groenland entre 12,5 et 77 milliards de dollars.

Une chose est sûre : cette planification interne suggère que les ambitions de l’administration d’acquérir le Groenland dépassent les simples réflexions du président, et commencent à se refléter dans la politique gouvernementale. « Le président estime que le Groenland est un lieu stratégiquement important et est convaincu que les Groenlandais seraient mieux protégés par les États-Unis contre les menaces modernes dans la région arctique », a assuré Anna Kelly, attachée de presse adjointe de la Maison-Blanche, dans un courriel. De son côté, Steve Bannon, ex-conseiller du président lors de son premier mandat, confirme dans le Washington Post que « Donald Trump est obsédé par le Groenland, en raison de son importance pour la sécurité nationale ».

Sauf que le Danemark n’est pas de cet avis et ne compte pas se faire rafler le Groenland par un allié de l’Otan. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, prévoit une visite de trois jours sur l’île à partir de ce mercredi 2 avril, à l’invitation du nouveau gouvernement groenlandais, notamment pour démontrer la volonté du Danemark de renforcer ses liens avec ce territoire. « Nous devons écouter quand les autres parlent de nous. Mais nous ne devons pas nous laisser ébranler », avait martelé, dimanche 30 mars sur Facebook, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Celui-ci a pris ses fonctions vendredi après une élection où les ambitions de Donald Trump pour le Groenland ont évidemment joué un rôle majeur.



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Author : Audrey Parmentier

Publish date : 2025-04-02 11:24:00

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