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Guerre en Ukraine : la participation des Européens aux négociations « n’augure rien de bon » selon Moscou

Guerre en Ukraine : la participation des Européens aux négociations « n’augure rien de bon » selon Moscou

Volodymyr Zelensky s’était félicité lundi 15 décembre de « progrès » dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, les Européens avançant de leur côté la proposition d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine. Donald Trump s’est lui montré très optimiste, après s’être entretenu avec le président ukrainien et plusieurs dirigeants européens. Mais la Russie elle ne se montre pas si encourageante face à cette nouvelle dynamique, qui « en termes d’acceptabilité n’augure rien de bon », a réagi mardi 16 décembre le Kremlin, qui assure ne pas encore avoir connaissance des propositions européennes en termes de garantie de sécurité pour l’Ukraine. Dans le même temps, la Russie a affirmé avoir le « contrôle » de Koupiansk, ville-clé du nord-est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes ont revendiqué récemment la reprise de plusieurs quartiers à l’armée russe.

Les infos à retenir

⇒ La Russie affirme avoir le « contrôle » de la ville de Koupiansk

⇒ La France réclame des garanties « robustes » pour Kiev avant toute discussion territoriale

⇒ Le Kremlin estime que la participation des Européens aux négociations n’augure « rien de bon » en termes d’acceptabilité par la Russie

La participation des Européens aux négociations sur l’Ukraine « n’augure rien de bon » réagit Moscou

« La participation des Européens, en termes d’acceptabilité (de l’accord par Moscou), n’augure rien de bon », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était félicité lundi de « progrès » dans les négociations à l’issue de rencontres à Berlin avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, les Européens avançant de leur côté la formation d’une « force multinationale pour l’Ukraine », qui serait constituée de « contributions de nations volontaires et soutenue par les Etats-Unis ». Ils évoquent aussi « un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu dirigé par les Etats-Unis ».

Le Kremlin a dit mardi ne pas avoir pris connaissance de ces propositions européennes publiées la veille. « Pour l’instant, nous n’avons vu que des publications dans les journaux et nous n’y réagirons pas. Nous n’avons pas vu le texte. Quand nous le verrons, nous l’analyserons » a déclaré Dmitri Peskov. Cela précédera l’organisation d’une nouvelle rencontre, avec sa propre participation, à ce sujet.

Investissement sans précédent de Londres dans la défense aérienne ukrainienne

Selon le secrétaire à la défense britannique, John Healey qui s’exprimait à l’ouverture d’une réunion du groupe de contact pour la défense de l’Ukraine ce mardi, le Royaume-Uni va fournir à Kiev des moyens de défense aérienne, des missiles et des tourelles automatisées pour abattre les drones d’une valeur de 600 millions de livres (685 millions d’euros). « La défense aérienne est une priorité absolue. C’est pourquoi je peux confirmer aujourd’hui le plus important investissement jamais réalisé par le Royaume-Uni en une seule année dans la défense aérienne ukrainienne » a-t-il déclaré. Avant d’annoncer annoncer le lancement imminent de la production de drones intercepteurs Octopus au Royaume-Uni, dont plusieurs milliers doivent être fournis chaque mois à l’Ukraine.

L’Allemagne renforce les défenses antiaériennes de l’Ukraine

A la sortie de la réunion du groupe de contact pour l’Ukraine, l’Allemagne a réaffirmé, mardi, son engagement à poursuivre et renforcer son soutien militaire à l’Ukraine. Le ministre de la défense Boris Pistorius a annoncé que Berlin prévoyait d’allouer 3 milliards d’euros supplémentaires d’aide militaire l’an prochain, portant le total de l’aide allemande prévue pour 2026 à 11,5 milliards d’euros. L’Allemagne prévoit aussi de livrer à l’Ukraine un grand nombre de missiles Sidewinder puisés dans ses propres stocks, selon Le Monde. Durant la réunion, Boris Pistorius a souligné que la sécurité de l’Ukraine était « étroitement liée » à celle de l’Europe et que l’objectif était de permettre à Kiev de négocier à partir d’une position de force.

L’ONU s’inquiète des libertés en territoires ukrainiens occupés

Le Haut-Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme s’est inquiété mardi d’une diminution des libertés dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. « Nos conclusions font état d’un durcissement des restrictions à la liberté de circulation, d’expression et de religion », a déclaré Volker Türk, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Il a souligné que l’accès à Internet et aux services de messagerie a été encore « davantage limité ». Il a par ailleurs indiqué que « les confiscations de biens par les autorités russes dans les territoires occupés, en violation du droit international humanitaire, suscitent des inquiétudes croissantes ».

La défense du flanc oriental de l’Europe doit être une priorité « immédiate »

La défense du flanc oriental de l’Europe doit être une priorité « immédiate » en raison de la menace russe, ont déclaré mardi les dirigeants de huit pays du nord et de l’est de l’Europe lors d’un sommet à Helsinki.

« La Russie reste une menace aujourd’hui, demain et dans un avenir prévisible », a dit le Premier ministre finlandais Petteri Orpo, à l’occasion d’une conférence de presse.

