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Bronchiolite des bébés : le traitement Beyfortus plus efficace que le vaccin Abrysvo, selon une étude inédite

Bronchiolite des bébés : le traitement Beyfortus plus efficace que le vaccin Abrysvo, selon une étude inédite

Un comparatif inédit des traitements pour prévenir la bronchiolite. Au moment d’avoir un enfant, plusieurs possibilités s’offrent aux parents pour protéger les nouveaux-nés du virus respiratoire syncytial (VRS), le principal virus responsable de cette maladie. Première option : un vaccin, l’Abrysvo, peut être administré aux mères enceintes en fin de grossesse pour protéger leurs bébés durant leurs premiers mois de vie. L’autre solution consiste à administrer aux nourrissons et enfants de moins d’un an un anticorps de synthèse, commercialisé sous le nom de Beyfortus.

Deux possibilités qui restent « très efficaces »

Pour les familles, se positionner sur l’un des deux choix qui se présentent à elles n’est pas toujours aisé. Afin de posséder des données concrètes sur l’efficacité de l’Abrysvo et du Beyfortus, des chercheurs du groupement Épi-Phare, qui réunit l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance-maladie, ont réalisé une étude sur leurs effets respectifs. Jamais des travaux de ce type n’avaient jusque-là été menés sur cette question. Publiés ce mardi 22 décembre dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), une revue médicale américaine, les résultats soulignent qu’un des deux traitements est plus efficace que son alternative.

« Bien que les deux approches soient très efficaces, cette étude montre que le Beyfortus administré au nouveau-né offre une protection supérieure à celle obtenue avec la vaccination de la femme enceinte par Abrysvo », note ainsi Épi-Phare, dans un communiqué de presse accompagnant la sortie de ces recherches. Dans le détail, les deux produits « ont une efficacité comprise entre 65 et 85 % et permettent de réduire significativement les hospitalisations pour bronchiolite des nourrissons ». Ces conclusions ont été établies sur la base de données de plus de 42 000 nourrissons nés entre septembre et décembre 2024. Cette période coïncide avec la première saison du « déploiement conjoint » de l’Abrysvo et du Beyfortus en France, précise l’organisme.

Le médicament injecté directement aux nouveaux-nés permet une immunisation supérieure à la solution du vaccin maternel sur différents aspects, d’après ce rapport. En cas d’infection liée au virus respiratoire syncytial, le Beyfortus réduirait ainsi le risque d’hospitalisation de 26 % en comparaison avec une vaccination de la mère via Abrysvo. Par ailleurs, le Beyfortus « diminue de 42 % supplémentaires les admissions en réanimation ou soins intensifs pédiatriques, de 44 % le recours à l’oxygénothérapie et de 43 % les intubations par rapport à l’Abrysvo », développe Épi-Phare dans son communiqué. Selon les données arrêtées au 24 février 2025 par Santé publique France, le Beyfortus avait été administré environ 392 000 fois durant la campagne de prévention 2024-2025. 91 000 vaccins Abrysvo avaient également été injectés.

Complémentarité des deux options

S’ils constatent une efficacité supérieure de ce médicament codéveloppé par les laboratoires Sanofi et AstraZeneca, les chercheurs mentionnent tout de même l’utilité de disposer de plusieurs dispositifs pour lutter contre la bronchiolite. « Il convient (…) de souligner que la vaccination maternelle demeure efficace et constitue une alternative pertinente dans les situations où l’administration systématique du nirsevimab (NDLR : le nom scientifique de l’anticorps présent dans le Beyfortus) n’est pas possible », décrivent les chercheurs dans leur rapport complet. « Les deux approches doivent être considérées comme complémentaires dans une stratégie de prévention visant à optimiser la couverture vaccinale. »

La bronchiolite, souvent bénigne, peut cependant engendrer des formes graves chez certains nourrissons, mais aussi chez les personnes âgées. Durant la saison hivernale, le VRS se propage vite chez les jeunes enfants, en particulier en raison de sa contagiosité. L’ensemble de la France métropolitaine, excepté la Corse, connaît actuellement une importante épidémie de bronchiolite. Une situation qui touche aussi la Guadeloupe et la Martinique parmi les territoires d’outre-mer. Début décembre, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France avait indiqué que 16 enfants touchés par la bronchiolite avaient été transférés depuis mi-octobre vers un hôpital en dehors de la région francilienne, dont 10 en raison d’une « tension locale sur l’offre » hospitalière.



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Publish date : 2025-12-22 16:05:00

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