Le Sénat a rétabli mardi 25 novembre le gel des pensions de retraite dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026, sauf pour celles inférieures à 1 400 euros par mois qui resteront indexées sur l’inflation. Cette mesure, que l’Assemblée nationale avait supprimée, a fait l’objet d’un avis de « sagesse » du gouvernement (ni pour ni contre), le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, la soutenant « dans son principe ». Ce vote est encore loin d’être définitif car le budget de la Sécu va revenir dans les prochains jours sur le bureau des députés.
La chambre haute s’apprête également à s’opposer à la suspension de la réforme des retraites, concession phare du gouvernement aux socialistes sur laquelle un vote est prévu mardi soir.
Outre le gel des pensions, les sénateurs ont également rétabli le gel des prestations sociales (allocations familiales, RSA…), à l’exception de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Ces mesures, décriées par la gauche, correspondent en quelque sorte à la mise en place du principe de « l’année blanche ». Son avantage : elle permet des économies majeures dans un contexte de dérapage budgétaire. Son inconvénient : elle est très impopulaire au sein des oppositions, qui s’y sont d’ailleurs massivement opposées lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale.
« L’effort de tous les Français est attendu »
Le gel total des retraites et des prestations sociales, proposé initialement par le gouvernement, rapporterait 3,6 milliards d’euros en 2026, selon l’exécutif. La version votée au Sénat 1,9 milliard d’euros. « C’est l’effort de tous les Français qui est attendu pour participer au redressement budgétaire », s’est justifiée la sénatrice Les Républicains, Pascale Gruny, à l’initiative de la mesure.
Devant les sénateurs, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, n’a pas voulu s’avancer dans le détail : « Le gouvernement a bien conscience de la sensibilité de cette mesure », a-t-il reconnu, tout en « soutenant son retour dans son principe ». Le même article prévoyait initialement aussi des économies à plus long terme, sous-indexant les pensions de retraite de 0,9 point en 2027, puis de 0,4 point pour les années suivantes, jusqu’en 2030. Soit des économies pouvant aller jusqu’à 8,9 milliards d’euros en 2029. Mais le Sénat a cantonné le dispositif à la seule année 2026.
L’ensemble de la gauche s’est vivement opposée à cette proposition. « Les pauvres, les retraités, les femmes seules ne sont en rien responsables de ce budget mauvais pour la France. Nous les défendrons bec et ongles », s’est indigné le chef des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.
Les débats vont encore s’envenimer mardi soir sur la suspension de la réforme des retraites, qui devrait être rejetée, sauf immense surprise. Les sénateurs voteront l’ensemble du budget de la Sécu mercredi, avant la convocation d’une commission mixte paritaire (CMP) entre députés et sénateurs, qui devraient être incapables de s’accorder sur un texte commun.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/budget-de-la-secu-le-senat-retablit-le-gel-des-retraites-en-2026-sauf-pour-les-petites-pensions-M74JZTGCXFEIZNGN7GDTG4YLL4/
Author :
Publish date : 2025-11-25 18:09:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

