Celui qui fut toute sa vie le richissime héritier Hermès et son premier actionnaire familial ne s’était pas exprimé publiquement depuis 2011, quand bien même, ces trois dernières années, la presse de toute l’Europe – et jusqu’aux Etats-Unis – s’est interrogée sur l’escroquerie phénoménale dont il se dit victime, décortiquant sa vie affective, soupesant ses capacités cognitives ou interrogeant sa désarmante bonhomie. Nicolas Puech, 82 ans, a laissé dire, observant comment son ex-gestionnaire de fortune, aujourd’hui décédé, le genevois Eric Freymond, qu’il congédia en 2022, savait nourrir d’efficaces contre-feux médiatiques.
Dans le bureau parisien, où il nous a donné rendez-vous, Nicolas Puech explique prendre enfin la parole « pour dire la vérité et ne plus laisser se propager les mensonges ». Et les mensonges, à l’en croire, ont prospéré pendant trente ans, pendant toutes ces années où il confia l’entière gestion de son patrimoine financier à l’élégant virtuose, cet ami aux manières exquises, si prévenant qu’il veillait à ne jamais le laisser seul une seconde, allant jusqu’à recevoir et traiter son courrier. Et puis, à la fin de l’été 2022, soudain l’octogénaire comprend que son conseiller lui ment. Bientôt, il le soupçonne même de lui avoir subtilisé ses six millions d’actions, un pactole estimé à 14 milliards d’euros.
En septembre 2023, il dépose plainte à Genève, plainte rejetée par le ministère public qui l’estima « insuffisamment étayée ». En mars dernier, nouvelle plainte, cette fois à Paris, pour « abus de confiance », se greffant à celle, déposée en 2015, par l’entreprise Hermès contre X pour « faux et usages de faux ». Le 8 juillet, Eric Freymond est entendu par les juges parisiens. Le 23 juillet, son corps est retrouvé sur la voie ferrée, non loin de son chalet de Gstaad. L’actionnaire Hermès, qui ne s’est pas rendu à l’enterrement, dessine ici pour la première fois les entrelacs de leur amitié viciée, explorant les minuscules signes qu’il n’a pas su ou pas voulu voir. L’arrière-petit-fils du fondateur d’Hermès ignore dans quelles mains se cachent aujourd’hui ses titres : « J’attends de la justice française qu’elle m’aide à y voir clair ».
L’Express : Héritier d’actions familiales Hermès, on vous dit aujourd’hui ruiné. A quel moment avez-vous pris conscience que vous aviez été potentiellement dépossédé de vos biens ?
Nicolas Puech : Je me suis rendu compte à l’été 2022 que mon conseil financier, Eric Freymond, en qui j’avais entière confiance, me mentait. Il m’avait affirmé avoir donné, comme je l’en avais prié, une somme importante d’argent à mon fils adoptif, Jadil Butrak et à sa femme, et je m’étonnais auprès de lui de ne pas en avoir été remercié par ce dernier. Eric Freymond a commencé à me dire : « Tu le connais, il n’aime pas parler d’argent. » En réalité, il n’avait rien reçu. Il s’agissait de quatre millions de francs suisses, c’était quand même une somme qui change beaucoup les choses. Il aurait été normal que Jadil m’en parle. Intrigué, j’ai pu vérifier avec sa femme, Maria Paz, que rien n’avait été donné. Ce fut l’étincelle qui a révélé ses manigances.
il s’occupait de payer mes factures et de me donner de l’argent, c’était très commode
Lui avez-vous fait part de vos soupçons ?
Je ne lui ai rien dit à ce moment-là. Lors de cette conversation où je comprends qu’il me ment, il ne sait pas que Madame Butrak a tout entendu, car elle se trouvait dans une petite pièce attenante. Elle et moi avons parlé et j’ai compris le mensonge. A partir de là, j’ai voulu faire un audit. J’ai demandé à un de mes amis haut fonctionnaire à Paris qui m’a conseillé quelqu’un de la société Deloitte. Puis, j’en ai parlé à un avocat de Sion, maître Bostelmann, fin 2022. Dès ce moment-là, Eric Freymond et son avocat, François Besse, ont compris que je n’étais plus dupe. D’ailleurs, un jour, Monsieur Besse est venu me voir pour me dire : « Nicolas, tu vas recevoir un coup de téléphone de la banque, elle va te demander si je suis ton avocat, il faut absolument que tu répondes oui ». Quand la banque a téléphoné, j’ai répondu que mon avocat était maître Bostelmann à Sion, dans le Valais.
Nicolas Puech, le 12 novembre 2025 à Paris.
Que fait Eric Freymond quand il comprend que vous le soupçonnez ?
