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Recrutement : pourquoi « la fête est finie » pour les cadres

Recrutement : pourquoi « la fête est finie » pour les cadres


Après avoir chuté de 8 % en 2024, les recrutements de cadres devraient encore reculer de 4 % en 2025, selon les prévisions de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiées ce jeudi 3 avril.

Le bilan pour l’année 2024 se caractérise par un « vrai retournement (de tendance) après des années de rebond post-Covid extrêmement fort », a indiqué le directeur général de l’Apec Gilles Gateau lors d’une conférence de presse. Pour 2025, « hélas, cette tendance se prolonge, donc la fête est finie d’une certaine façon pour l’emploi cadre », a-t-il poursuivi, en notant que hors Covid, il y avait eu « pratiquement dix années de croissance continue ».

Selon les données de l’Apec, les entreprises françaises ont recruté 303 400 cadres en 2024, soit une chute de 8 % par rapport à 2023, mais en restant à un « niveau élevé ». En 2025, le marché de l’emploi cadre serait de nouveau en recul (292 600 recrutements, -4 %) et repasserait ainsi sous la barre « symbolique » des 300 000 recrutements.

Le niveau de l’emploi cadre continue toutefois de progresser (+1,8 %, soit près de 70 000 postes nets créés) grâce notamment aux promotions internes de salariés, le dernier recul de la population cadre remontant à 1991, selon Gilles Gateau. « Donc ce n’est pas si terrible, néanmoins ce n’est plus la même dynamique et ça veut dire moins d’opportunités » d’embauches, donc notamment moins de facilité à la mobilité, a relevé le directeur général de l’Apec.

Les cadres débutants, premières victimes de ce retournement

Toutes les régions et tous les secteurs sont concernés par le retournement, avec une baisse « plus accentuée » (-10 %) dans les services à forte valeur ajoutée (informatique, ingénierie, R&D…), moteur traditionnel de l’emploi cadre, a souligné Gilles Gateau.

Le recrutement des cadres, selon les régions.

Les recrutements de cadres débutants (moins d’un an d’expérience) sont particulièrement touchés par ce retournement (-19 % entre 2023 et 2024, -16 % prévus en 2025), ceux-ci étant souvent « les premiers à payer » lorsque le marché se retourne.

Interrogé sur la fiabilité de ces prévisions à l’aune des incertitudes sur la situation économique, notamment au vu de l’offensive commerciale mondiale lancée mercredi par Donald Trump, Gilles Gateau a dit ne pas avoir d’éléments pour dire « quel va être le degré de résilience dans un environnement un peu plus déprimé que celui qu’on connait aujourd’hui ». Il a noté que « la plus grosse difficulté est autour de l’imprévisibilité et de ce que ça génère comme forme d’attentisme » chez les employeurs.

L’étude repose sur une enquête annuelle menée auprès d’un échantillon représentatif de 8 000 entreprises du privé, interrogées par téléphone du 14 novembre 2024 au 24 janvier 2025.



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Publish date : 2025-04-03 14:28:00

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