Donald Trump avait donné rendez-vous au monde dans la roseraie de la Maison-Blanche ce 2 avril. Au programme : l’annonce de nouvelles taxes douanières à l’encontre de très nombreux partenaires commerciaux de son pays. Depuis plusieurs semaines déjà, le président américain avait annoncé une série de nouveaux tarifs sur les produits importés dans son pays, notamment l’acier, l’aluminium et les véhicules européens et il avait déjà promis qu’il ne s’arrêterait pas là. Les annonces de ce mercredi, d’une ampleur inédite, viennent mettre un terme à plusieurs jours d’incertitude.
Depuis plusieurs jours en effet, le monde entier retenait son souffle. « Je refuse qu’on profite des Etats-Unis et je pense que les tarifs douaniers sont nécessaires pour garantir l’équité du commerce international et protéger les travailleurs américains », avait-il dit en amont de ce « jour de la libération » – surnommé ainsi par les membres de son administration. Mais jusqu’ici, aucune mesure précise n’avait filtré. Finalement, la totalité des importations aux Etats-Unis se voient imposer une taxe de 10 % dès le vendredi 4 avril. Une série de pays subiront des taxes supplémentaires personnalisées, dont le calcul reste brumeux.
Donald Trump a expliqué que les Etats-Unis « allaient taxer [leurs partenaires] à hauteur d’environ la moitié des taxes imposées à son pays. » Ainsi, l’Union européenne qui, selon lui, imposerait aujourd’hui une taxe à l’import de 39 % sur les produits américains subirait un nouveau tarif de 20 % pour les produits exportés vers Washington. La Chine quant à elle, devrait se voir imposer une nouvelle taxe de 34 % qui vient s’ajouter à celle de 20 % déjà annoncée il y a quelques jours. D’après le président américain, la Chine appliquerait aujourd’hui une taxe de 67 % sur les produits américains. Les dernières estimations parlent plutôt d’une taxe réelle d’environ 22 %.
Comment l’administration américaine est-elle parvenue à ces résultats ? Ses porte-paroles ont évoqué la prise en compte de « barrières non monétaires » dans le calcul. « Nous estimons que le déficit commercial entre les Etats-Unis et un autre pays est le résultat de la somme de toutes les pratiques commerciales injustes », a ainsi confié un de ses représentants à la presse américaine, sans détailler la manière dont les tarifs ont été réellement calculés.
Rares sont les pays épargnés par ces droits de douane supplémentaires. L’Argentine, la Turquie, le Royaume-Uni, le Brésil ou encore l’Australie font partie des Etats qui devront uniquement s’acquitter de la taxe plancher de 10 %.
Incohérences géographiques
Preuve supplémentaire de l’amateurisme de l’administration Trump : la plupart des territoires ultramarins français ont hérité d’une taxe différente de celle de l’Union européenne. Dans la plupart des cas, ces taxes sont de 10 %, soit le montant de taxe minimal annoncé par le président américain hier. D’autres territoires en revanche, à l’image de La Réunion et de Saint-Pierre-et-Miquelon, héritent cependant d’une taxe plus importante.
Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel de moins de 6 000 habitants, la taxe annoncée par Donald Trump est particulièrement punitive. Avec un tarif de 50 %, la collectivité d’outre-mer française hérite d’un tarif parmi les plus élevés au monde, juste derrière la Chine et à égalité avec le Lesotho. Pourtant en 2023, d’après l’Observatoire de la complexité économique, la balance commerciale de l’archipel était à l’avantage des Etats-Unis (124 000 dollars d’importations contre 54 000 dollars d’exportations, essentiellement des produits issus de la pêche).
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Author : Mathias Penguilly
Publish date : 2025-04-03 12:00:00
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