Le Parisien

Municipales à Saint-Denis : polémique après les propos de Sébastien Delogu sur les « candidats racisés »



« Vous avez une opportunité en or, qu’enfin un racisé dirige ces deux villes et fasse en sorte que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici. » Ces propos de Sébastien Delogu en soutien à Bally Bagayoko, candidat insoumis à la mairie de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), ont été largement relayés et ont fait réagir jusqu’au sein du gouvernement.Fin décembre, le député LFI, lui-même candidat aux municipales à Marseille s’est déplacé à Saint-Denis pour encourager Bally Bagayoko, tête de liste pour La France insoumise, le Parti communiste et le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au Cœur (SSDAC). « Saint-Denis et Pierrefitte ont été des terres où beaucoup d’immigrés et de racisés sont passés », a affirmé Sébastien Delogu pour qui la candidature de Bally Bagayoko est une « opportunité » pour « qu’enfin un racisé dirige ces deux villes ».Un extrait de son discours partagé par Bally Bagayoko sur X et qui n’ont pas tardé à être repris notamment à droite et à l’extrême droite. « Ce député LFI appelle donc à élire des élus en fonction de leur couleur de peau », a ainsi écrit l’eurodéputé RN Matthieu Valet.Ces propos ont également révolté la ministre de l’Outre-mer Naïma Moutchou. « On en arrive à expliquer qu’il faudrait voter en fonction de la couleur de peau » a-t-elle réagi dans un long message posté sur X. Pour la ministre, « les idées et les projets disparaissent » au profit de l’origine des candidats « érigée en argument politique », et un « champ de bataille communautaire » et « une logique de tri destructrice » sont installés.Des propos « sortis de leur contexte »Pour le candidat à la mairie de Saint-Denis, qui regroupe désormais l’ancienne commune de Pierrefitte-sur-Seine, les propos ont été « sortis de leur contexte » et la polémique cherche à discréditer le parti mélenchoniste. « Il faut trouver la petite phrase qui va donner le sentiment de choquer l’opinion publique », explique Bally Bagayoko au Parisien pour qui « son ami » Sébastien Delogu lui apporte son soutien car il sait « que j’ai 20 ans d’expérience politique locale ». « En aucun cas il ne dit « Venez voter pour Bally parce que c’est un black » », ajoute celui qui a été maire adjoint de Saint-Denis.Le coordinateur de la France insoumis Manuel Bompard a interpellé Naïma Moutchou sur X, qualifiant son message « relayant une polémique de l’extrême droite » d’« inquiétant » et « malvenu ». « Qu’y a-t-il de problématique à dire qu’il est essentiel pour la démocratie que les élu.e.s soient davantage représentatifs de la population ? » a-t-il interrogé.La France insoumise fait de la « représentativité » de ses candidats une question centrale de sa stratégie politique. « Ce qu’a dit Sébastien est cohérent par rapport à ce que porte LFI depuis le départ et que beaucoup de formations politiques y compris de gauche ne portent pas », explique Bally Bagayoko au Parisien. « La question est d’avoir une offre politique qui soit une image de l’ensemble de la France ». Pour Manuel Bompard, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon « a permis d’améliorer (légèrement) la représentativité de l’Assemblée nationale », a-t-il indiqué lors de son échange de tweets avec Naïma Moutchou. En 2017, déjà Éric Coquerel, lui-même député de Seine-Saint-Denis estimait dans Marianne qu’il fallait que « les candidats du 93 aient la couleur de peau des gens qui vivent dans le 93. »



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