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Plaintes en série, polémiques avec LFI… Les ondes de choc du sondage explosif de l’Ifop sur l’islam

Plaintes en série, polémiques avec LFI… Les ondes de choc du sondage explosif de l’Ifop sur l’islam

De l’étude d’opinion aux conséquences judiciaires. Publié le 18 novembre dernier, un sondage de l’Ifop sur l' »état des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France » a provoqué des réactions contrastées au sein de la classe politique. Commandée par la confidentielle revue Écran de veille, cette enquête a été ciblée par une partie de la gauche, en particulier par les élus de la France insoumise. Plusieurs parlementaires de la formation de Jean-Luc Mélenchon ont ainsi pointé du doigt ces travaux, les accusant de stigmatiser la communauté musulmane en France. « Ce sondage n’est ni fait ni à faire », a par exemple critiqué la cheffe de file LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, dimanche sur BFMTV.

L’Ifop défend sa méthode

Que contient précisément ce sondage ? Les données de l’Ifop montrent que 80 % des musulmans se considèrent comme un individu « religieux », soit près de deux fois plus que la moyenne des croyants d’autres religions interrogés (48 %). Parmi les chiffres avancés dans le débat public, 30 % des musulmans âgés de moins de 25 ans se disent « extrêmement » ou « très » religieux – un pourcentage supérieur à celui d’autres tranches d’âge. Un jeune musulman sur quatre (24 %) affirme par ailleurs avoir de la sympathie pour la mouvance islamiste des Frères musulmans. Pour l’Ifop, ces résultats « révèlent […] une intensification des pratiques religieuses, un durcissement des positions sur les questions de mixité, et une sympathie croissante pour les courants radicaux de l’islam politique », écrit-elle dans l’analyse de ce sondage.

Dans le détail, cette étude a été réalisée sur un échantillon de 1005 personnes de confession musulmane, interrogées par téléphone du 8 août au 2 septembre parmi un panel plus large de 14 244 personnes. Face aux critiques, l’Ifop défend sa méthode. Comme révélé par Le Point ce lundi, l’institut de sondage a déposé plainte contre deux députés LFI, Bastien Lachaud et Paul Vannier, qui avaient relayé la thèse d’un trucage de la publication. Celle-ci a été réalisée « sans a priori, en respectant scrupuleusement les outils et contraintes méthodologiques habituels », a réagi François Kraus, directeur du pôle politique/actualités de l’Ifop, auprès de l’AFP ce lundi 24 novembre.

Nora Bussigny et Emmanuel Razavi, deux journalistes et chroniqueurs pour Écran de veille, ont également annoncé porter plainte contre Paul Vannier, notamment pour diffamation. Tout comme les responsables de la revue eux-mêmes, qui ont décidé de saisir la justice contre le même élu pour « incitation au meurtre et mise en danger ». Ils lui reprochent particulièrement d’avoir partagé sur son compte X une capture d’écran de la page de son site web indiquant l’adresse de la rédaction. « Nous avons donné consigne à tous les membres de notre rédaction de ne plus se rendre dans nos locaux qui se trouvent à l’adresse ainsi exposée, leur demandant de télétravailler en attendant de transférer la rédaction vers des locaux provisoires et anonymisés », précisent Atmane Tazaghart, le fondateur de la publication, et la rédactrice en cheffe, Martine Gozlan.

Une plainte déposée contre X par quatre associations musulmanes

Dans le même temps, en lien avec l’écho donné à ce sondage, les représentants de la communauté musulmane ont également choisi de porter plainte contre X. Cette procédure est engagée par les Conseils départementaux du culte musulman (CDCM), de l’Aube, des Bouches-du-Rhône, du Loiret et de la Seine-et-Marne. Dans un communiqué publié ce lundi, les avocats des quatre structures, Mes Raphaël Kempf et Romain Ruiz, ont critiqué des questions de l’Ifop jugées « orientées ». Pour eux, l’étude se « focalise sur des résultats minoritaires mis en avant à des fins polémiques » et « viole le principe d’objectivité posé par la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et la diffusion des sondages d’opinion ».

Des critiques balayées d’un revers de la main par François Kraus, toujours cité par l’AFP. Selon lui, cette plainte « a pour unique but de remettre en cause la fiabilité de notre enquête sur la base de considérations erronées » et « n’est manifestement pas destinée à prospérer sur le plan judiciaire ». Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a pour sa part regretté l’interprétation des chiffres de l’enquête de l’Ifop. « Une société qui scrute une communauté uniquement pour y déceler le pire ne découvre jamais rien d’autre que sa propre angoisse », écrivait-il le 18 novembre, dans un billet. Au mois de septembre, une autre étude de l’Ifop avait d’ailleurs été commandée par la Grande mosquée de Paris, cette fois sur le thème des discriminations connues par la communauté musulmane.



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Publish date : 2025-11-24 18:51:00

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