Disons que je ne le vois plus autant mais puisque je voulais toujours faire ce don d’argent à Monsieur Butrak, je lui en reparle souvent, mais il me dit que c’est compliqué, que je ne peux pas le demander dans une succursale de Lausanne, il me fait part de nombreuses impossibilités, il avance toujours des explications à ce que je ne peux pas faire. Mais à aucun moment, je ne le vois paniquer.
Dans quelles circonstances avez-vous fait sa connaissance ?
J’ai fait la connaissance de Monsieur Freymond à la fin des années 1990. Sa belle-famille était amie de mes parents et de ma famille donc ce n’était pas un inconnu. Il avait travaillé auprès d’un conseiller financier à Genève, qui s’occupait aussi de grandes familles, que nous connaissions de près ou de loin. Une amie et confidente m’avait recommandé ses aptitudes également. Cet environnement m’a immédiatement porté à lui faire une entière confiance et à contracter avec lui un « gentlemen’s agreement ».
Quel rôle exact lui aviez-vous donné ?
A l’époque, j’habitais l’Espagne depuis plusieurs années, je m’étais bien organisé, et sans vouloir lui donner un rôle, il m’a conseillé de déménager en Suisse en 1999 et je l’ai écouté. Pour bien justifier ma résidence en Suisse, il a estimé judicieux de faire transférer toutes mes actions dans des banques genevoises tout à fait respectables. Ensuite, il s’est occupé du « family office », il prenait mes billets, il s’occupait de payer mes factures et de me donner de l’argent en espèces pour la vie courante. C’était très commode. Il s’occupait de tout. Et il m’expliquait oralement que mes affaires allaient très bien. Et puis, au fur et à mesure, il m’a dit, « tu sais, c’est très intéressant parce que comme tu as des dividendes, plutôt que de les laisser, on va racheter des actions Hermès que l’on pourra vendre à meilleur prix ». Alors, il a fait un peu de boursicotages. Je n’étais pas opposé, d’autant plus qu’il prétendait que le pourcentage d’actions Hermès que je possédais avait augmenté grâce à lui.
Cela veut dire que, grâce à lui, vous aviez dépassé les 5,7 % du capital du groupe de luxe Hermès ?
Oui, après ces interventions, j’avais presque 6 %. Mais en réalité, je me souviens, un jour, nous sommes allés à une assemblée générale, et il y avait un des dirigeants d’Hermès. Et là, Monsieur Freymond a dit que j’avais 6 %, et ce dirigeant a rétorqué que non, que je n’avais pas 6 %, mais 5 % et quelques. Je me suis dit que mon conseiller arrondissait un peu les chiffres, puis j’ai pensé que c’était peut-être parce que c’était en train d’être fait. Quand j’y repense, ces détails m’apparaissent, mais sur le moment, ça pouvait être une erreur de sa part, ou une mauvaise appréciation. C’est pour vous dire qu’il y a beaucoup de choses qui, après coup, se sont révélées à moi.
Il est établi que la société LVMH a pu monter au capital d’Hermès en achetant dans les années 2010 les titres de plusieurs actionnaires familiaux, et que cette opération transitait par vos comptes. Le saviez-vous ?
Non, je ne le savais pas. Je ne l’ai pas soupçonné. Je savais seulement que mon gestionnaire achetait des actions Hermès sur le marché, il m’avait dit le faire pour moi, et pas pour Bernard Arnault.
Quand, en 2014, LVMH a été contraint de céder ses actions Hermès, n’ayant pas déclaré aux autorités de régulation sa prise de participation, avez-vous regretté que l’opération ne se fasse pas ?
Personnellement, j’étais plutôt satisfait que ça échoue, parce que c’était grave pour la société Hermès. D’ailleurs, plusieurs fois, j’ai rencontré Monsieur Arnault lors de déjeuners organisés par Monsieur Freymond, on parlait de choses et d’autres, et Monsieur Arnault m’avait dit qu’une opération entre les deux maisons de luxe serait judicieuse, parce qu’ainsi les frais généraux ou les investissements dans la publicité seraient partagés, il me racontait un peu ça. Je me disais que, oui, ça pouvait être intéressant, même si intérieurement je ne pensais pas que ce soit un motif suffisant, les économies sur les frais généraux. Vous savez, Monsieur Arnault ne s’est jamais révélé comme quelqu’un qui était en train de racheter beaucoup d’actions Hermès. Après coup, quand cela s’est su, il y a eu des explications qui m’ont été données par Eric Freymond, comme quoi c’étaient des « equity swaps » achetés par différentes banques, et, tout à coup, la quantité exacte des actions qui étaient finalement la propriété de Monsieur Arnault ou bien de LVMH a été révélée.
A ce moment-là, avez-vous compris que tout s’était passé via votre compte ?
