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« Liberation Day » : les emplois américains, victimes de la stratégie de Donald Trump ?

« Liberation Day » : les emplois américains, victimes de la stratégie de Donald Trump ?

Il en a fait un véritable évènement. Ce mercredi 2 avril, Donald Trump doit annoncer en grande pompe une série de hausses des taxes douanières à l’encontre de ses partenaires. L’objectif ? « Libérer » son pays de relations commerciales qu’il juge trop inégales. Pour le moment, la Maison-Blanche entretient volontairement le flou sur l’ampleur des mesures et le nombre de pays concernés, mais déjà, les marchés européens et asiatiques montrent une certaine fébrilité. Lundi, le CAC 40 avait ainsi baissé de 1,6 % à la clôture, tout comme son homologue tokyoïte, le Nikkei 225, en recul de 4 %. Le monde des affaires retient son souffle.

Ces mesures qui doivent, selon lui, faire de l’Amérique « le champion de l’industrie dans le monde », viendront s’ajouter à une première vague de tarifs douaniers entrée en vigueur au début du mois de mars. Celle-ci visait spécifiquement l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis, désormais soumis à une taxe de 25 %, peu importe le pays d’origine.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump vise spécifiquement ces matériaux : en 2018, déjà, le président américain avait imposé un tarif de 25 % sur l’importation d’acier et de 10 % sur l’aluminium. Et les conséquences de cette première croisade tarifaire sur l’économie américaine ont été assez néfastes.

Le risque que Donald Trump semble minimiser

Concrètement, un Etat peut imposer des taxes douanières pour encourager la relocalisation d’industries sur son territoire ou pour augmenter le prix des biens importés et rendre sa production nationale plus compétitive. Ce sont d’ailleurs les arguments défendus par Donald Trump qui entend ainsi « protéger les industries critiques américaines. » Ce qu’il semble minimiser pour l’instant, c’est le risque qu’une taxe douanière soit souvent suivie de taxes réciproques de la part des partenaires commerciaux visés. Ainsi en 2018, la Chine avait relevé ses tarifs sur les imports américains de 8 à 20,9 % tandis que l’Europe avait visé les métaux et les produits agricoles importés depuis les Etats-Unis.

D’après le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un think tank basé à Washington, les taxes imposées en 2018 auraient permis de créer 1 000 emplois dans la fabrication de l’acier aux Etats-Unis. En revanche, l’augmentation des prix du matériau aurait provoqué la disparition de 75 000 emplois dans d’autres secteurs dont l’acier est une matière première. Pour le CSIS, la même chose risque de se produire cette année. En tout, l’industrie de l’acier représente 80 000 emplois, mais les industries qui ont besoin de ce matériau emploient plus de 12 millions de personnes. Autant de postes qui pourraient être directement menacés par une explosion des prix liée aux tarifs douaniers.

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait fini par lever ces tarifs pour le Canada et le Mexique, à la faveur d’un nouvel accord commercial baptisé « Aceum ». Joe Biden en avait fait de même pour les Européens en 2021. Reste à voir ce que concocte son successeur. Le 47e président des Etats-Unis a prévu de célébrer son « jour de la libération » à 16 heures heure locale (22 heures à Paris), depuis la roseraie de la Maison-Blanche.



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Author : Mathias Penguilly

Publish date : 2025-04-02 10:30:00

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