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Nationalisation d’ArcelorMittal : le RN tombe dans le piège de l’acier

Nationalisation d’ArcelorMittal : le RN tombe dans le piège de l’acier

L’acier rougeoyant des hauts fourneaux d’ArcelorMittal a brûlé plus d’un dirigeant politique. Nicolas Sarkozy à Gandrange, en 2008, victime de ses fausses promesses. Ou François Hollande, à Florange en 2012. Dans un scénario immuable, la sidérurgie ébouillante la classe politique. Aux portes du pouvoir, le Rassemblement national pourrait en faire les frais aujourd’hui.

Au cœur de la nuit du 27 novembre, le projet de loi porté par la députée LFI Aurélie Trouvé sur la nationalisation d’Arcelor a été voté grâce à l’abstention de l’extrême droite. Le parti de Marine Le Pen, adepte d’un nouveau « en même temps », s’est retrouvé piégé par ses propres contradictions, coincé entre ses promesses de protection et de sauvetage de l’industrie chères à son aile gauche et ses engagements de sérieux budgétaire envoyés à la droite et au patronat. A force de grands écarts, l’élongation menace.

Une solution Made in Europe

Nationalisation comme le défend la gauche, ou « Golden Share » avec un droit de véto de l’Etat sur les décisions stratégiques de l’entreprise comme le proposait le RN, aucune de ses options ne réglera le problème principal de l’aciériste français, à savoir l’effondrement de son carnet de commandes en raison d’un manque de compétitivité criant. Car l’augmentation des droits de douane américains sur l’acier européen et surtout l’afflux d’acier chinois ultra-subventionné laminent toute l’industrie sidérurgique du Vieux Continent, laquelle s’est, au même moment, lancée dans un verdissement de ses pratiques très coûteux.

La Chine, à elle seule, pèse près de 60 % de la production mondiale d’acier et ses surcapacités de production représentent près de deux fois la demande de toute l’Europe. L’UE s’était dotée en 2018 de mesures de sauvegarde qui doivent s’éteindre en juin 2026 et qui ne sont, de facto, plus adaptées à l’ampleur de la crise. Début octobre, la Commission européenne a présenté un nouveau plan d’urgence, bien plus protectionniste, avec un doublement des taxes douanières sur les achats d’acier non européen et une réduction drastique des quotas d’importations sans droits. Un texte actuellement discuté au Parlement de Bruxelles avant de l’être au Conseil européen, le club des chefs d’Etat de l’UE. Une réponse « made in Europe », certes bien lente, mais que le RN, avec son vieux fond de sauce eurosceptique, ne se résout pas à accepter.



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Author : Béatrice Mathieu

Publish date : 2025-11-30 13:00:00

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