Le Parisien

En Normandie, les déconvenues de Quiberville qui ne voulait pas être submergé par la mer



Début décembre, les oreilles du maire Quiberville-sur-Mer (Seine-Maritime), Jean-François Bloc, ont un peu sifflé. Quelques jours seulement après le symbolique raccordement de la Saâne, le fleuve côtier local, à la Manche, en présence des différents acteurs et élus chargés de ce vaste chantier, les courts de tennis et quelques rues du centre-bourg se sont en effet retrouvées sous les eaux à marée haute.La faute à un fort coefficient de marée et à des conditions climatiques défavorables. Pas facile pourtant à expliquer lorsqu’on porte depuis plus de dix années l’idée un peu folle de laisser la mer rentrer dans la basse vallée de la Saâne pour éviter à l’avenir les inondations et les conséquences de la montée des eaux. Plutôt que d’ériger des digues dont l’efficacité ne serait que provisoire.« On s’est fait un peu surprendre »« Je comprends la réaction des gens. Même nous, on était un peu abattus. On s’est fait un peu surprendre, mais en quelques heures, c’était réglé », tempère l’élu qui préfère parler « d’un débordement ponctuel » plutôt que d’inondation. « En 1999, le village avait été sous les eaux durant deux semaines. Là ça n’a évidemment rien à voir ! Je sais que nous sommes à quelques mois des élections municipales [où le maire sortant pourrait bien briguer un 8e mandat, NDLR], mais quand j’entends certains parler de gabegie alors que trois jours plus tôt tout le monde se félicitait de la qualité du projet, je trouve ça un peu fort… ».Pour Laurent Topin, le directeur du syndicat mixte des Bassins-versants Saâne, Vienne et Scie chargé du chantier, cet épisode est surtout lié au fait que les travaux ne sont pas encore terminés. « Il fallait passer par cette phase avant de pouvoir poursuivre les opérations de remblaiement et de terrassement, puis de passer aux aménagements, notamment les chemins qui surplomberont le fleuve. Il y a encore des tonnes de terre à remuer d’ici au mois de juin où tout devrait être achevé ».Jean-François Bloc sait que les prochaines opérations seront scrutées avec attention par ses administrés, et même bien au-delà. Ces derniers ont vu leur front de mer se transformer en quelques années. Avec notamment la destruction de la buse en béton par laquelle s’écoulait le fleuve, remplacée par un pont plus large lui permettant de rejoindre la mer plus facilement. Mais aussi le déménagement du camping municipal sur les hauteurs de la commune pour laisser de l’espace afin de créer une zone de rencontre inédite entre les eaux de la Saâne et celles de la Manche.« Il va y avoir un comité scientifique qui observera les évolutions de la vallée pour en tirer des enseignements sur le long terme. On recrée un tout nouvel environnement qui mettra sans doute plusieurs années à se stabiliser », se projette l’élu.



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