Non. Ce n’était pas évident, je pensais que ça passait par différentes banques, et que moi je n’étais pas du tout responsable. Eric Freymond me rassurait, il me disait que tout allait bien concernant mes comptes titres.
Comment concrètement se passaient vos échanges avec Eric Freymond quand vous aviez besoin d’une somme d’argent ?
Il m’appelait souvent, il venait me voir. Quand j’étais à Genève, il passait toujours me voir à l’hôtel avant que nous allions dîner. Quelques fois, il avait organisé des réunions, des conférences, alors il m’emmenait par-ci, par-là. Il m’octroyait de l’argent en me disant : « Est-ce que tu as besoin d’argent en euros ou en francs suisses ? » « Oui, j’aurais besoin d’argent parce que je vais aller ça ou là, je vais aller voir ceci, je vais aller voir cela ». Et alors l’argent m’était apporté.
Est-il exact que pendant des années vous signiez des documents vierges desquels il pouvait faire tout usage ?
Non, ça ne se passait pas tout à fait comme ça. Il y avait une quantité extravagante de feuillets à signer en haut, en bas. Il tenait à ce que tous les documents de son bureau soient signés par moi pour justifier que j’étais bien informé, ce qui était une fausse façon de m’informer, parce qu’il y en avait tellement que j’étais obligé de signer à l’aveugle, sans avoir lu. Et je ne savais pas in fine ce que j’avais signé. En plus, il me disait : « Tiens, nous le ferons rédiger ensuite par la secrétaire, mais signe-moi en blanc ceci, ou cela ». C’était différentes feuilles blanches. Au fur et à mesure des rendez-vous de signatures, il m’a dit que c’était plus pratique de faire ainsi pour s’occuper de mes affaires.
Est-il exact que Monsieur Freymond vous surveillait, voire qu’il vous avait entouré de conseils qui en réalité travaillaient pour lui ?
Je savais qu’il y avait des gens autour de moi qui travaillaient pour lui, mais ce n’était pas un problème, pensais-je. Il veillait surtout à ce que je ne sois jamais seul. C’était casse-pieds, mais enfin, bon, j’étais bien entouré. Nous sommes allés quelques fois avec ses conseillers, des hommes d’affaires qui le connaissaient bien, en voyage. Nous sommes allés au Colorado, on en a profité pour faire une visite en hélicoptère. Il voulait absolument m’emmener à New York par le Concorde, mais j’ai refusé le voyage. Une autre fois, longtemps après, on a fait une croisière sur le Queen Mary.
Aviez-vous l’impression d’agir librement ? Pouviez-vous par exemple rencontrer des membres de votre famille, des dirigeants d’Hermès ?
Oui, et je l’ai fait parfois, mais au début. En 1999, je venais de déménager en Suisse, j’ai reçu chez moi mon cousin, Jean-Louis Dumas, qui dirigeait alors le groupe Hermès. Nous étions très nombreux ; Monsieur Freymond était là aussi. Le lendemain, nous avions fait une longue marche et Jean-Louis Dumas m’avait complimenté sur la personnalité et les compétences de Monsieur Freymond, me remerciant de le lui avoir fait rencontrer. Cela m’a conforté dans la confiance que j’avais pour lui.
Jamais, vous ne vous dites que quelque chose dans le comportement de votre gestionnaire de fortune est bizarre ?
J’avais observé qu’il était un peu baratineur. Par exemple, il parlait très mal anglais. Or un jour que nous étions à Cambridge, j’ai proposé que nous allions visiter la maison où j’avais habité et là il m’a dit avoir lui aussi étudié à Cambridge. J’ai failli tomber par terre, c’était évident qu’il mentait, mais je ne lui ai rien dit. Je notais qu’il était un peu vaniteux. De même, sa mère est morte peu de temps après l’avoir connu, mais je n’avais pas pu aller à son enterrement à Genève aussi je m’en suis excusé. Et là, il m’a dit que c’était dommage car cela avait été grandiose, qu’il y avait des familles royales, dont la famille royale d’Espagne, dont son père avait été l’avocat. Bon, il se faisait mousser pas mal, c’était vraiment des inventions.
Il me disait que ma famille se méfiait de moi, qu’elle m’attaquait, et je le croyais
Eric Freymond signait des documents sans vous en informer ?
Oui, il avait toutes les signatures en mon nom et il préparait tous les documents. Il y a par exemple un document signé en Suisse prétendument par moi, alors que je me trouvais en Tanzanie à cette date.
Comment a-t-il fait ?
Je ne sais pas. En tous les cas, ce n’est pas ma signature puisque je n’étais pas là.
En 2012, vous avez voté physiquement à l’assemblée générale de la maison Hermès. Avec quels titres ?
