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Défense européenne : échec des négociations sur la participation britannique à un programme d’aide à l’industrie

Défense européenne : échec des négociations sur la participation britannique à un programme d’aide à l’industrie

C’est un résultat « décevant », si l’on en croit le ministre britannique des relations avec l’Union européenne, Nick Thomas-Symonds. Vendredi 28 novembre, Bruxelles et Londres ont pris acte de l’échec de leurs négociations visant à inclure l’industrie britannique dans le nouveau programme de financement de la défense européenne, dénommé Safe (pour « Security Action for Europe »).

Doté d’un budget de 150 milliards d’euros sous forme de prêts, ce programme, qui doit permettre aux Européens de lancer des appels d’offres pour l’achat de matériel militaire « made in Europe », illustre la volonté du vieux continent de se préparer à la menace russe et au risque de désengagement américain, après la série d’incidents d’espionnage, de sabotages et d’intrusions dans l’espace aérien européen attribués à Moscou par les services de renseignement occidentaux.

Des désaccords sur le montant

Les négociations ont principalement achoppé sur des questions d’argent, l’Union européenne réclamant un ticket d’entrée allant jusqu’à 6,5 milliards d’euros pour que Londres puisse bénéficier de ce programme d’aide. Mais les Britanniques, eux, n’offraient qu’environ 70 millions d’euros, selon le Financial Times. « La Commission a commencé avec un chiffre important afin d’obtenir, lors des négociations, une somme d’au moins 2 milliards d’euros. Mais la stratégie a échoué. Londres n’a pas suivi », commente un diplomate européen cité par Le Monde. « Les négociations ont été menées de bonne foi, mais notre position a toujours été claire : nous ne signerons que des accords qui servent l’intérêt national et offrent un bon rapport qualité-prix », a indiqué de son côté Nick Thomas-Symonds, tout en rappelant que les industriels britanniques de la défense pourraient tout de même « participer à des projets dans le cadre de Safe aux conditions applicables aux pays tiers ».

« Même si aucun accord n’a pu être trouvé pour l’instant, n’oublions pas que le programme Safe est ouvert par nature. Sans accord, le Royaume-Uni peut toujours participer à des marchés publics européens, mais pas à plus de 35 % dans le cadre de Safe », a cherché aussi a rassuré la Commission européenne dans un communiqué. L’enjeu était d’autant plus important que le Royaume-Uni dispose d’une des industries militaires les plus importantes du continent aux côtés de la France et de l’Allemagne, avec des acteurs comme BAE Systems, Leonardo ou Rolls-Royce.

Des discussions avec le Canada

Mais si l’UE mise gros sur Safe, le programme est loin de représenter l’ensemble des dépenses que prévoient d’engager les Etats membres pour se réarmer. « C’est peut-être 10 % des investissements européens en matière de défense des prochaines années. Les Etats membres pourront toujours acheter britannique, sur leur propre budget [sans solliciter les prêts Safe] », explique une source diplomatique au Monde. Des discussions avec le Canada sont également en cours, ce qui pourrait, en cas d’accord d’ici au 30 novembre, compenser le revers essuyé par la Commission.

Ce lundi 1er décembre, les ministres européens de la défense doivent dans tous les cas se réunir pour échanger de nouveau sur le plan en 28 points proposé par les États-Unis pour l’Ukraine, « une ébauche » qui nécessite selon eux des efforts supplémentaires pour intégrer leurs exigences et celles de Kiev. Ces derniers ont notamment exprimé leur inquiétude quant à la suggestion de réduire les effectifs de l’armée ukrainienne dans le cadre d’un accord avec la Russie, et affirment que les points relatifs à la sécurité de l’Europe et de l’OTAN devraient d’abord être approuvés par l’Europe et ses alliés.



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Publish date : 2025-11-29 16:18:00

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