La Russie condamnée pour la répression d’organisations liées à Navalny (CEDH)

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné mardi la Russie pour de nombreuses mesures contre des organisations liées à l’opposant Alexeï Navalny, destinées à éliminer l’opposition. Parmi ces mesures, prises à partir de 2019, des perquisitions coordonnées à grande échelle, saisie de biens, gel de comptes bancaires, classification de l’organisation de Navalny (le Fonds de lutte contre la corruption, le FBK) comme « agent de l’étranger » puis sa qualification « d’extrémiste ». Charismatique militant anticorruption et opposant numéro un à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny est mort en février 2024 dans des circonstances troubles dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique russe.

Mise en place d’un organisme européen pour statuer sur les réparations

De hauts responsables européens se réunissent mardi pour approuver la mise en place d’un organisme international basé à La Haye et chargé de statuer sur les réparations à verser à l’Ukraine pour compenser l’invasion russe. La « Commission internationale des réclamations pour l’Ukraine » évaluera et statuera sur les demandes de réparations, y compris sur les montants à verser, sachant qu’un « registre des dommages » existe déjà et a reçu environ 80 000 demandes d’indemnisation émanant de particuliers ou d’organisations.

La création de cet organisme doit être approuvée lors d’un sommet de haut niveau à La Haye, auquel participent le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas.

La Russie affirme avoir le « contrôle » de la ville de Koupiansk

La Russie a affirmé mardi 16 décembre avoir le « contrôle » de Koupiansk, ville-clé du nord-est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes ont revendiqué récemment la reprise de plusieurs quartiers à l’armée russe. « La ville de Koupiansk est sous contrôle de la 6e armée russe », a déclaré à l’agence officielle russe TASS Léonide Charov, porte-parole du groupement militaire russe Zapad, déployé dans cette zone.

La Russie avait affirmé avoir capturé Koupiansk en novembre, l’Ukraine assurant ensuite en avoir repris plusieurs quartiers. De « petits groupes » de soldats ukrainiens tentent « tous les jours » de pénétrer dans Koupiansk, a reconnu Léonide Charov, tout en insistant que « tous les quartiers sont sous contrôle des forces russes ».

Volodymyr Zelensky avait déclaré vendredi avoir rendu visite aux troupes dans la zone de Koupiansk, dans une vidéo publiée après l’annonce par Kiev de la reprise de deux localités proches et de plusieurs quartiers de cette ville clé du nord-est de l’Ukraine. Sa visite est intervenue peu après une annonce par les forces ukrainiennes d’une « percée » dans la zone de Koupiansk, le noeud ferroviaire clé de la région de Kharkiv.

La France réclame des garanties « robustes » pour Kiev avant toute discussion territoriale

La France a de nouveau réclamé l’établissement de « garanties de sécurité robustes » pour Kiev avant d’aborder l’épineuse question des territoires ukrainiens dont la cession est exigée par Moscou, a indiqué mardi l’entourage d’Emmanuel Macron après des réunions sur la question à Berlin. « Nous avons progressé sur la question des garanties, sur la base du travail accompli par la coalition des volontaires, grâce à une clarification des modalités du soutien américain », a indiqué l’entourage du président français.

Le président américain Donald Trump, qui a maintes fois promis d’obtenir une paix rapide en Ukraine, veut un arrêt des combats coûte que coûte. Il a multiplié les signes d’agacement vis-à-vis de Kiev, alors que son pays est un soutien clé face à l’invasion russe débutée en 2022.

Un plan américain pour l’Ukraine, présenté en novembre, avait été jugé très favorable à Moscou, et Kiev ainsi que les Européens s’efforcent depuis de le remanier. Dimanche et lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a négocié à Berlin avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, pour tenter d’aboutir à un compromis. Un dîner de travail était ensuite prévu entre eux et des dirigeants européens, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français.

Washington promet des garanties de sécurité « très fortes » à l’Ukraine

Les Etats-Unis ont assuré lundi avoir offert à Kiev des garanties de sécurité « très fortes », comparables à la protection qu’offrirait l’Otan, mais néanmoins acceptables, selon eux, pour la Russie. « Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été » d’un accord mettant fin à la guerre avec la Russie, a déclaré le président américain Donald Trump, après s’être entretenu avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens, réunis à Berlin.

« La Russie aussi veut que ça s’arrête. Le problème est qu’ils veulent y mettre fin, puis tout à coup ils ne veulent pas, et les Ukrainiens veulent y mettre fin, et tout à coup ils ne veulent pas. Donc il faut les mettre d’accord. Mais je pense que ça fonctionne », a-t-il ajouté.

Donald Trump a indiqué qu’il s’était entretenu récemment avec le président russe Vladimir Poutine, sans plus de précisions. Concernant les très difficiles questions territoriales, sur lesquelles le désaccord avec Kiev persiste, le président américain n’a pas fait mystère de sa position : les Ukrainiens « ont déjà perdu le territoire, pour être honnête ».



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Publish date : 2025-12-16 17:39:00

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