On m’avait dit, tiens, voilà, ça, c’est ton papier, tes actions. Tous les ans, c’était pareil, je ne savais pas où étaient, authentiquement, mes actions. Donc il m’avait donné un document pour aller voter et nous y sommes allés ensemble. Il y avait également son très sympathique associé, Monsieur Henri de Raemy, présent aussi pour sa société Semper, et leurs clients dont je savais qu’ils détenaient aussi des actions Hermès. Madame Freymond en possédait également depuis longtemps.
Saviez-vous chaque année combien vous receviez de dividendes ?
Les dividendes étaient reçus par le bureau de Monsieur Freymond, il gérait tout. Tous les documents bancaires arrivaient chez lui, c’était une habitude que j’avais prise depuis le début. Il faut dire que j’avais malheureusement une confiance aveugle. Il me disait que les dividendes augmentaient, que l’action se portait bien, que je gagnais beaucoup d’argent. Et il me donnait les sommes dont j’avais besoin quand je les lui demandais. Parfois, j’ai eu des dépenses plus élevées quand par exemple j’ai acheté pour Jadil Butrak une petite maison en Espagne, et qu’il a fallu la restaurer. Ce devait être vers 2004, 2005. Bon ça, c’était une dépense qu’on ne fait pas tous les ans bien entendu, mais il m’avait donné la somme.
En 2014, 2015, est-ce que votre famille, la famille Hermès, vous fait part de ses inquiétudes au sujet de votre portefeuille ?
Je pense que la société Hermès et ma famille n’ont pas su m’en parler à ce moment-là, mais ils devaient savoir certaines choses. Je n’ai pas compris sur le moment étant donné que leur communication n’était pas claire, et puis surtout il faut se rendre compte que Monsieur Freymond m’expliquait que ma famille voulait me mettre sous tutelle pour récupérer mes actions. Il a commencé à me dire ça dès 2011. Il me disait que ma famille se méfiait de moi, qu’elle m’attaquait, et je le croyais. Il m’interdisait d’aller en France, à Paris, ou même à Genève afin que je ne puisse rencontrer personne et surtout personne de ma famille.
Vous envisagez d’adopter Jadil Butrak. Votre gestionnaire de fortune va se servir de ce projet pour tenter de vous faire placer sous tutelle, racontez-nous.
Mon souhait d’adopter Jadil date de très longtemps. Ma sœur Odile aussi l’avait déjà adoptée, spirituellement, avant de mourir en 2004. Jadil est mon fils depuis l’époque où je l’ai connu en 1992-1993. Il était très jeune, un enfant avec beaucoup d’imagination. Un très beau personnage. Cela fait donc longtemps que j’avais décidé que je l’adopterai. Certains de mes neveux l’appellent d’ailleurs leur cousin, mes frères et sœurs le connaissent bien aussi, tout comme sa femme, et leurs deux enfants. Leur famille, c’est ma famille. Donc, Monsieur Freymond divague, parce qu’il a voulu faire croire que Jadil serait un vilain personnage qui essaierait de s’immiscer dans mon héritage. Ce n’est pas le cas, il le savait, et ça a fait beaucoup de mal, parce que mon adoption n’est toujours pas réglée. Mais j’ai toujours l’espoir d’adopter mon fils.
Où sont aujourd’hui les presque 6 millions d’actions Hermès que vous possédez, un portefeuille qui, au cours actuel du titre, vaut près de 14 milliards d’euros ? Est-ce que vous pensez que votre ancien gestionnaire de fortune aurait pu être le propriétaire ces dernières années de vos actions ?
Ce sont les bonnes questions et j’attends les réponses de la justice française. Je fais totalement confiance à la juge d’instruction en charge du dossier.
Ces derniers mois, Eric Freymond a-t-il cherché à vous parler après avoir été entendu, le 7 juillet, soit deux semaines avant sa mort, par la justice française ?
Il y a eu des gens que je connais, des connaissances mutuelles que nous avions, qui m’ont écrit pour que je me rabiboche avec lui. Certains de ses émissaires ont essayé de m’apitoyer sur son sort. Ces gens n’ont rien compris, ils pensent qu’il est question d’une amitié brisée entre nous. Mais ce n’était pas une amitié, c’était en fait une opération fondée depuis toujours sur le mensonge.
Qu’attendez-vous de l’instruction judiciaire ouverte en France ?
J’en attends un éclairage, qu’elle rende la justice et pour ce faire qu’elle découvre la vérité. On sait désormais qu’il y a eu des sociétés créées par Monsieur Freymond au Panama, aux Emirats arabes unis.
De quoi vivez-vous aujourd’hui ?
Je n’ai pas de grosses dépenses vous savez. Je suis principalement entouré par ma famille adoptive, les Butrak.
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Author : Emilie Lanez
Publish date : 2025-11-26 17:00:00
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